Commande publique

Le point sur les motifs d’intérêt général pour déclarer un marché sans suite

Mots clés : Gouvernement

Quels sont les motifs d’intérêt général qui permettent de déclarer un marché public sans suite? Cette question délicate posée par la députée Marie-Jo Zimmermann a donné l’occasion au ministère de l’Economie de décrire concrètement les raisons pouvant être invoquées.

La possibilité de déclarer un marché sans suite est notamment prévue pour les appels d’offre ouverts à l’article 59 du Code des marchés publics. Mais comme l’indique la fiche de la Direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy, mise à jour récemment, « il est de jurisprudence bien établie que ce droit existe pour tous les marchés » ( voir notre article sur le sujet ). Les acheteurs publics se demandent souvent quels sont ces motifs qu’ils peuvent invoquer pour déclarer leur marché sans suite. La députée Marie-Jo Zimmermann a interrogé Bercy en ce sens.
Le ministère de l’Economie commence par rappeler que la motivation doit être réelle et précise. Le pouvoir adjudicateur doit en effet indiquer « les circonstances qui [l’] ont amené à prendre une telle décision ». Ces motivations peuvent être de plusieurs ordres. Elles peuvent être économiques, juridiques, techniques ou encore résulter d’un choix de gestion de la personne publique.


Des raisons budgétaires, financières ou une insuffisance de concurrence


Concernant les motivations économiques, il peut s’agir tout d’abord de raisons budgétaires. Par exemple, lorsque « le coût estimé des travaux dépasse le budget pouvant être alloué par la collectivité et conduit le pouvoir adjudicateur à mettre un terme à son projet ». Il faut néanmoins démontrer dans ce cas l’existence et l’origine des surcoûts.
Les raisons économiques peuvent être financières. C’est le cas, explique Bercy, lorsque « les prestations objet du marché peuvent être réalisées pour un montant nettement moins élevé que celui initialement prévu, sur la base de solutions nouvelles ».
Autre motivation économique : l’insuffisance de concurrence. Peu importe « qu’elle ait été provoquée ou non par une entente entre les entreprises et alors même qu’une ou plusieurs offres sont acceptables », souligne le ministère de l’Economie.


Une procédure entachée d’irrégularité


Les motivations peuvent être juridiques. Il s’agit là de mettre fin à une procédure entachée d’irrégularité. Bercy donne quelques exemples de ce qui peut constituer une irrégularité de la procédure justifiant un motif d’intérêt général : « une contradiction entre le règlement de consultation et le cahier des charges administratives particulières ou le fait que le document technique contienne des exigences techniques des prestations rendant impossible le choix de l’offre économiquement la plus avantageuse ».


La disparition du besoin du pouvoir adjudicateur


Enfin, la disparition du besoin de la personne publique peut fonder une déclaration sans suite. « Cependant, précise le ministère, l’abandon de la procédure ne doit pas être généré par une mauvaise appréhension de ses besoins par le pouvoir adjudicateur. »


Retrouvez la réponse ministérielle n°3068 du 30 octobre 2012, en cliquant ici.

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