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Le plastique résiste, mais les solutions végétales progressent

Laurent miguet |  le 19/11/2018  |  Ille-et-VilaineLoiretParisPuy-de-DômeRhône

« Dans couvre-sol, il y a sol : on a trop souvent oublié cette matière vivante. » Le constat « dressé par Thibaut Beauté pèse lourd dans l'espace public français où abondent encore les surfaces en déshérence, entre végétation non désirée, carences agronomiques et déchets plastiques débordant des talus. .. Mais l'ancien président de l'association des directeurs territoriaux d'espaces verts Hortis mesure aussi les progrès de solutions végétales de plus en plus diversifiées. La dernière tournée du jury du Conseil des villes et villages fleuris a salué, le 30 août dernier, l'exemple du jardin de la Condamine à Écully (Rhône) où, pour rendre un hommage floral au cèdre vénérable, géraniums, pervenches, euphorbes, fougères et « fleurs des elfes » rivalisent d'élégance dans leur composition circulaire.

Stimulé par les progrès de la conscience écologique et la réduction de l'usage des produits phytosanitaires, le marché des couvre-sols n'a pas pour autant abandonné les bâches. Le jardin public d'Écully ne se gère pas comme les 10 000 ha de dépendances vertes entretenues par Olivier Toulic, le long des 2 000 km d'autoroutes concédées à la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef) : « Dans les zones exiguës, accidentogènes ou autres talus complexes, la bâche biodégradable s'impose », tranche le responsable du paysage et de l'assainissement du concessionnaire, satisfait de ses fournitures biosourcées qui permettent d'accompagner la croissance de ligneux pendant quatre ans, de favoriser la gestion différenciée du couvert végétal et de résister au sel de déneigement. La Sanef recourt aussi aux bâches dans ses aires de pique-nique, et son responsable paysage assure : « Les lambeaux de plastique qui s'envolaient, c'est fini ! » Fournisseur d'exploitants d'infrastructures comme de particuliers par sa marque Plantex, DuPont de Nemours confirme la mutation verte des géotextiles : « Thermoliées et non pas tissées, nos nappes de paillage ne se contentent pas de jouer leur rôle de contrôle des mauvaises herbes et de barrière antiracinaire : la perméabilité à l'air et à l'eau garantit le maintien de la diversité biologique des sols », affirme Carl Festré, directeur marketing. Les développements en cours portent sur l'utilisation de la gamme Plantex Platinium pour lutter contre les plantes invasives, notamment aux abords d'infrastructures. Depuis 2017, une dizaine de sites-tests affinent cette évolution, dans le cadre d'un partenariat conclu pour trois ans avec l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) et la SNCF.


Dans les zones exiguës, accidentogènes ou autres talus complexes, la bâche biodégradable s'impose. - OLIVIER TOULIC, Sanef

Le développement prévisible des centrales solaires, connectées à des transformateurs électriques difficiles d'accès, conduit Du-Pont de Nemours Safety & Construction à renforcer la durée de la résistance de ses nappes aux ultraviolets, avec un objectif d'au moins huit ans.

Alors que les bâches défendent leur position, le marché des paillages minéraux et organiques connaît des turbulences : incapable de suivre la chute des prix occasionnée par l'importation de résidus de carrières, Fabemi abandonnera en 2019 les galets qui enrichissaient son offre dédiée aux jardins. Dans la famille minérale, les produits de niche cherchent le salut par le marketing : sous la houlette de Laure Rochut, créatrice de marques dans l'univers du jardin, Carlac diffuse depuis neuf ans les paillages produits par Carrière des Lacs à Saint-Aubin-des-Landes (Ille-et-Vilaine). Ce spécialiste des paillettes colorées utilisées dans les plaques d'étanchéité des toitures-terrasses a trouvé un nouveau débouché pour les schistes ardoisiers qu'il extrait dans la région de Rennes. Différentes granulométries composent la gamme Carlac, adaptée à des cycles courts, moyens et longs, et destinée à protéger les plantes contre le vent et à réguler l'humidité, grâce à un pH sec. La marque prépare ses premières conquêtes à l'export, « vers le Nord et le Sud », annonce Laure Rochut. Dans le paillage organique, le marché présente des symptômes fébriles : « Le bois se révèle plus rentable en chaufferie qu'au jardin », s'alarme Bernard Corradi, directeur commercial de Fibre verte, qui revendique le leadership du secteur en France, avec 150 000 à 200 000 m3 par an de paillages organiques réalisés à SANDRINE BOUDIER, Géochanvre partir d'écorces de pin maritime pour la grande distribution (80 %) et les collectivités, livrés en vrac. Études de la ville de Paris à l'appui, Bernard Corradi rappelle que le paillage organique coche toutes les cases écologiques : prévention des herbes indésirables, protection thermique, habitat des lombrics, économie d'eau, apport de nutriments. .. Mais ses craintes sur la disponibilité de la matière première s'ajoutent à une alerte récente : le nématode du pin, détecté en Belgique dans des écorces importées du Portugal. Une autre tendance menace la commercialisation du principal produit de paillage organique : les collectivités produisent leur propre couvre-sol avec les broyats récoltés sur les emprises qu'elles entretiennent.


À travers la culture du chanvre, nos [...]

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