Chantiers

Le Sillon de Bretagne : une réhabilitation hors normes pour un immeuble-quartier

Le Sillon de Bretagne, situé à Saint-Herblain (44) entame sa plus importante réhabilitation depuis sa construction au début des années 70. Une réhabilitation basse consommation et urbaine aussi lourde que l’immeuble est imposant.

Les travaux de réhabilitation qui s’inscrivent dans un vaste programme de renouvellement urbain,  conventionné ANRU,  ont démarré il y a quelques mois et se termineront fin 2013.
Construit au début des années 70, le Sillon de Bretagne est la plus grande HLM de l’Ouest de la France et constitue un quartier à lui seul. Bâtiment quartier par sa taille : 100 mètres de haut et un kilomètre de long, par son organisation interne avec de longues rues intérieures de circulation et par son caractère multifonctionnel avec une mixité de logements, une galerie marchande, un centre socio-culturel et une halte-garderie. Mais s’il représente à l’origine une figure architecturale de l’agglomération nantaise, il symbolise très vite le mal-être dans les grands ensembles.

 

Assumer le poids du bâtiment

Après une première rénovation dans les années 80 qui transformera notamment 14 000 m2 de logements en bureaux, le Sillon de Bretagne aborde une deuxième grande étape de sa vie. Et la plus ambitieuse. Cette rénovation ou plutôt ce repositionnement au cœur du quartier a été confiée à l’agence In Situ par le maître d’ouvrage Harmonie Habitat. L’idée est de révéler et d’assumer pleinement le poids du bâtiment dans son quartier avec deux points forts : une baisse de la consommation énergétique et le traitement de la multifonctionnalité et de l’intégration urbaine.

 

Tirer parti des qualités du bâtiment

Avant d’entamer les travaux, un diagnostic extrêmement précis du bâtiment fait apparaître de réelles qualités constructives : une structure simple, mais efficace, constituée de refends béton porteurs et planchers béton, offrant une grande modularité et une capacité d’inertie intéressante pour sa transformation ; un système de distribution du chauffage collectif en très bon état et des grandes surfaces orientées sud.

D’une légère défiance, on passe à une considération réelle pour un objet anticipateur, bien construit et qui possède intrinsèquement des qualités permettant sa transformation.

Le projet va donc s’adosser sur ce diagnostic et tirer parti des qualités du bâtiment (importance des surfaces vitrées, compacité du bâtiment, inertie du au béton), tout en corrigeant ses faiblesses.

 

Objectif : basse consommation

Comme tous les grands ensembles construits à la même époque, le Sillon de Bretagne consomme beaucoup. L’objectif de la maîtrise d’œuvre est donc de tendre vers un abaissement significatif de la consommation énergétique.
Pour y parvenir, son choix porte sur une isolation par l’extérieur de l’enveloppe, le remplacement des 4 000 fenêtres existantes par des fenêtres PVC double-vitrage, l’ajout de thermostats sur les radiateurs et pour l’eau chaude sanitaire, la mise en place d’un système semi-collectif qui couple énergie solaire (1 000 m2 de panneaux solaires installés) et chaudière cogénération (gaz/fioul). Résultat attendu : une consommation énergétique divisée par trois, passant de 168Kwhep/m2/an à 50Kwhep/m2/an, soit le niveau exigé pour les bâtiments BBC neufs. Une belle performance pour un bâtiment rénové de cette ampleur.



Quant au traitement des usages, autre priorité, des circulations sont créées pour ne plus que l’immeuble fonctionne comme une muraille et isole le parc ; ce dernier, qui sera aménagé, déborde par la brèche récemment réalisée dans l’immeuble. De nouveaux bureaux et services publics remplaceront plus d’une centaine de logements supprimés.
Autant d’opérations qui concourent à faire du Sillon de Bretagne un exemple d’intégration d’un grand ensemble dans un quartier.

Au total, l’immeuble représentera 21 000 m2 de bureaux, 628 logements et 3 300 personnes y habitant ou y travaillant.
Pour ce projet hors normes, l’investissement global s’élève à 100 millions d’euros dont près de la moitié pour l’immeuble seul.

Focus

Fiche technique

Architectes initiaux : Jean Boquien, Georges Ganuchaud, Jean Maeder et Jean Parois. Noël Le Maresquier, architecte-conseil de l’État, est crédité de l’idée de réunir en un seul bâtiment les huit ensembles envisagés au départ.

Architecte de la première réhabilitation (1984 – 1986) : Michel Lameynardie

Architecte de l’actuelle réhabilitation : In Situ (Pierrick Beillevaire, Ludovic Ducasse, Patrick Guitton, Solen Jaouen)

Maître d’ouvrage initial : SAHLM Le Home Atlantique, devenu CIF Habitat en 2002, puis Harmonie Habitat en 2008.

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