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Le toit en pente s'embarque vers la modernité
PHOTO - 6496_412372_k9_k1_1026416.jpg - © © Imerys Toiture

Le toit en pente s'embarque vers la modernité

Stéphanie Lacaze-Haertelmeyer |  le 16/05/2017  |  France entière

La performance énergétique passe de plus en plus par la toiture.

Tous les acteurs de la couverture s'accordent à le dire. En 2016, en dépit de signes positifs, « la reprise n'a pas été au rendez-vous dans le neuf », confie Bernard Caron, directeur du marketing de Terreal. Mais pour 2017, « cette activité va redémarrer », prédit Meriem Dussart, directrice du marketing et de la communication de Monier.

Les industriels du toit en pente comptent profiter de cette relance du marché tout en faisant face à la concurrence du toit plat, de plus en plus prisé pour les maisons neuves. « Il pose deux problèmes, l'uniformisation de l'architecture et son étanchéité, qui n'est pas toujours durable, alors que la pérennité de la couverture est un réel enjeu auquel nos systèmes répondent », rappelle Fabien Moulin, responsable du marketing et de la communication de VM Zinc.

Design. Face à ce toit plat « apprécié pour son image moderne », le toit en pente a réagi. L'association Promotoit ou la Fédération française des tuiles et briques (FFTB) ont ainsi mené des actions collectives « pour montrer des réalisations où le toit en pente a toute sa place dans l'architecture contemporaine », fait valoir Olivier Lafore, directeur du marketing et de la communication d'Imerys Toiture.

C'est donc, pour les tuiliers, l'heure d'un bain de jouvence. Plates, grand format, monochromes, elles ont le vent en poupe. « Si on regarde vingt ans en arrière, ce type de couverture était anecdotique », se souvient Bernard Caron. Le gris, le brun et le noir ou les lignes épurées font vibrer les toitures en terre cuite au Nord comme au Sud.

Personne n'échappe à cette évolution. La preuve, Eternit a élargi son offre « aux gris béton, brun ou perle, pour traiter la couverture et le bardage. Cette tendance confirmée en 2016 va se traduire dans la sortie des projets en 2017 et en 2018 », note Alexis Dubois, responsable technique couverture du spécialiste de l'ardoise fibrociment.

Le virage du solaire. Le zinc se plie aussi à la couleur. « Il n'est plus proposé dans une seule nuance de gris mais se teinte dans les rouges, les bruns, les verts », enchaîne Fabien Moulin. La tendance étant également à des pentes plus faibles, « nous réfléchissons au développement de tuiles contemporaines inscrites dans cette évolution de l'architecture, précise Gilles Wuthrich, directeur des projets de Wienerberger. On peut y répondre sans changement d'un point de vue technique, car les avantages de la tuile résident aussi dans son aspect économique et sa facilité de mise en œuvre. » Mais un autre enjeu pointe le bout de ses rayons : la loi de transition énergétique pour la croissance verte qui, à l'horizon 2018, vise l'essor des bâtiments à énergie positive et à faible empreinte carbone, pour une généralisation dès 2020.

« C'est une excellente opportunité pour le toit en pente », se réjouit Bernard Caron. De plus en plus de bâtiments vont participer à l'évolution du mix électrique par une production locale d'électricité renouvelable. « Tout n'est pas encore arrêté, mais le solaire va prendre une part avec des surfaces plus importantes que celles induites par la RT 2012. »

Offres spécifiques. Monier y croit. L'industriel s'est associé à EDF Énergies nouvelles pour proposer une offre idoine. Pour leur part, Terreal et Imerys Toiture viennent de lancer chacun un système de gestion de l'énergie solaire (lire ci-contre). L'enjeu est important. « Quand le marché du photovoltaïque a percé en 2003, il a échappé aux professionnels. Pour le négoce, les marges étaient trop petites et la technicité difficile à maîtriser. Du coup, la vente directe auprès des CMistes s'est imposée », explique Olivier Lafore. Conséquence, quatorze ans plus tard, même les enseignes spécialisées de la couverture ont arrêté cette activité.

La donne est différente aujourd'hui. Le photovoltaïque n'est plus uniquement un placement financier soutenu par un tarif avantageux de rachat de l'électricité. « Avec la RT 2012, il a pris une orientation écologique confirmée par la loi sur la transition énergétique », rappelle Olivier Lafore. Imerys Toiture vient même de refondre l'offre, pour séduire à nouveau les couvreurs via le négoce. . Résultat : une tuile terre cuite, avec cellules photovoltaïques, qui reprend les formes et caractéristiques d'une tuile standard. « Elle se stocke, se vend, se pose comme n'importe quelle tuile, se raccorde en plug & play et s'installe aussi en rénovation », explique Olivier Lafore. De quoi redonner le goût du solaire aux négociants et aux couvreurs.

Confort de saison. Malgré la reprise dans le neuf, le plus gros de l'activité couverture est soutenu par la rénovation. Mais, « alors que ce créneau est historiquement porteur, il a baissé pour la première fois en 2016, de 3 %, voire de 4 %. Comme le neuf était en retrait depuis plusieurs années, ces chantiers ont été accélérés pour alimenter le carnet de commandes des couvreurs, mais la source a fini par se tarir », explique Bernard Caron. Et les clients finaux restent peu enclins à engager de telles dépenses.

Toutefois, la réglementation pourrait changer la donne et redonner de la vigueur dans la rénovation énergétique, grâce au décret sur les travaux embarqués (lire encadré p. 57), et au Crédit d'impôt transition énergétique (Cite)… au moins jusque fin 2017. Si aucun industriel ne mesure la croissance du , tous la confirment. « Performante, elle séduit les particuliers parce qu'elle n'empiète pas sur la surface habitable. Elle reste aussi d'actualité grâce aux aides fiscales. Sans ce soutien, ce marché pourrait subir un important coup de frein », avertit Meriem Dussart.

Wienerberger annonce aussi une progression depuis le lancement d'une offre sarking certifiée Acermi. « Pour une toiture 2 , avec une isolation R6 et une chaudière gaz, on estime l'économie de chauffage à 600 € par an, avec un retour sur investissement au bout de dix ans », évalue Gilles Wuthrich.

L'isolation est d'autant plus intéressante qu'elle limite ensuite le recours à la climatisation. « La toiture en pente ventilée évacue l'air chaud. En complétant le sarking par une peau réfléchissante, elle joue un rôle dans le confort d'été », rappelle Alexis Dubois. Un autre atout que les industriels entendent bien valoriser pour défendre le toit en pente, même dans une activité globale encore chahutée.

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