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Le projet urbain autour de la gare de Toulouse est entré en phase de concertation

Christiane Wanaverbecq (Bureau Sud-Ouest du Moniteur) |  le 13/05/2016  |  TransportArchitectureBâtimentHaute-GaronneERP

Ce jeudi 12 mai à Toulouse, à l’occasion de la première réunion publique sur la transformation du quartier de la gare de Toulouse, les partenaires du projet urbain ont fait le point. Conçu autour de l’arrivée attendue en 2024 du TGV dans la ville rose, le projet baptisé Toulouse EuroSudOuest fera l’objet d’un accord de projet d’intérêt majeur, nouveau type de contrat inscrit dans la loi Alur.

Les images de la nouvelle configuration du quartier de la gare circulent depuis longtemps, mais elles ont été officiellement présentées le 19 mai en fin de journée par les différents protagonistes du projet urbain Toulouse EuroSudOuest (Teso), lors d’une réunion publique organisée à Toulouse. Elle est une des étapes de la concertation préalable sur le plan guide urbain lancée le 29 mars 2016 et qui doit se terminer le 28 juin 2016 au titre de l’article L 103-2 du code de l’urbanisme. Ce jeudi soir, près de 500 personnes étaient présentes, inquiètes de l’impact du projet sur leur quartier.

400 hectares

Pour préparer l’arrivée, attendue en 2024, de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui mettra le Capitole à 3h10 de la capitale, l’État, la région, le département, Toulouse Métropole, la SNCF et le syndicat mixte de transport en commun Tisséo planchent depuis 2005 sur le projet. Compte tenu de la multiplicité des enjeux, la région et Toulouse Métropole ont confié à la SPLA Europolia, dont ils sont tous deux actionnaires, la conduite du projet urbain. Teso ne se limite pas en effet à changer la physionomie de Matabiau, gare principale de Toulouse. Il vise à transformer profondément un quartier qui concerne environ 80 000 habitants. Le périmètre d’études porte sur 400 hectares, dont 200 hectares de projet urbain et 20 hectares correspondant au pôle d’échanges multimodal. C’est ainsi que Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, insistant sur la multiplicité des enjeux a précisé que «tout cela est lié au TGV mais indépendant aussi de lui, car cela répond à une dynamique urbaine».

Projet d’intérêt majeur

Cofinancé par tous les partenaires, ce gigantesque chantier est chiffré à plus d’un milliard d’euros sur 20 ans: «Ce montant comprend le coût des aménagements, des infrastructures, etc. Nous attendons des recettes de 300 millions d’euros liées notamment aux droits à construire. Reste à trouver 700 millions d’euros sur 20 ans», a détaillé Alain Gares, directeur général délégué d’Europolia. Toulouse EuroSudOuest va également faire l’objet d’un «Projet d’intérêt majeur» (PIM). Les partenaires vont signer début juillet le protocole d’accord qui marque leur engagement à se diriger vers ce nouveau type d’accord prévu par loi Alur et calqué sur le contrat de développement territorial proposé pour le Grand Paris. Compte tenu des différentes phases d’autorisations réglementaires nécessaires à la réalisation du projet, les partenaires ne signeront le PIM qu’à la fin 2018.

Favoriser les liens

Projet sur 20 ans, Toulouse EuroSudOuest comprend trois volets. D’abord, le pôle d’échanges multimodal actuel, largement sous-dimensionné, de Toulouse Matabiau doit se transformer en «une grande gare multimodale contemporaine, adaptée aux nouveaux usages et capable d’accueillir davantage de voyageurs dans de meilleures conditions de confort et de sécurité». Il accueille aujourd’hui 50 000 utilisateurs par jour. Leur nombre devrait tripler à l’horizon 2035 avec la création de la troisième ligne de métro Toulouse Aerospace express, l’augmentation du flux des TER et des bus Arc-en-ciel, l’arrivée du TGV à Toulouse en 2024, etc.

Ensuite, la transformation du pôle d’échanges multimodal est l’opportunité d’aménager les quartiers qui jouxtent la gare, et surtout de favoriser les liens entre les quartiers. Le projet Toulouse EuroSudOuest s’articule avec la troisième ligne de métro (Toulouse Aerospace Express – TAE). Portée par Tisséo, elle prévoit sur le périmètre la création de deux stations. Il s’articule aussi avec le réaménagement de voies structurantes reliant l’hypercentre à la gare. Réalisée sous maîtrise d’ouvrage de Toulouse Métropole, cette dernière opération a démarré sur la rue Bayard pour se terminer en 2017. Elle se poursuivra par l’aménagement en ramblas des allées Jean-Jaurès.

Pôle économique

L’amélioration de la desserte de ce quartier résulte de l’ambition de la métropole de créer un nouveau pôle économique, entre le centre historique et la périphérie, et de proposer une offre de tertiaire absente à ce jour au centre de Toulouse. Seront proposés pas moins de 300 000 m2 de bureaux et activités tertiaires, entre 40 000 et 50 000 m2 de commerces, services et loisirs pour profiter du flux de passagers à la gare, ainsi qu’environ 2 000 logements. Par exemple, d’ici à fin 2016, les discussions avec SNCF Immobilier auront abouti à un accord pour réaliser sur le site de la gare, à l’emplacement d’un ancien tri postal, un ensemble immobilier de bureaux et hôtel de grande hauteur (15 000 à 30 000 m2). Un appel à projet a été lancé en ce sens.

Concernant les commerces, Europolia a lancé une consultation auprès des principaux opérateurs. Sur la partie programmation tertiaire, Philippe Courtois va accompagner la SPLA dans le cadre d’une mission de conseil d’une durée de six mois que lui a confié Toulouse Métropole au titre de l’attractivité économique.

Continuité naturelle

Enfin, le projet urbain Teso est l’opportunité d’étendre le centre-ville vers le nord au-delà du canal du Midi et de la voie ferrée. L’enjeu de ce redimensionnement vise à offrir une continuité naturelle au-delà de ces deux limites. La réflexion porte notamment sur la valorisation des berges du canal du midi devant le parvis historique de la gare. Il faudra discuter avec l’Unesco qui a inscrit l’ouvrage en 1996, sur la liste du patrimoine mondial. Une chose est sûre pour Jean-Luc Moudenc: «Il faut une intervention légère et réversible».

Pour ce projet ambitieux, la SPLA Europolia a confié à une équipe de maîtrise d’œuvre conduite par l’urbaniste catalan Joan Busquets(1) l’élaboration du plan guide urbain. Pour Joan Busquets, il s’agit de faire du «quartier la porte interne de la métropole. C’est un projet sur 15-20 ans alliant mixité sociale et fonctionnelle avec une certaine densité. Nous allons créer plusieurs morphologies urbaines et plusieurs fragments de ville. Les espaces verts seront renforcés. Il s’agit aussi de repenser, requalifier les axes existants et faire reculer la voiture», raconte-t-il.

Quatre parvis

L’extension du centre-ville vers le nord passe par l’ouverture de la gare sur la ville. Elle sera dotée de quatre parvis. L’historique, qui donne sur le canal du Midi, sera réaménagé dans la continuité des travaux sur la rue de Bayard. Trois nouveaux parvis seront créés: côtés Périole, Lyon et Marengo, où un nouveau bâtiment «voyageurs» sera érigé. Tous ces accès seront optimisés avec la construction de passerelles piétonnes et de parkings pour les vélos, Ils disposeront ainsi chacun d’une offre de stationnement.

Au niveau des voies, là encore, tout va être repensé. La SNCF a déjà démarré les travaux de «désaturation» de la gare avec au programme la modification du nombre de voies, le remplacement des postes d’aiguillage, la création de nouveaux services.

Calendrier

2016: concertation préalable; validation du plan guide urbain; protocole d’accord pour signer un Projet d’intérêt majeur (PIM).

2017: mise en service de la LGV Tours-Bordeaux.

2018: aménagement du parvis côté Canal, premiers aménagements en gare et approbation du Projet d’intérêt majeur (PIM).

2020: livraison des premiers programmes de bureaux.

2024: arrivée de la LGV à Toulouse Matabiau, ouverture du bâtiment «voyageurs» côté Marengo et mise en service de la troisième ligne de métro Toulouse Aerospace Express (TAE).

2030: mise en service du Pôle d’échanges multimodal (PEM) de Toulouse-Matabiau.

135 hectares parfaitement intégrés au cœur de la métropole toulousaine.

3h10, temps de parcours attendu entre Paris et Toulouse avec l’arrivée du TGV en 2024.

150 000 voyageurs quotidiens à la gare Matabiau après 2030.

Environ 2000 nouveaux logements.

Environ 300 000 m2 de bureaux et activités tertiaires.

Entre 40 000 et 50 000 m2 de commerces, services et loisirs.

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