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Le projet d'Aqueduc de 320 kilomètres est examiné à Madrid

JEAN LELONG |  le 30/03/2001  |  SantéCollectivités localesTechniqueEnvironnementHérault

Le Rhône bien placé pour désaltérer Barcelone

Jean-Pierre Brunel a planché mardi 27 mars devant la commission de l'environnement du parlement espagnol, à Madrid. Face à une cinquantaine de députés, le patron de Compagnie d'aménagement du Bas-Rhône Languedoc (BRL) a présenté l'ambitieux projet de construction d'un aqueduc de 320 km destiné à transférer l'eau du Rhône jusqu'à Barcelone. Le dossier est soutenu depuis des années par le gouvernement catalan de Jordi Pujol. Mais c'est la première fois qu'il est officiellement examiné par Madrid.

En septembre 2000, la présentation de l'avant-projet de Plan hydrologique national (PHN) avait pourtant tempéré l'optimisme des partisans de la solution rhôdanienne. Le schéma esquissé par le gouvernement espagnol pour assurer une meilleure répartition nationale des ressources hydrauliques donnait la priorité à un transfert depuis l'Ebre. Il prévoyait de prélever dans ce fleuve 1 milliard de mètres cubes d'eau par an pour alimenter les régions déficitaires de la façade méditerranéenne, dont la Catalogne.

Mais l'opposition soulevée par le projet dans les zones riveraines de l'Ebre a conduit le gouvernement à faire un pas en direction des Catalans. Jeudi 22 mars, les députés de Convergencia i Union, le parti de Jordi Pujol, ont joint leurs voix à celle du Parti Popular de José Maria Aznar pour approuver le PHN. Madrid s'est engagé en contrepartie à intégrer dans le document les revendications catalanes : adopter un plan de protection du delta de l'Ebre, étudier l'hypothèse alternative d'un approvisionnement de l'agglomération barcelonaise à partir du Rhône.

L'étape suivante pourrait voir s'amorcer un dialogue entre l'Espagne et la France. En décembre dernier, le ministre catalan de l'Environnement, Felip Puig, avait officiellement demandé à Madrid d'ouvrir des négociations avec Paris et d'inscrire le projet à l'ordre du jour d'un prochain sommet franco-espagnol. Cette perspective ne relève plus de l'utopie. De son côté, BRL a calé le compte à rebours : en cas de feu vert politique, sept ans seraient nécessaires pour amener l'eau du Rhône jusque dans les robinets barcelonais.

Un investissement de 900 millions d'euros

Le projet présenté par BRL consiste à prolonger l'actuel canal du Bas-Rhône par une conduite enterrée de 2,40 m de diamètre entre Montpellier et Barcelone. L'ouvrage long de 320 km, dont 200 km côté français, devrait franchir un tunnel de 4 km sous les Pyrénées.

Doté d'un débit de 10 m3/seconde, soit 13 % de l'autorisation de prélèvement d'eau dans le Rhône dont bénéficie BRL, il permettrait de dériver vers la capitale catalane 300 millions de mètres cubes d'eau par an. Son coût est chiffré à 900 millions d'euros (6 milliards de francs), un investissement jugé comparable à celui d'un prélèvement dans l'Ebre.

Pour porter les actions nécessaires à la conception et la promotion du projet, BRL a créé en 1997 la Sepa LRC, une filiale associant neuf groupes français (Alstom, Générale des eaux, Lyonnaise des eaux, Saur, Pont-à-Mousson, Europipe, Spie, CDC et EDF).

TRACE :

L'aqueduc permettrait de dévier 300 millions de mètres cubes d'eau vers la capitale catalane.

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