Réalisations

Le tourisme de jardins s’épanouit en France

Le tourisme de jardins, longtemps titre de gloire de la Grande-Bretagne, foisonne désormais dans les campagnes françaises après une décennie d’ouvertures massives.
Une étude récente de l’Agence française de l’ingénierie touristique (AFIT) portant sur 405 jardins répartis en France, précise qu’un tiers d’entre eux se sont ouverts depuis 1990.
Auparavant, les visites de jardins restaient en France un phénomène marginal. Entre 1992 et 1997, plus de deux cents jardins ont été rénovés ou créés.
Aux côtés des domaines de l’Etat (Château de Versailles), certains grands jardins privés constituent aujourd’hui des institutions touristiques, à l’exemple de Villandry ou Giverny (jardins Claude Monnet).

La France abrite aussi de nombreux petits jardins de famille, tandis que d’ambitieux projets de parcs à thèmes se profilent, comme le Naturascope de Poitou-Charente (budget prévu de 50 M€), le Parc végétal d’Angers (64 M€) ou le Jardin virtuel du Nord Pas de Calais (122 M€).
Michel Racine, président de l’Association pour l’art des paysages et des jardins, l’un des auteurs de l’étude, ne sait pas si le jardin « est compatible avec le tourisme de masse » car le défi consiste à « créer des ambiances ».
Mais si « beaucoup de propriétaires ne cherchent pas à créer des structures commerciales », ils souffrent de finances précaires, note-t-il. Plus de la moitié recoivent des aides publiques ou privées.
Robert de Bosmelet, propriétaire du jardin potager « Arc en Ciel », a mis sur la carte son château perdu en Haute-Normandie. « L’idée était de redonner vie à un château partiellement détruit pendant la guerre ». Pour cela il a combiné savamment légumes et fleurs : dégradés bleus de choux comestibles, mélanges de tomates, pois de senteurs rouges et betteraves noires d’Egypte.

« L’important c’est de faire rêver les gens », estime le châtelain. « Pour nous, il s’agit d’un cauchemar continu, il n’y a que les mauvaises herbes qui poussent ! » Si le jardin du château attire 10000 visiteurs par an, l’opération n’est pas encore rentable.
D’autres revendiquent une certaine confidentialité: « je veux que mon jardin garde son caractère, je n’irai pas au-dessus de 10000 visiteurs », prévient Bertrande de Ladoucette, conceptrice du jardin de Viels Maisons en Picardie situé devant son château de style Empire (6700 visiteurs).
Alain Jouno a vu grand pour son Parc floral de Haute Bretagne, un jardin de vingt hectares en bordure d’un étang. Parmi les douze ambiances créées, un jardin perse, un labyrinthe de camélias, un univers japonais, une tourbière avec des plantes carnivores. Il y accueille 35000 à 40000 visiteurs par an.

Henri Carvallo a hérité le célèbre Jardin du château de Villandry de son arrière grand-père espagnol. Devenu l’un des sites payants les plus visités de France, ce lieu a vu défiler 350000 visiteurs l’an dernier (généralement 4000 par jour en août). Cette « création contemporaine dans l’esprit Renaissance » – tapisseries végétales de buissons et fleurs, potager avec ses choux d’ornements, ses céleris, aubergines et potirons – dispose de deux boutiques et d’un restaurant.
Une entreprise et une passion. M. Carvallo veille aux détails et au « supplément d’âme », aux côtés de dix jardiniers permanents. « Le chef jardinier vit aussi sur place, ce jardin c’est le sien ».

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