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Le plus gros ponton de dragage français vient d’être mis à l’eau

Gilles Rambaud |  le 29/11/2013  |  ÉvénementHaut-Rhin

Le Kostaldea, un ponton de 650 t, peut draguer jusqu’à 19 m de profondeur et traverser les océans.

Le 12 septembre 2013, dans le port du Havre, une bouteille de champagne s’est brisée sur la coque du Kostaldea, baptisant officiellement le nouveau ponton. La naissance avait eu lieu neuf mois plus tôt, dans un chantier naval polonais, et la conception datait de 2011, quand EMCC, entreprise spécialisée dans les travaux maritimes et fluviaux, filiale du groupe Vinci, avait décidé d’investir 9 millions d’euros dans un nouveau matériel. « C’est le plus gros de notre flotte, s’enorgueillit Michel Startchenko, directeur général adjoint. Il peut draguer jusqu’à 19 m de profondeur. » Cette cote n’est pas fixée au hasard : les installations portuaires doivent accueillir des bateaux de plus en plus gros. Ces mastodontes de la mer exigent au moins 16 m de profondeur pour accoster. Or EMCC n’avait pas de matériel suffisant. « C’est la portée qui a tout décidé. Pour curer à 19,50 m avec un godet de 1,6 m³, il faut une flèche de 13 m et un balancier de 10,50 m sur une pelle de 120 t. » C’est une Liebherr 984 qui a été choisie « pour la qualité et le professionnalisme de son bureau d’études », précise Patrice Lacagne, responsable matériel d’EMCC, qui apprécie de pouvoir s’adresser directement aux ingénieurs de son fournisseur, basé à Colmar (Haut-Rhin). La pelle, débarrassée de son châssis chenillé, est fixée sur le ponton par une couronne à suspension élastique pesant à elle seule 20 t. L’outil de dragage étant ainsi défini, il reste à imaginer le ponton. Première décision : il ne sera pas automoteur. « Sa motorisation aurait coûté trop cher », tranche Michel Startchenko. Pour naviguer, il doit être arrimé à un pousseur ou à un remorqueur ; dans cette configuration, il pourra traverser les océans. « C’est un matériel qui nous permettra de nous développer à l’export. Aussi doit-on pouvoir l’envoyer en Afrique ou en Amérique. C’est pourquoi il est homologué haute mer. » Voilà qui détermine la forme de la coque. Reste le point le plus technique : les pieds. Comme tous les pontons dragueurs, le Kostaldea ne se met à travailler qu’une fois ancré sur ses pieds. De quelle longueur ? « Il faut déjauger le bateau pour le mettre en position de travail, c’est-à-dire faire en sorte qu’il ne flotte plus mais reste en partie immergé pour continuer à bénéficier de la poussée d’Archimède », précise Patrice Lacagne. De ces calculs découle une hauteur de pieds de 26 m permettant d’intervenir à 20 m de profondeur. « Pour les dragages les plus courants  à 8 ou 10 m de profondeur , cette hauteur nous permet de nous affranchir de la houle et des marées. Le Kostaldea pourra alors travailler à marée haute par 1,50 m de houle. Nos autres pontons ne le peuvent pas », apprécie Michel Startchenko. La machinerie des ancrages est impressionnante : les trois pieds disposent chacun d’un treuil Starter alimenté par un groupe électrogène de 300 kVA. Mieux : le pied arrière est mobile, comme le décrit Joël Le Bouguenec, d’EMCC. « Il est monté sur un rail et poussé longitudinalement par un long vérin d’une course de 5,50 m. Il suffit alors de lever les deux pieds avant pour ripper le ponton et travailler 5 m plus loin. ». Cette manœuvre est commandée depuis la cabine de la pelle, par le pelleur lui-même qui déplace son ponton au fur et à mesure de l’avancée des travaux, espérons-le nombreux ! Michel Startchenko table sur deux cents jours de travail par an pour le Kostaldea, qui devrait connaître une durée d’exploitation d’une trentaine d’années.

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