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Le Prix du projet citoyen de l'Unsfa distingue deux réalisations
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Le Prix du projet citoyen de l'Unsfa distingue deux réalisations

Marie-Douce Albert |  le 01/01/2010  |  ArchitectureTechniqueRéglementation techniqueHaute-SaôneIndre-et-Loire

PRIX d'architecture -

L'Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa) récompense chaque année des projets exemplaires en termes de relations entre maître d'œuvre, maître d'ouvrage et usagers. Une pension de famille à Tours (Indre-et-Loire) et une maison d'accueil spécialisée à Lure (Haute-Saône) ont été primées.

Lauréats Maison relais de la Bazoche

Pour Dominique Jouffroy, en charge à l'Unsfa de l'organisation de ce Prix, la maison relais de La Bazoche, réalisation lauréate 2009, est un « projet improbable » au cœur de Tours. Il est vrai que la création d'une structure dédiée à des personnes en grande difficulté sociale à 500 m de la cathédrale Saint-Gatien, c'est-à-dire dans un périmètre sous haute surveillance patrimoniale, parmi le plus cher de la ville, a l'air d'une victoire à l'arraché. Sans compter que cet édifice s'installe à côté de logements de standing.

Mais c'est justement parce que sur cette parcelle cédée par une congrégation religieuse, un grand jardin à l'abandon n'intéressait guère les investisseurs, que l'opération a pu se concrétiser. Sans oublier, naturellement, l'implication des acteurs du projet, des responsables associatifs, de l'architecte Bertrand Penneron, de la Ficosil, société immobilière spécialisée dans le logement des personnes en difficulté, du Pact d'Indre-et-Loire, œuvrant pour l'amélioration de l'habitat et de la cohésion sociale et, enfin, de l'Opac de Tours.
En décembre 2008 étaient donc inaugurés ces quatorze logements où des personnes aux profils très divers peuvent espérer acquérir une nouvelle autonomie. Agés de 19 à 69 ans, les pensionnaires de La Bazoche, qui peuvent souffrir de déficit mental, d'alcoolisme ou de dépression lourde, ne sont cependant pas livrés à eux-mêmes.
Dans cette « pension de famille », les occupants bénéficient d'un accompagnement. « Pour eux, la solitude peut être ingérable. Le projet était donc de ?vivre chez soi, mais pas seul?, explique Delphine Picard, responsable de la structure. Ainsi, les pensionnaires prennent-ils leur repas en commun, une fois par jour, six jours sur sept. »

Pastiche interdit

L'architecture du lieu respecte cet équilibre : « Il était important qu'on puisse se retrouver mais aussi s'isoler », renchérit Bertrand Penneron, qui détaille les espaces communs, cuisine et salon d'une part, et les studios de 21 à 25 mètres carrés d'autre part. « Il faut sortir des espaces de vie communautaire et passer par l'extérieur pour regagner son appartement », précise l'architecte, qui a, par ailleurs, dessiné des bâtiments « doux », dans des tonalités de gris, de blanc et de beige.
« Les pensionnaires sont surpris du calme des lieux, note Bertrand Penneron. Il est important pour eux de savoir qu'ils ne logent pas dans un bâtiment d'exclusion, mais dans un lieu reconnu. »
Pour insérer l'édifice dans la cité tourangelle en tuffeau, l'architecte a donc conçu un bâtiment contextuel : « Nous nous sommes interdit le pastiche, mais il fallait s'installer sans violence. Le bâtiment ne se différencie pas de l'opération voisine, puisque nous avons traité les façades de la même manière. » La Bazoche et les duplex haut de gamme ne s'ignorent pas. Les résidents partagent le parking et bien plus encore. « Il y a eu la fête des voisins, ainsi que des tournois de belote, raconte Delphine Picard. Il s'est établi une vraie relation de confiance, sans apitoiement. »

Fiche technique

- Maîtrise d'ouvrage : Opac de Tours.
- Maître d'œuvre : Bertrand Penneron, architecte. Ligne BE (structure), E3F (fluides), BET.
-
- Entreprises : Halley BTP (gros œuvre), Hory-Chauvelin (maçonnerie), Boussiquet (charpente), Merlot (couverture), Smac (étanchéité).
- Surface : 673 m 2 HON.
- Coût des travaux : 1,15 million d'euros HT.

Pour participer à l'édition 2010.

Lors de son prochain congrès annuel prévu à l'automne 2010 à Lyon, l'Unsfa décernera son dixième Prix du projet citoyen.
Les porteurs d'une réalisation exemplaire ont jusqu'au 15 septembre 2010 pour s'inscrire sur le site www.unsfa.com, rubrique « actualités ». Les candidats devront constituer un dossier détaillé présentant le projet, mais aussi le détail de la démarche mise en œuvre pour établir une relation privilégiée entre architectes, maîtres d'ouvrage et usagers.
« Nous avons besoin de précisions, de témoignages, de comptes- rendus, etc. », explique Dominique Jouffroy, responsable du Prix à l'Unsfa. « Nous voulons avant tout récompenser une démarche aboutie, mais chacun reste libre d'inventer sa méthode. » Créé en 2001, le Prix du projet citoyen est placé sous le haut parrainage du ministère de la Culture et de la Communication.

Mention : une maison d'accueil comme une petite ville

«Nous n'avons pas été choisis sur un dessin mais sur un état d'esprit », explique l'architecte, Pascale Richter. Pour la construction à Lure (Haute-Saône) de « La Mosaïque », maison d'accueil spécialisée (MAS) de 42 lits, à destination de victimes lourdement handicapées d'accidents cérébraux, la fondation Arc-en-Ciel ne demandait ni esquisse ni maquette. Elle souhaitait entendre les candidats leur parler de ce que pourrait être ce lieu. « Pour y réfléchir, nous avons relu ?Le scaphandre et le papillon?, raconte l'architecte. Son auteur, Jean-Dominique Bauby, aurait pu vivre ici. » De cette première rencontre est né un dialogue permanent entre les soignants, porte-parole de patients souvent perturbés, les architectes, Pascale et Jan Richter, et leur chef de chantier, Anne-Laure Better. Ainsi, les premiers ont soutenu que les trajets dans le bâtiment devaient être les plus courts possibles. Mais, ont observé les architectes, « les résidents sont là pour de longs séjours. Ils sortent peu et chaque déplacement doit être une promenade. Nous avons donc pensé cette MAS avec une complexité de ville. » D'où une architecture complexe, animée par des transparences. Un travail important a été consacré aux chambres, où les résidents passent beaucoup de temps. Ainsi qu'aux plafonds, qu'ils contemplent longuement, traités par un graphiste avec des mots blancs sur fond blanc.

- Maîtrise d'ouvrage : Fondation Arc-en-Ciel. Socad Haute-Saône, AMO. Maîtrise d'œuvre : Richter Architectes, architectes. Touzanne et Associés, OPC. Jost (fluides/électricité). SIB Etudes (structure béton), BWG (structure bois), Economie 2 (économiste), BET. Bureau de contrôle : Norisko. Principales entreprises : SMBTP (terrassement, gros œuvre), Sogycobois (charpente bois), Chardeyron (couverture zinc, zinguerie). Surface : 3 700 m 2 HON. Coût : 5,60 millions d'euros HT.

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