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Le Salon du végétal à l’heure du doute

Le Salon du végétal à l’heure du doute

le 22/06/2018  |  Evénementvegetal

Une remise à plat suivra l’épreuve de vérité associée à la seconde édition nantaise du Salon du végétal, qui s’est déroulée du 19 au 21 juin. Organisateur de l’événement qui a construit sa notoriété nationale à Angers jusqu’en 2016, le bureau horticole régional a tenu sa promesse dans le rassemblement de l’offre. Mais en attendant les chiffres officiels et à en croire les témoignages d’exposants recueillis à chaud, la clientèle n’a pas massivement répondu.

 

L’expectative domine, dans les allées clairsemées du Salon du végétal, en contraste cruel avec la liesse générale des deux derniers grands rendez-vous nationaux de la filière Paysage : Jardins, jardin, fin mai et début juin à Paris, et Paysalia, début décembre à Lyon.

Certes, plusieurs fournisseurs de matériels, associés pour la seconde année à la manifestation, se réjouissent de la qualité des contacts : « Quand elles passent de l’entretien à la création, les petites entreprises de paysage pensent mini-pelles, et le salon du végétal nous aide à identifier ce type de clients : même s’il n’y a pas le nombre, la qualité est là », se réjouit Laurent Corbeau, chef des ventes chez Kubota.

Concessionnaires contents

Nourri par son nouveau concessionnaire local Clenet Manutention, l’optimisme de la marque japonaise prolonge son succès de l’an dernier : sa première participation au Salon du végétal s’était traduite par une vente. Dans l’allée voisine, Nicolas Tessé, directeur commercial d’Atlantique matériel compact (AMC), concessionnaire Yanmar, confirme le caractère positif du test nantais, pour sa clientèle locale, et notamment sur le marché de l’occasion.

« Peu de fréquentation, mais de qualité », confirment les animateurs du stand Husqvarna. Le suédois a profité des espaces extérieurs pour déployer ses batteries de robots de tonte, et pour accueillir ses visiteurs sous l’ombre bienvenue d’une structure gonflable.

Producteurs dépités

Aux réactions plutôt positives des nouveaux venus, s’oppose la grogne du noyau historique. « Certes, nous avons tout le temps pour bien accueillir nos visiteurs, mais quand la quantité manque, la qualité finit aussi par s’en ressentir », soupire Jean-Marc Lecourt, représentant de la marque de gazons Top Green (groupe DLF) et président de la société française des gazons.

Comme de nombreux autres fournisseurs, il pointe le choix d’une date qui coïncide « au moment de la splendeur des végétaux », d’autant qu’au seuil de l’été 2018, un printemps tardif sature l’agenda des professionnels. Selon lui, le salon du végétal doit se poser la question d’une alternance avec Paysalia, qui se tient en décembre des années impaires à Lyon : « L’innovation ne se renouvelle pas assez pour justifier un rythme annuel », estime Jean-Marc Lecourt.

Remise à plat

Aux commentaires dépités mais souvent en off ou à mots couverts, François Félix, président de la fédération nationale des producteurs horticulteurs et pépiniéristes (FNPHP) oppose sa franchise : « Toujours partante pour monter des vitrines de la production française, peu importe où et quand, la FNPHP veut juste faire en sorte que cela serve à rencontrer des clients. Mettons-nous autour de la table, avec le Bureau horticole régional, organisateur du salon, et les distributeurs de la fédération des jardineries. Ensuite, nous pourrons co-construire quelque chose avec nos clients, et en particulier les entreprises de paysage », déclare le producteur de roses, qui a exposé sous la bannière commune d’une délégation de Rhône-Alpes Auvergne.

Evénement phare du salon, la remise des prix d’innovations Innovert, au premier soir de la manifestation, a échaudé le président des pépiniéristes et horticulteurs : « En dehors des organisateurs et des récipiendaires, il n’y avait aucun public », constate François Félix.

Jardins nourriciers

L’atonie des visiteurs contraste avec le foisonnement de conférences qui confirment la réputation du salon comme révélateur de tendances. De ce point de vue, l’édition 2018 a donné une visibilité sans précédent à la production nourricière : citons le maraîchage esthétique proposé par les directeurs de services territoriaux d’espaces verts de l’association Hortis, ou la Ville gourmande développée par l’institut technique Astredhor.

Acteur local de l’agriculture urbaine, le maraîcher Olivier Durand, fournisseur du restaurant La Cantine, a décliné au parc des expositions son travail qui combine la production nourricière, le lien social et la pédagogie : ses « cahiers de vacances du potager », distribués à 15 000 exemplaires, offrent un réjouissant antidote à l’overdose de virtuel dans la jeunesse.

Espoir durable

Avec la conférence sur l’agroécologie qui met les 76 lycées publics et privés de son réseau Hortipaysage sur le devant de la scène, le ministère de l’Agriculture enfourche lui aussi la voie de la pédagogie et de la communication, pour inscrire dans la durée les nouveaux modèles issus de l’épuisement de la monoculture industrielle : huit équipes d’élèves blogueurs ont remporté la compétition orchestrée par nos confrères du Lien horticole, et portant sur la diffusion de projets pédagogiques innovants.

Au-delà des vicissitudes du salon du végétal, ils incarnent un espoir durable pour la filière : « La pédagogie des projets sur mesure, riches d’une diversité de solutions, a succédé à la transmission descendante des savoir », se réjouit Régis Triollet, animateur du réseau Hortipaysage.

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