Economie

Le projet de Loi de Finances pour 2018 définitivement adopté

Mots clés : Conjoncture économique - Etat et collectivités locales - Finances publiques - Gouvernement

Le Parlement a définitivement adopté jeudi 21 décembre, par un ultime vote à main levée de l’Assemblée nationale, le premier budget du quinquennat, qui traduit plusieurs promesses d’Emmanuel Macron et vise à ancrer le déficit public sous les 3% du PIB.

Porteur de mesures emblématiques et controversées, comme la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI), la fin, progressive, de la taxe d’habitation pour 80% des ménages ou encore la baisse des APL et des loyers des HLM – le fameux « article 52 », le projet de budget 2018, soutenu par la majorité LREM-MoDem, a été rejeté par LR mais aussi par les socialistes, Insoumis et communistes, qui ont critiqué un budget « pour les riches ».

Dans un hémicycle peu garni pour le dernier jour des travaux parlementaires avant la pause des fêtes de fin d’année, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a vanté « l’acte I de la transformation des moyens de l’action publique », un « budget de transformation au service du pouvoir d’achat de nos concitoyens et qui libère l’énergie des entreprises ».

« Les promesses ont été tenues », a renchéri le rapporteur général du Budget, Joël Giraud (LREM, issu du PRG), observant que les désaccords avec le Sénat à majorité de droite, principalement sur l’IFI et la taxe d’habitation, avaient nécessité cet ultime passage du projet de loi de finances.

Après ce « budget de sincérité, de choix et de conquête » arrivé « à bon port », la chef de file des LREM sur le budget, Amélie de Montchalin, a invité à « regarder le chemin qui reste à parcourir: cinq ans pour que les politiques publiques retrouvent leur sens ».

Pour LR, l’ancien président de la commission des Finances Gilles Carrez a épinglé Gérald Darmanin, « qui se présentait en octobre comme le ministre du pouvoir d’achat, devenu en décembre le ministre des hausses d’impôts », notamment avec la « folle trajectoire qui va augmenter la taxe sur le prix du diesel ou fioul domestique », aux dépens « une fois de plus des classes moyennes ».

La socialiste Valérie Rabault a reproché au gouvernement de cacher « les mauvaises nouvelles », observant qu' »avec le simulateur, vous pourrez calculer tous vos impôts sans la fiscalité écologique », mais aussi d’avoir critiqué les prévisions de l’Insee sur le pouvoir d’achat, ce qui est « d’une gravité absolue ».

Les UDI-Agir-indépendants ont évoqué des « mesures dans le bon sens », comme la suppression d’une part de l’ISF, mais aussi « un goût d’inachevé ou des inquiétudes » comme sur la taxe d’habitation ou le logement.

Et la gauche de la gauche a dénoncé jusqu’au bout un « budget des ultra riches », l’Insoumis Eric Coquerel affirmant que « les 1% des Français les plus riches vont capter une très grande partie de vos cadeaux fiscaux », et récusant le gain de pouvoir d’achat car « vous allez donner aux salariés ce que vous leur reprendrez dans l’autre poche ». Sa collègue LFI Mathilde Panot, pour laquelle le gouvernement « a choisi la Bourse, nous la vie », a aussi fustigé un « budget anti-écologique ».

Face à un « gouvernement muré dans ses certitudes », le communiste Jean-Paul Dufrègne a, lui, prédit un creusement des inégalités et récusé la « théorie du ruissellement ».

 

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