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Le pari de la mutabilité
Développé par l'agence d'architecture Chaix et Morel et Vinci immobilier, l'écoquartier Universeine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) accueillera 6000 lits et 33 000 m² de locaux d'activités durant les Jeux olympiques. Soit 127 000 m² de bâtiments qui seront ensuite transformés en logements. - © KREACTION

Le pari de la mutabilité

Amélie Luquain |  le 01/03/2021  |  France TechniqueRéversibilité

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Mode constructif -

Gage de longévité d'un bâtiment, la réversibilité doit être anticipée dès la conception et lever les freins qui limitent encore son développement.

Face aux défis environnementaux, au manque de foncier et aux changements des usages, concevoir des bâtiments mutables s'impose comme une réponse forte. « Penser réversible, c'est anticiper l'évolution d'un édifice avant même sa réalisation pour alléger au maximum les adaptations et leurs coûts lors de sa transformation dans le futur », pose Patrick Rubin, fondateur de l'atelier Canal Architecture et éditeur de l'ouvrage collégial « Construire réversible », paru en 2017. En pratique, cela suppose de réinterroger ses choix structurels, de matériaux, d'assemblage ou encore de mise en œuvre pour les rendre compatibles avec la réaffectation dont le bâtiment pourrait faire l'objet.

Dès lors, la réversibilité conduit à reconsidérer la géométrie de l'ouvrage et son épaisseur, mais aussi sa trame structurelle liée au système constructif et au positionnement des ouvertures comme des cloisonnements intérieurs. Dans cette optique, le recours aux poteaux-dalles ou poteaux-poutres permet d'offrir de grands plans libres et davantage de flexibilité. Les éléments qu'elle met en jeu doivent en outre être démontables et donc articulés de manière indépendante. L'enveloppe, par exemple, privilégiera les façades légères, pré-assemblées, superposant les différentes couches qui composent l'ossature, l'isolant et les revêtements. Les portances imposées par les charges d'exploitation, de 250 kg/m² dans le tertiaire contre 150 kg/m² en résidentiel, peuvent être revues ce qui induit des économies sur la quantité de matériaux employés.

Volumétrie intérieure à repenser. La volumétrie intérieure doit elle aussi être repensée. La hauteur sous plafond, usuellement de 3,30 m dans les bureaux contre 2,50 m dans les logements, dépend quant à elle du choix d'implantation des réseaux et des fluides. Ces derniers peuvent courir dans le plancher plutôt qu'en sous-face du plafond. Autre point d'attention, les réseaux gravitaires verticaux ne doivent pas être dévoyés et rester accessibles depuis l'extérieur. Côté acoustique, les gaines pourront être isolées avec un minimum de surface exposée, tandis que les équipements de ventilation seront rendus plus silencieux. Et côté aménagement, la mise en œuvre de modules 3D préfabriqués et standardisés peut être envisagée.

Des outils sont en cours de développement pour accompagner les professionnels. Dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt pour étudier les fondements scientifiques de l'économie circulaire appliquée au bâtiment, un projet de recherche lancé par la Fondation bâtiment énergie et coordonné par le CSTB devrait donner lieu, en mars 2021, à la publication de guides. « L'un d'eux portera sur les principes à intégrer dès la phase de conception pour rendre son bâtiment démontable en vue d'un changement d'usage », explique Benjamin Laclau, ingénieur construction et expert en économie circulaire à l'Institut national pour la transition énergétique et environnementale du bâtiment Nobatek/Inef4, l'un des partenaires ayant participé à la rédaction. Ce document définira également des logiques d'organisation, pour chaque phase et chaque acteur. Il introduira aussi la notion de BIM afin d'archiver les données pour mieux préparer tout démontage futur. Autant de conseils qui s'appuient notamment sur les travaux d'Elma Durmisevic, architecte et chercheuse néerlandaise qui s'attelle au développement d'un outil numérique à même de mesurer le potentiel de démontage de chaque élément.

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A Bordeaux Euratlantique, l'EPA travaille avec le promoteur Icade et l'agence d'architecture Cosa à la conception d'un parking silo de 450 places transformable en locaux d'activités. La dalle de béton, qui repose sur des portiques en bois, est démontable. - © COSA
A Bordeaux Euratlantique, l'EPA travaille avec le promoteur Icade et l'agence d'architecture Cosa à la conception d'un parking silo de 450 places transformable en locaux d'activités. La dalle de béton, qui repose sur des portiques en bois, est démontable. 

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