Santé

« Le train du Plan Recherche et Développement Amiante est lancé et ne s’arrêtera plus », Alain Maugard, président du PRDA

Mots clés : Bâtiment et santé - Innovations - Qualification des entreprises

Le président de Qualibat et du Plan Recherche et Développement Amiante a confié au Moniteur sa satisfaction après la journée d’échange autour de la R&D amiante qui s’est tenue le 13 décembre à Paris.

« Il n’y avait rien il y a un an et demi et aujourd’hui, le train « solutions amiante » est parti et il n’y a pas de raison qu’il s’arrête ! ». A la sortie de sa journée de rencontres organisée à la Maison de la Chimie à Paris, le président du Plan Recherche et Développement Amiante, Alain Maugard, n’a pas caché sa satisfaction. « On est sur un bilan de réussite objectif. Le Plan se termine au mois de juillet. Et il laissera des traces : une commission d’évaluation, la CEVALIA (commission d’évaluation des innovations techniques dans le domaine de la détection et du traitement de l’amiante dans le bâtiment), mais aussi 26 projets de R&D, et un premier recueil de règles de l’art. Je rends un hommage à la grande implication de tous les acteurs, administration incluse, qui ont travaillé main dans la main à cette réussite. »

 

Un PRDA « Junior » 

 

« La grande nouveauté, c’est le lancement du PRDA junior , un appel à manifestations d’intérêt à destination des écoles d’ingénieur et des universités afin de revitaliser la R&D amiante et de sensibiliser les générations futures », poursuit Alain Maugard. « L’idée c’est d’intéresser les écoles d’ingénieur et les universités à investir sur la question de l’amiante. On leur a écrit : « voici nos champs d’action, avez-vous des idées de recherche ? » Certains nous ont répondu en disant : « voilà ce qui nous intéresse ». Nous les avons donc réunis pour leur expliquer où on en était. Ils ont pu échanger avec des maîtres d’ouvrage, des entreprises, des ingénieristes sur leur besoins. Surtout, ils ont pu prendre conscience de l’avancement de la R&D avec la présentation des 26 projets déjà sélectionnés par le PRDA  et le CSTB qui portent sur le repérage de l’amiante, la mesure de l’amiante dans l’air, le travail en sécurité (sous-section III et IV) ou encore le transport et l’élimination des déchets ».

« Cette mise en relation a eu deux effets. Premièrement, les jeunes des écoles sont ressortis persuadés qu’il faut investir aujourd’hui dans la R&D sur l’amiante. Et ce d’autant plus qu’il est apparu que la question de l’amiante est en réalité précurseur d’autres questions de santé dans le bâtiment, notamment autour de la qualité de l’air, qui peuvent impacter les travailleurs du BTP et les occupants d’un bâtiment. L’amiante c’est en quelque sorte la phase 1, la plus criante.

Deuxièmement, ils ont réalisé que la robotisation, qui permet par exemple de tenir l’ouvrier à distance du lieu où il y a des fibres d’amiantes, peut servir à nombre de métiers du bâtiment. Soyons clairs, mieux vaut qu’un automate prenne des risques plutôt qu’un ouvrier. On est en train de vivre les débuts de la mécanisation des chantiers et l’apparition de l’intelligence artificielle, qui fait qu’un robot devient « apprenant » et va agir par imitation du geste de l’homme, arrive. Ils ont donc réallisé que se concentrer sur le sujet de l’amiante étaient plus porteur que ce qu’ils pouvaient penser. »

Prochaine étape pour le PRDA, la publication des premières « règles de l’art ». « Les contrats sont en cours et financés. Sur un premier jet d’une trentaine de gestes très simples. Une quinzaine d’autres vont arriver ensuite », annonce Alain Maugard.

Qui conclut : « Une dernière chose est apparue, que noius n’avions pas anticipé : il y a eu un dialogue approfondi entre les 26 équipes de R&D qui étaient là. Le décloisonnement qu’il y a eu a été très intéressant. On a créé une véritable communauté de recherche amiante. »

 

 

 

Focus

Les 26 procets de R&D en cours

Détection et mesure de l’amiante en temps réel et fiabilité des résultats

le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) pour le projet « PLASMIANTE », technologie pour détecter les fibres d’amiante dans l’air en temps réel ;
l’Institut Technique des Gaz et de l’Air (ITGA) pour le projet « AUTOMET », automatisation de la mesure par analyse d’images ;
l’Institut Technique des Gaz et de l’Air (ITGA) pour le projet « PREPANALYS-FOREMP », méthode innovante pour le comptage des fibres en cas de très fort empoussièrement ;
Le CEA pour le projet SELFI, tête de prélèvement d’air avec dissociation des fibres ;
Le CNRS pour le projet LOAC-AMIANTE, détection de l’amiante dans les matériaux par laser ;
Le CSTB développe un outil de détection de l’amiante dans l’air en temps réel utilisant la technologie de spectroscopie Raman ;

Une recherche d’amiante mieux ciblée

l’Institut Technique des Gaz et de l’Air (ITGA) pour le projet « ACIA IMMERSIF », outil d’aide au repérage des matériaux amiantés ;
Le CSTB développe un système expert prédictif d’aide au repérage des matériaux amiantés (probabilité de présence d’amiante) ;

Les équipements de protection individuelle

Le SYRTA pour le projet SVS, réalisation d’un appareil de protection respiratoire permettant des mesures intra-masque et étude associée ;

La société GAZE pour le projet GASP, développement de combinaisons ergonomiques et création d’un chronomètre de présence en zone en fonction de la température et de l’hygrométrie ;

Les dispositifs d’interventions en présence d’amiante 

la SARL SECUR’AMIANTE pour le projet « SECUR’AMIANTE », caissons de confinement local pour des petits travaux en présence de matériaux amiantés  et leur variante souple adaptée à certaines situations spécifiques ;
La société BCL INVENT pour le projet « EGP Carottage », dispositif de carottage de produits en amiante ciment à base de gel hydrique ;

5 robots désamianteurs

la S.F.T.P. pour un projet de robot de désamiantage automatisé avec reconnaissance 3D ;
la Société Occamiante pour le projet « SECA », automatisation du traitement de sols amiantés ;
la Société As Protek pour le projet « AS PROTEK », système automatique de dépose d’enduit épais amianté ;
la Société Eco-Amiante pour le projet « Robotic Raboteuse », robot de traitement des surfaces amiantées ;
la société SOBATEN pour le projet « REPA 1157557550780787550780 », outil mécanisé de retrait de produits plâtreux amiantés ;
la société ISO-TOP étanchéité pour le projet « RODDE », robot d’automatisation de dévissage et de dépose des plaques d’amiante sur toiture ;
La société CRITT Informatique pour le projet « EASYDESAMIANT », développement d’une plateforme robotique mobile de télémanipulation pour les opérations de désamiantage ;

2 solutions d’encapsulage et de recouvrement

La société SPM International (Gerflor Group) pour le projet « RIMA », solution de recouvrement de murs intérieurs amiantés ;
La société Hervé Gagneux pour le projet « ALT’AIR ISO », procédé de protection contre l’amiante des toitures ;

Mieux gérer les déchets 

la Société Nantet, pour le projet « AMIABOX », un container de stockage sécurisé pour les petites quantités de déchets ;
la Société CEFASC Environnement pour le projet « STERAM », système de traitement et de recyclage des eaux polluées à l’amiante pendant les chantiers ;
le CNRS pour le projet DRECMA, destruction et recyclage des déchets amiantés ;
La société COLAS pour le projet DHYVA, destruction hydrothermale de l’amiante et valorisation des nouveaux produits.

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