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Le robot peintre, futur meilleur ami de l'homme ?
PHOTO - 13633_830125_k2_k1_1953578.jpg - © SAMUEL DHOTE / LE MONITEUR

Le robot peintre, futur meilleur ami de l'homme ?

Alexandre Lenoir |  le 22/06/2018  |  NordEuropeNumériqueConception réalisation

Conçu par un ingénieur lillois, un engin capable de se guider seul secondera bientôt les artisans dans leurs tâches les plus fastidieuses.

Il n'a toujours pas de nom. « Quand je parle de robot peintre, tout le monde comprend, donc je continue à l'appeler comme ça », s'excuse Antoine Rennuit, 38 ans, jeune papa d'un engin qui pourrait bien révolutionner le monde de la finition : un robot capable de peindre ou de poncer de grands aplats. Et ce, sans avoir besoin d'être guidé manuellement.

Un humanoïde annonciateur de la disparition des peintres en bâtiment ? « Il s'agit davantage d'un compagnonnage entre l'homme et la machine », précise Antoine Rennuit qui a d'ailleurs baptisé (à l'anglo-saxonne) l'entreprise destinée à industrialiser sa machine « Les Companions ». Il rappelle que, lors de la première étape du chantier, le peintre est toujours présent pour réaliser son diagnostic. Il reste le seul maître à bord pour décider du type de peinture ou d'abrasif à utiliser, du nombre de couches à réaliser, des techniques de passes à adopter…

Dans un deuxième temps, c'est encore l'homme qui « balaie » la pièce à traiter avec une caméra 3D afin de la reconstruire virtuellement. Il sélectionne ensuite sur tablette les zones à assigner au robot. Simplement avec le doigt, comme sur un smartphone. « La simplicité d'utilisation est la vraie valeur ajoutée du produit. Deux heures de formation suffisent pour savoir l'utiliser », assure le concepteur.

Des bords propres sans masquage. Dernière étape du chantier : la réalisation. Doté d'un bras articulé, le robot peintre peut poncer et recouvrir les murs et les plafonds jusqu'à 3,5 m de hauteur. Sans taches ni « brouillard », grâce à des buses de projection très précises. « Pas besoin de masquage pour obtenir des bords propres. On peut travailler sur des bâtiments anciens », insiste Antoine Rennuit, bien conscient que se joue là l'avenir de son robot. La rénovation représente en effet 70 % des chantiers de peinture intérieure.

Et pendant que le robot travaille ? Le peintre s'occupe des taches les plus nobles : les moulures, les tuyaux, les motifs ou lettrages éventuels… « On laisse le rébarbatif à la machine et on gagne du temps, résume le docteur en robotique. Car si la vitesse d'application du robot est semblable à celle d'un peintre formé, sa productivité est sans équivalent. Il peut travailler le soir en ne mobilisant qu'un seul peintre, en cas par exemple de retard sur un chantier. »

Lancement prévu en 2019. Après avoir passé quatre ans dans une start-up à Oxford à pondre des algorithmes pour jeux vidéo, puis quatre ans au sein de SoftKinetic, une société belge spécialisée dans l'imagerie 3D, Antoine Rennuit s'est forgé une conviction. Comme l'automobile ou l'aéronautique avant lui, le secteur du bâtiment va s'ouvrir à la robotisation des tâches.

Quand, en 2014, il a démissionné et s'est installé à Lille pour créer son entreprise, son projet portait plutôt sur un robot maçon. Las, la lourdeur des produits à manipuler et les conditions difficiles en extérieur lui rendaient le travail trop difficile. Va pour la peinture ! Incubé à l'Ecole des mines de Douai, dont il est diplômé, puis au Village d'Euratechnologies, le Lillois, soutenu par la région et par la BPI, a patiemment mis au point son prototype.

Doté d'un bras articulé, le robot peintre peut poncer et recouvrir les plafonds jusqu'à 3,5 m de hauteur.

En passe de boucler une levée de fonds de 500 000 euros, il cherche désormais à structurer son entreprise. Et s'apprête à embaucher quatre ingénieurs, un commercial et un designer, tout en préparant une deuxième levée de fonds de 800 000 euros pour un lancement commercial à l'été 2019. Clientèle visée : les magasins de négoce spécialisés en peinture, où le robot peintre sera proposé à la location.

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