Le salon du végétal s’ouvre à l’économie collaborative
Les visiteurs du salon du végétal ont découvert le Quai des plantes, prémisse de la future promenade de la gare à la Loire. - © laurent miguet

Le salon du végétal s’ouvre à l’économie collaborative

Laurent Miguet |  le 13/09/2019  |  PépiniéristesLoire-Atlantique

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Le salon du végétal 2.0 devra faire ses preuves dans la durée. Encore convalescent après l’édition décevante de juin 2018, le rendez-vous professionnel nantais n’a pas rencontré un succès historique, du 10 au 12 septembre au parc expo de La Beaujoire. Les pépiniéristes et horticulteurs ont néanmoins ouvert une perspective : « Travailler ensemble », titre de leur congrès syndical annuel réuni en ouverture, résonne comme un écho au « retour aux sources », thème de l’édition 2019 du salon.

Le fonds de dotation Intelligence Nature a fait un tabac, le 10 septembre au congrès nantais de la fédération nationale des producteurs, horticulteurs et pépiniéristes (FNPHP). «  Dans 10 à 20 ans, la voiture autonome va libérer un foncier qui vous tend les bras, au moment où les élus comprennent la diversité des services rendus par le végétal, depuis la prévention des inondations jusqu’à la lutte contre les îlots de chaleur urbains », a lancé Jean-Marc Bouillon, président de l’organisme créé cet été pour financer la recherche sur la nature en ville.

Intelligence Nature entre en scène

Chiche ! Président de l’institut technique de la profession Astredhor, Claude Déhais a encouragé le jeune fonds, déjà soutenu par l’association interprofessionnelle du végétal Val’hor et par la fédération française du paysage : « Astredhor est prête à investir pour démontrer les services de la végétalisation en ville ». Sa déclaration converge avec le thème du cycle de deux ans annoncé par l’institut à partir de la fin 2019 : Astredhor concentrera une partie de ses ressources aux recherches consacrées à la multifonctionnalité du végétal en ville.

Thème du congrès des pépiniéristes et horticulteurs, l’idée de « travailler ensemble » s’est surtout concentrée, au cours des cinq dernières années, sur la conquête de nouveaux marchés : le GIE Pépinières franciliennes et la SA Pépinières de France ont défriché cette voie pour répondre à des appels d’offres inaccessibles aux petits producteurs, ou pour chasser en meute dans les espaces verts européens.

Défi logistique

Avec Vegesupply impulsé par le pôle de compétitivité Vegepolys et par quatre producteurs des Pays-de-Loire soutenus par la région, l’Etat et l’Europe, la profession relève l’un de ses défis les plus difficiles : celui de la logistique, cheval de  Troie de l’Allemagne et des Pays-Bas sur le marché français. Premier bilan des millions d’euros investis dans l’harmonisation informatique et organisationnelle : « 8 % d’économies sur les coûts de transport, une accessibilité à 100 % du territoire français et une très sensible diminution des litiges », énumère Christophe Thibault, président de Fleuron d’Anjou, l’un des fondateurs de Vegesupply.

Pour François Félix, président de la FNPHP, les nouveaux horizons de l’économie collaborative appliquée au végétal renvoient à « l’essence du syndicalisme », même si « le syndicat ne peut pas aller au-delà d’un rôle de facilitateur ». Le retour aux piliers de l’action syndicale fait écho au thème choisi par le bureau horticole régional (BHR) des Pays-de-Loire pour l’édition 2019 du Salon du Végétal : « Retour aux sources ».

Sauvetage fragile

Fruit d’un consensus entre l’interprofession, la FNPHP et le BHR, la convergence des thèmes, du lieu et du calendrier a fonctionné comme une perche, dans une opération de sauvetage : « Si François Félix m’avait dit non, j’aurais été embêté », reconnaît Thierry Broaweys, président du BHR depuis juin 2018. L’organisateur du salon se refuse à comparer les 240 exposants annoncés cette année avec les plus de 600 stands des précédentes éditions : « Le recentrage sur le végétal nous ramène devant une page blanche ».
En vitesse de croisière, le BHR compte retrouver une jauge de 350 exposants, et défendre l’identité d’un salon convivial, sous le contrôle des professionnels : une manière de se démarquer de son puissant concurrent Paysalia, événement biennal lyonnais concédé par l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) à GL Events, opérateur mondial sur le marché des salons. La prochaine édition, en décembre prochain, devrait confirmer le leadership de Paysalia, qui fêtera ses 10 ans.

La piste de l’alternance

La main tendue au BHR par la FNPHP reste conditionnée par la conclusion d’un armistice entre les deux événements concurrents. François Félix en résume les termes : « Pour éviter que les deux salons se tiennent une année sur deux à trois mois d’intervalle, nous souhaitons une alternance. Cela permettrait à la FNPHP de tenir son propre rythme biennal, pour ses congrès : une année à Nantes, une année en région ». « Le fruit n’est pas mûr. Travaillons plutôt notre salon », répond, pour l’heure, le président du BHR. Affaire à suivre.

Festival nantais

 

Partenaire du salon du végétal et vitrine de la nature en ville, la ville de Nantes a joué le thème du Retour aux sources dans son sens littéral : autour de l’eau dans la ville et en partenariat avec Paysage Actualités, les « conférences extraordinaires » de quatre grands noms du paysage ont promené une petite centaine de participants autour des jardins du monde, tout en préparant les esprits aux grandes métamorphoses en gestation à Nantes. Dans les semaines à venir, la cascade de 25 m de chute déferlera dans le « jardin extraordinaire » dont l’agence Phytolab a livré une première tranche, à la carrière de Chantenay tournée vers l’île de Nantes. Dans les anciens ateliers navals de cette dernière, François Delarozière teste les mécanismes des animaux fantastiques qui peupleront l’arbre aux hérons. Cette œuvre métallique de 35 m de hauteur trouvera sa place dans le jardin aux alentours de 2023. Dans les années à venir, la réconciliation de l’eau et de la ville devrait se décliner dans les sept branches de l’étoile verte nantaise, détaillées en juin dans un hors-série de Paysage Actualités.

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