Transport et infrastructures

Le pont de Messine risque de ne jamais voir le jour

Le projet controversé du gouvernement Berlusconi de construire un pont sur le détroit de Messine pour relier la Sicile au reste de l’Italie sera supprimé, ont promis deux ministres du nouveau gouvernement de Romano Prodi peu après leur investiture mercredi.

« C’est l’oeuvre la plus inutile et la plus dommageable qui ait été projetée en Italie ces cent dernières années », a déclaré le nouveau ministre des Transports, Alessandro Bianchi, un indépendant proposé au gouvernement par le petit Parti des communistes italiens (PDCI).
Recteur de l’université de Reggio Calabre (sud) et urbaniste, Alessandro Bianchi a répondu « absolument pas! » aux journalistes qui lui demandaient si le projet de pont entre la Sicile et la Calabre serait maintenu sous le gouvernement de Romano Prodi.

Le nouveau ministre de l’Environnement Alfonso Pecoraro Scanio (Verts) a également affirmé aux journalistes que l’ouvrage aux allures pharaoniques – 6 milliards d’euros de coût, 3.690 mètres de long à 64 mètres au-dessus de la mer – ne verrait pas le jour.
Mais le ministre des Infrastructures, Antonio Di Pietro, a déclaré plus prudemment que « le gouvernement évaluerait ensemble » la situation.
Dans son programme, la coalition de centre-gauche de Romano Prodi considérait comme « inutile (…) le projet de Pont sur le détroit », sans toutefois promettre de supprimer le projet.

La réalisation du plus grand pont suspendu du monde a été l’une des promesses électorales du candidat Silvio Berlusconi lors des élections législatives de 2001, mais l’idée est très critiquée par les défenseurs de l’environnement et les travaux au sens propre du terme n’ont jamais débuté.
La Commission européenne a engagé en octobre 2005 une procédure contre l’Italie, l’accusant notamment de ne pas avoir fait « d’analyse d’impact environnemental » de la construction du pont pour les quelque 300 espèces d’oiseaux sauvages présents dans le détroit.
La société italienne Impregilo, à la tête d’un consortium composé également de l’Espagnole Sacyr S.A. et de la Japonaise Ishikawajima-Harima Heavy Industries CO Ltd, a remporté en octobre 2005 l’appel d’offres.
En matière de grands travaux, le gouvernement de Romano Prodi est attendu sur deux autres dossiers brûlants: la construction d’une ligne à grande vitesse reliant Turin et Lyon, voulue par les modérés de sa coalition mais pas par les Verts ni les communistes, et le projet Moïse de digues mobiles destiné à protéger Venise des menaces d’inondation.

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