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Le secteur de la construction se presse pour répondre aux exigences
Le visuel "Pas formé, pas toucher" de la campagne de sensibilisation à l'amiante restera le même en 2013. - © © DR

Le secteur de la construction se presse pour répondre aux exigences "amiante"

Florent Lacas |  le 22/04/2013  |  Paris

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L'organisme professionnel de prévention du BTP a présenté la nouvelle mouture de la campagne de sensibilisation à la nouvelle réglementation amiante. Mais un décalage important subsiste entre l'ambition de celle-ci et la réalité du terrain.

Le secteur du bâtiment vient de lancer sa deuxième phase de sensibilisation au risque "amiante". La campagne de communication "Pas formé, pas toucher" est ainsi prolongée pour l'année 2013, après avoir été initiée en avril 2012. Son objectif est de sensibiliser les professionnels du secteur à la nouvelle réglementation "amiante", en particulier à l'arrêté "formation" du 23 février 2012. "Les supports de communication resteront quasiment identiques", a précisé Paul Duphil, secrétaire général de l'Organisme professionnel de prévention du BTP, lors de la présentation de la campagne, le 19 avril à Paris.

Amener les entreprises du BTP à former leurs salariés est une volonté urgente à plusieurs titres : à partir de juillet 2013, seules les sociétés certifiées pourront intervenir sur des opérations de retrait d'amiante sur l'enveloppe extérieure des immeubles bâtis (1er juillet 2014 pour les activités de retrait de génie civil). Par ailleurs, à partir du 1er juillet 2015, la valeur limite d'exposition professionnelle à l'amiante sera divisée par dix. Le programme réglementaire est donc assez lourd. Et, à écouter les entreprises du BTP, le secteur semble loin de pouvoir respecter à temps ces exigences.

10 000 salariés formés au désamiantage en 2012

En effet, l'offre de formation est encore loin d'être suffisante pour répondre aux besoins des entreprises. L'OPPBTP a ainsi dénombré, l'an dernier, 10 000 salariés du secteur formés dans les organismes avec lesquels il est partenaire. Une petite partie seulement des centaines de milliers de salariés du secteur à former. "Ce chiffre montre tout de même qu'une dynamique s'est enclenchée", estime toutefois Paul Duphil. Par ailleurs, soixante-cinq formateurs de formateurs ont été rendus aptes à exercer.

En 2013, les organisations professionnelles du BTP se sont donc données comme objectifs de former davantage de formateurs et multiplier le nombre de plateformes de formation adaptées (actuellement au nombre de trente-trois sur l'ensemble du territoire, dont neuf en cours de certification). Une amélioration de l'offre qui passera par des contacts noués avec des CFA gérés par le Comité de concertation et de coordonation de l'apprentissage du BTP et des IUT de génie civil.

Des donneurs d'ordres peu sensibilisés à l'amiante

Mais les obstacles rencontrés par les professionnels ne se limitent pas à la sphère de la formation des salariés. Julien Durieux, gérant d'Atila System, entreprise de travaux de couverture, affirme se heurter également à la vision des donneurs d'ordres privés. "Certains connaissent mal l'amiante et estiment que les contraintes d'intervention liées aux opérations de désamiantage sont 'du cinéma'. Même certaines grandes entreprises ne sont pas sensibilisées à ce problème", regrette-t-il. A l'instar d'autres entrepreneurs du secteur, il demande ainsi qu'un message fort soit passé auprès de chaque acteur du secteur à ce sujet.

Philippe Tempère, président du groupe national "Amiante" à la Fédération française du bâtiment, a lui aussi évoqué le mauvais comportement de certains maîtres d'ouvrage sur la question du diagnostic amiante, obligatoire avant les travaux. "Certains d'entre eux font de mauvais diagnostics ou n'en font pas du tout, regrette-t-il. Ils estiment que c'est à l'entreprise de les faire. Cette situation est insupportable." Sans compter que les diagnostiqueurs qualifiés ne sont pas légions...

"Les textes sur l'amiante sont très nombreux et très complexes"

Tout comme manquent les laboratoires capables d'effectuer un mesurage des fibres d'amiante sur chantier, conformément à la réglementation. "Nos entreprises ont besoin de temps pour se mettre au niveau de la réglementation amiante, mais les acteurs dont nous avons besoin pour respecter les textes sont submergés !, se désole ainsi Philippe Tempère. "Ces textes sont par ailleurs très nombreux et très complexes, a-t-il ajouté. Or, il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de salariés du BTP ne sont pas lettrés et n'y comprennent rien."

Et ce ne sont pas les propos de Philippe Jandrot, responsable à l'Institut national de recherche et de sécurité, qui ont rassuré les troupes. "S'il est prouvé, dans les années à venir, que les fibres courtes d'amiante sont nocives, il faudra s'attendre à la mise en place d'un nouveau programme de prévention, a-t-il averti. D'où l'intérêt de sensibiliser les jeunes, qui estiment trop souvent que le problème de l'amiante appartient au passé. C'est pourtant un problème que nous allons traîner des dizaines d'années encore..."

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