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Le pôle construction mène la danse chez Bouygues
Martin Bouygues, P-DG du numéro deux du BTP français - © Romain Gaillard / REA RGA/REA

Le pôle construction mène la danse chez Bouygues

laurence francqueville |  le 26/02/2014  |  Majors du BTPInternationalEuropeBouches-du-Rhône

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Martin Bouygues, P-DG du groupe éponyme, a présenté ses résultats annuels 2013 le 26 février. Compte tenu des difficultés de ses activités dans la télévision et les télécoms, seul le pôle construction permet au groupe d’afficher une croissance de sa rentabilité en 2013 (hors Alstom).

Seule activité en croissance, le pôle construction – et en particulier Bouygues Construction - tire véritablement le groupe Bouygues aujourd’hui. « Les activités de construction ont une belle manière de traverser  la crise », juge Martin Bouygues. Le BTP enregistre en effet un chiffre d’affaires de 26,27 milliards d’euros (+2%) en 2013 sur une activité totale du groupe de 33,34 milliards (+1%). Son résultat opérationnel courant est de 1,03 milliard (+9% ou +81 millions sur un an) contre 1,34 pour l’ensemble du groupe (+5%). « Les activités de construction génèrent même un cash-flow libre record de 821 millions (+1% sur un an) », note-t-il. Enfin le résultat net progresse de 2% dans le BTP à 679 millions, de même que pour Bouygues SA (647 millions mais -757 millions après dépréciation de sa participation dans Alstom pour 1,4 milliard).

« La performance commerciale du pôle construction a été excellente », concède Martin Bouygues : les carnets de commandes de ces activités ont progressé de 3% sur un an à 27,5 milliards et de 22% depuis fin 2010, note le P-DG. Et la moitié de ce carnet est à réaliser à l’international (contre 46% fin 2012), ce qui compense largement la faiblesse du marché français ». Parmi les contrats de référence mis en avant : la rocade L2 à Marseille en PPP (340 millions) ; la nouvelle route du littoral avec Vinci (536 millions de travaux en propre) ; les aérogares en financement-conception-construction d’Iqaluit au Canada (160 millions) et de Zagreb en Croatie (243 millions) ou encore de Lyon-Saint-Exupéry (142 millions en conception-construction) ; conception-construction de la LGV Tanger-Kenitra au Maroc (124 millions de part Colas) ; tunnel bitube sous-marin de Tuen Mun-Chek Lap Kok en conception-réalisation à Hong Kong (1,15 milliard) ; centre de théâtre et de concert au Turkménistan (340 millions) ; etc.

  Bouygues Construction

Bouygues Construction affiche un chiffre d’affaires de 11,1 milliards d’euros (+4%), qui se décompose en 6 milliards réalisés en France (+7%) et 5,1 milliards à l’international (+2%). Malgré des moyens de développement contraints, Bouygues Construction  voir son résultat opérationnel courant bondir de 20% à 435 millions, faisant de cette entité le premier contributeur au résultat opérationnel du groupe  : « Cela s’explique par la très bonne gestion de nos chantiers et l’état d’avancement des affaires en cours », note la direction. Ce qui permet à Yves Gabriel d’afficher une marge opérationnelle courante de 3,9% (+0,5 point). Enfin, son résultat net part du groupe est en hausse de 4% à 277 millions, contribuant presque autant que Colas à la rentabilité globale du groupe.

Bouygues Construction voit ses prises de commandes se stabiliser à 11,8 milliards d’euros : l’international progresse nettement (6,1 milliard contre 4,7 fin 2012), compensant ainsi le recul des commandes enregistrées en France (5,7 milliards). Gare à l’effet d’optique tempère toutefois le P-DG de Bouygues Construction, Yves Gabriel : « les deux opérations qui sont entrées en carnet en 2012 – le TGI de Paris, pour lequel le groupe recherche activement avec le maître d’ouvrage une issue pour redémarrer le chantier très rapidement, et le contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier – représentaient à elles-seules 1,5 milliard, soit la différence avec le chiffre affiché fin 2013. Cela montre que notre marché courant n’est pas très affecté ». Son carnet de commandes progresse de 4% sur un an pour franchir un record de 17,8 milliards fin 2013, dont la moitié à réaliser au-delà de 2014.

Yves Gabriel est bien conscient que les grands projets sont désormais une denrée rare, hormis quelques affaires à venir comme les concessions routières du contournement de Strasbourg, du tronçon Saint-Etienne-Lyon, ou encore de l’A831 en Vendée, ou encore la rénovation de l’arche de la Défense en PPP, du plan Campus et des quelques PPP lancés par des collectivités. D’où sa volonté de pousser les feux à l’international, qui devrait représenter l’équivalent voire dépasser l’activité réalisée en France en 2014.

Colas

Colas a réalisé un chiffre d’affaires stable de 13 milliards d’euros : +1% en France à 7,4 milliards et -1% à l’international à 5,6 milliards. Son résultat opérationnel courant grimpe de 3% à 417 millions (incluant 11 millions de charges non courantes liées à sa réorganisation). Sa marge opérationnelle courante est stable elle aussi à 3,2% (+0,1 point). « La bonne rentabilité de l’activité routière en France, qui bénéficie de la nouvelle organisation du groupe en France (regroupement des marques Screg, Sacer et Colas) et l’amélioration des activités ferroviaire et pipeline ont permis de compenser la perte courant de 46 millions enregistrée dans la vente de produits pétroliers raffinés ainsi que la baisse de rentabilité des activités en Amérique du Nord», note le groupe. Sa rentabilité nette progresse de 3% à 312 millions.

Le carnet de commandes est en croissance de 6% sur un an, à 7,1 milliards : s’il recule de 5% en France à 3,28 milliards, ce que le groupe avait prévu en raison des élections municipales, il bondit de 18% à l’international à 3,81 milliards (+9% par an en moyenne depuis fin 2010). Martin Bouygues souligne également l’allongement de ce carnet grâce à la dynamique du ferroviaire (1,3 milliard à fin 2013, en hausse de 14% sur un an) avec la signature de plusieurs contrat, notamment la LGV Tanger-Kenitra au Maroc, deux lignes du réseau ferroviaire rapide de Tunis pour 86 millions, ou la construction-maintenance du métro de Santiago du Chili pour 67 millions.

A noter que la cession de la participation de Colas dans Cofiroute (780 millions) n’est pas encore dans les comptes puisqu’elle est intervenue fin janvier 2014.

Bouygues Immobilier

Le chiffre d’affaires de Bouygues Immobilier progresse de 5% en 2013 à 2,51 milliards d’euros (-1% dans le logement à 2,13 milliards et +51% dans l’immobilier d’entreprise à 382 millions). Son résultat opérationnel courant recule de 1% à 178 millions. La baisse de la marge opérationnelle (7,1%, -0,4 point) a été limitée par les mesures d’adaptation prises dès 2012 pour faire face à la pression sur les prix, en particulier l’ajustement des structures et la mise en place d’une politique d’achats rigoureuse. Son résultat net part du groupe recule de 6% à 101 millions.

« Dans un marché en recul, Bouygues Immobilier a gagné des parts de marché puisque nos réservations de logements ont progressé de 9% en valeur (1,84 milliard) et de 4% en nombre (10 900 unités, dont 10 360 en France) », note François Bertière, P-DG du promoteur. A l’instar de ses concurrents, les ventes à investisseurs ont chuté, ne représentant plus que 27% de ses ventes contre plus de 60% il y a encore deux ans. Le prix moyen d’un logement est en hausse de 1,4% à 216 000 euros, précise le groupe. En revanche, les réservations en immobilier d’entreprise se sont effondrées de 59%, tombant à 236 millions en raison du décalage de plusieurs projets au premier semestre 2014. Au final, le carnet de commandes de Bouygues Immobilier affiche une baisse de 12% sur un an (2,61 milliards).

Une année 2014 incertaine

Pour 2014, Martin Bouygues reste très prudent : « si les performances financières du pôle construction devraient rester solides dans un environnement économique plus difficile, le manque de visibilité sur les activités de TF1 et de Bouygues Telecom nous permettent juste de dire que notre chiffre d’affaires devrait être proche de celui de 2013. J'ai confiance dans les perspectives du groupe à moyen terme car les fondamentaux de nos activités sont intacts».

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