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Le plan du SER pour accélérer le développement des énergies renouvelables
Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des Energies Renouvelables. - © CHISCANO@WANADOO.FR 0680258194

Le plan du SER pour accélérer le développement des énergies renouvelables

A.F. |  le 03/10/2018  |  Energies renouvelablesIndustrie

Dans le cadre de la révision de la PPE, le Syndicat des Energies Renouvelables a publié une série de mesures pour rattraper le retard pris par la France dans ce secteur. Le Syndicat souhaite la publication d’un appel d’offres jusqu’en 2024 dans l’éolien en mer posé et flottant.

A quelques jours de la présentation de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), le Syndicat des Energies renouvelables (SER) qui représente 100 000 emplois dans le solaire, l’éolien, le biogaz, la biomasse… a fait part de ses attentes et de ses inquiétudes, lors d’une conférence de presse organisée à Paris le mardi 2 octobre.

La loi de Transition Energétique a fixé comme objectif d’atteindre 32% d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie brute à l’horizon 2030. Fin 2016, la France avait réalisé seulement les deux-tiers de son objectif EnR 2020, avec une part de 16% d’énergie « verte ».

« Que ce soit pour l’électricité et la chaleur, le rythme de développement actuel est insuffisant pour atteindre les objectifs 2023 de la PPE », déplore Jean-Louis Bal, président du SER. Malgré la volonté politique affichée par le gouvernement et l’évolution des progrès technologiques, le verdissement du bouquet énergétique tarde à se mettre en œuvre. A l’horizon 2020, les énergies renouvelables ne devraient couvrir que 19% de la consommation finale, alors que la LTE a fixé la barre à 23%.

Doublement du fonds chaleur

La filière a publié une série de mesures et plusieurs scénarios pour accélérer le développement de chaque énergie. Dans une lettre ouverte envoyée mi-septembre, les promoteurs de la chaleur renouvelable (Amorce, Fedene, Ser, Enerplan…) ont alerté le gouvernement sur le retard pris par la France dans ce secteur, « avec un rythme de croissance trois fois inférieur à celui prévu par la PPE ».

Le SER demande « à minima » un doublement du Fonds chaleur à partir de 2019, ainsi que la publication d’une trajectoire de l’enveloppe allouée annuellement jusqu’en 2023. Piloté par l’Ademe, ce fonds qui a permis de financer 4308 projets de production de chaleur renouvelable (biomasse, géothermie, solaire thermique, réseaux de chaleur…) a vu son budget diminuer en 2017.

« Il y a environ 200 000 tonnes équivalent pétrole (tep) de projets financés par an en moyenne, alors que ce niveau devrait être supérieur à 600 000 tep pour atteindre l’objectif bas 2023 de la PPE », observe le SER. Une étude d’impact de la LTECV prévoyait un renforcement de l’enveloppement de ce dispositif financier, à hauteur de 500 M€ par an, pour atteindre les objectifs de chaleur renouvelable. Ce fonds dispose en moyenne d’une enveloppe de 200 millions d’euros par an.

Un démarrage prudent pour l'éolien flottant


Dans le secteur de l’électricité, le SER se dit « assez confiant » quant aux objectifs qui pourraient figurer dans la prochaine PPE pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque. En revanche, « nous avons des inquiétudes concernant l’éolien en mer posé et flottant », a exprimé Jean-Louis Bal. Les retards pris par les six premiers parcs éoliens en mer, principalement liés à la multiplication des recours, ont pu avoir de lourdes conséquences pour le tissu industriel.

« General Electric a dû mettre au chômage technique une grande partie de son personnel », rappelle Jean-Louis Bal. Après plusieurs mois d’incertitudes, Emmanuel Macron a confirmé en juin dernier que les six premiers champs offshore allaient voir le jour. Les négociations ont toutefois abouti à une baisse de 40% de la subvention publique et une diminution de 30% des tarifs d’achat.

Prix compétitif


Pour apporter une meilleure visibilité à la filière, le SER souhaite qu’un calendrier d’appel d’offres jusqu’en 2024 soit présenté pour l’éolien en mer posé et flottant. De par sa maturité - 16 000 MW installé en Europe – et son prix compétitif lors des appels d’offres européens les plus récents (60 €/MWh), l’éolien en mer est « d’ores et déjà une énergie compétitive », soutient le SER.

Le syndicat propose un objectif de 5 500 MW supplémentaires d’ici 2024, un niveau « cohérent avec le rythme de développement fixé par le gouvernement dans l’actuelle PPE pour les énergies renouvelables les plus matures et compétitives que sont l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque ».

Pour l’éolien flottant le SER préconise un démarrage « prudent » avec le lancement d’un premier appel d’offres de 750 MW, suivi de deux appels d’offres de 1000 MW en 2021 et 2023. Le Syndicat reprend les objectifs fixés par la Bretagne et l’Occitanie qui espèrent développer 1 500 MW d’éolien flottant installés au large de leurs côtes d’ici 2030. La région Sud-Provence Alpes Côte d’Azur cible les 1 000 MW à cet horizon.

"Ouverture de la boîte de Pandore"


Autre point de crispation : la sortie ou non du nucléaire. Annoncé par Nicolat Hulot, l’ex-ministre de la Transition écologique, le report de la réduction à 50% de la part de l’atome dans le mix électrique à l’horizon 2030-2035 va entraîner une révision de la LTE (ndlr : la loi de transition énergétique fixait le cap à 2025). « Nous craignons que ce soit l’ouverture de la boîte de Pandore avec le risque que les objectifs de développement des énergies renouvelables soient revus à la baisse », a exprimé Jean-Louis Bal.


La présentation de la prochaine PPE est attendue fin octobre. La nouvelle feuille de route énergétique va ensuite poursuivre plusieurs étapes de consultation : autorité environnementale, Conseil National de la Transition Ecologique, consultation publique par voie électrique, avis du gouvernement…). Le décret d’application n’est pas attendu avant le printemps prochain.

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