En direct

Le renouvellement des réseaux dans les tuyaux

Jessica Ibelaïdene |  le 11/05/2018  |  France entièreMatériel de chantier

Engagées le 24 avril, les Assises de l'eau doivent permettre de trouver des financements pour relancer l'investissement.

Entre 2 et 3 milliards d'euros par an. C'est ce qu'il manquerait pour assurer un renouvellement suffisant des infrastructures d'eau potable et d'assainissement en France. Résultat : le patrimoine se déprécie, les réseaux vieillissent, entraînant des fuites et des problèmes de qualité de l'eau. C'est notamment le cas en milieu rural, où le linéaire est plus étendu, le réseau souvent plus dégradé sans être bien connu, les moyens insuffisants.

Ce discours, les organisations professionnelles qui œuvrent dans le domaine de l'eau le martèlent depuis longtemps, rappelant sans cesse les taux de renouvellement des réseaux : 0,58 % pour l'eau potable, 0,43 % pour l'assainissement. A ce rythme, il faudrait 170 ans pour remplacer des canalisations de plus en plus vétustes. Or, « après la construction du patrimoine qui a permis de donner accès à l'eau à tous, nous devons entrer dans un nouveau cycle et réinvestir dans nos réseaux », souligne Antoine Momot, délégué général de l'Union nationale des industries et entreprises de l'eau et de l'environnement (UIE).

Hiérarchiser les investissements. Les Assises de l'eau - promises par le président de la République lors du 100e Congrès des maires en novembre dernier et lancées le 24 avril - sont donc porteuses d'espoir pour le secteur. Emmanuel Macron leur avait donné comme mission première de « regarder dans le détail comment financer les investissements nécessaires ».

« C'est le point essentiel si nous souhaitons mettre en place des mesures à la hauteur des ambitions », considère Alain Grizaud, président des Canalisateurs. En ligne avec cette priorité aux solutions de financements, Tristan Mathieu, délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E), estime nécessaire de hiérarchiser les investissements. D'après lui, « même si les canalisations ont été l'élément révélateur, le sujet de la qualité de l'eau doit bénéficier du premier euro mobilisé ».

Pour y parvenir, tous considèrent que les discussions avec l'Etat, lors des Assises de l'eau, doivent être l'occasion de réaffirmer le principe de « l'eau paye l'eau ». En commençant par cesser les ponctions sur les agences de l'eau, qui participent encore cette année au financement de l'Agence de la biodiversité et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage à hauteur de 270 millions d'euros. Ce qui correspond peu ou prou au déficit annuel d'investissement dans les réseaux d'assainissement.

Mais cette simple mesure ne suffirait pas à financer les réseaux d'eau potable, « et toutes les parties prenantes devront faire des efforts dans la mesure de ce qu'elles peuvent fournir », prévient Tristan Mathieu. De là à remettre en question le prix de l'eau et à faire payer davantage le consommateur ? Le gouvernement ne semble pas vouloir faire peser la charge sur les usagers, mais « nous avons besoin de plus de lisibilité sur le coût réel de l'eau car les disparités d'un territoire à l'autre sont importantes », souligne Alain Grizaud. Surtout, « nous ne pourrons pas imaginer un plan de renouvellement ambitieux sans solidarité territoriale », insiste Antoine Momot. Une solidarité que l'UIE propose de penser au niveau national, notamment entre l'urbain bien doté et le rural plus en difficulté, et dont pourrait se charger la future Agence nationale de cohésion des territoires. Sa mise en place est prévue cet été.

PHOTO - 12894_786495_k2_k1_1856794.jpg
PHOTO - 12894_786495_k2_k1_1856794.jpg
Un plan de lutte contre les fuites à l'été

De nouvelles assises ont été lancées le 24 avril par le gouvernement. Après les mobilités, place à l'eau. Ce rendez-vous s'étalera jusqu'en novembre, rythmé par deux séquences.

La première, jusqu'en juillet, se concentre sur la relance de l'investissement dans les réseaux d'eau et d'assainissement.

Objectif : assurer le renouvellement d'un patrimoine estimé à 380 Mds €. Et mettre en place un plan de lutte contre les fuites d'ici à l'été, alors que le rendement moyen des réseaux d'eau potable se situe à 79 %, et en dessous de 50 % dans plus de 250 collectivités locales. La question des solidarités et du soutien aux territoires les plus en difficulté sera aussi mise sur la table avant d'aborder, à la rentrée, une deuxième séquence sur le grand cycle de l'eau.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Isolation thermique durable des bâtiments existants

Date de parution : 12/2018

Voir

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur