Industrie/Négoce

Le Suisse Fritschi perce dans les tunnels français

L’assainissement des tunnels français offre la piste de croissance la plus prometteuse au suisse Fritschi Bauelemente AG, spécialiste du béton polymère.

«Proposées en variante d’entreprises pour les caniveaux fendus et les siphons, nos solutions associent la rapidité, la qualité et la compétitivité», commente Rémy Kiener, cheville ouvrière de ce développement en sa qualité de chef de projet du fabricant suisse et d’ingénieur alsacien titulaire des diplômes de l’Ensais de Strasbourg et de l’ETH de Zürich.
Depuis le début 2007, une série de tunnels a ouvert la percée hexagonale de l’industriel de Gunzgen (20 km de Bâle) : trois ouvrages sur l’autoroute A 8 entre Menton et Nice, un sur l’A 89 dans la région de Bordeaux. Plus récemment, le chantier du contournement de Bocognano (Corse) ouvre la voie de la nouvelle liaison Bastia Ajaccio. «Nous avons noué des contacts pour proposer notre variante à la plupart des grandes entreprises françaises actives dans les tunnels», précise Rémy Kiener. Le périphérique parisien constitue sa prochaine cible.

Un marché de niche
En juin 2007, un premier agrément M0 a ouvert le marché, grâce à la garantie de la tenue au feu. Les recherches menées par Fritschi ont suscité une nouvelle formulation qui a également abouti, en mars 2008, à la certification du laboratoire national d’essai. «Cette nouvelle formulation se distingue par des coûts de production moins élevés : nous pouvons désormais vendre la Mercedes pour le prix d’une Peugeot», se réjouit Rémy Kiener.
Filiale, depuis janvier 2007, du cimentier suisse Vigier récemment entré dans le giron du français Vicat, Fritschi n’en continue pas moins à développer son activité de façon autonome, sur un marché de niche dont témoigne la taille de l’entreprise : avec 10 millions de francs suisses de chiffre d’affaires (6,25 millions d’euros) pour 50 salariés, le fabricant créé en 1976 revendique le leadership suisse du béton polymère. Face à son unique et jeune concurrent français, l’alsacien Polycomposite, le nouveau venu ne manque pas d’atouts : des équipements amortis en 30 ans d’existence, l’expérience de 80 tunnels suisses, et le prix d’achat de la résine polyester rendu possible par les quantités plus importantes.
Déjà présent depuis plusieurs années en Autriche, Fritschi situe désormais la France comme son premier marché à l’export, avec 10 % du chiffre d’affaires en 2008, et 15 % prévus en 2009. A en croire Rémy Kiener, l’aventure européenne ne ferait que commencer : dans le prolongement de l’autoroute A 8, l’industriel suisse espère faire son marché dans les 100 km de tunnels à réhabiliter entre Menton et Gênes.

Laurent Miguet (bureau du Moniteur à Strasbourg)

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