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Le nouveau pré carré d’Hermès à Pantin

MARGOT GUISLAIN |  le 31/01/2014  |  Seine-Saint-DenisFrance entière

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Extension -

La Cité des métiers du célèbre maroquinier est née à la faveur de l’extension de quatre bâtiments. Une opération qui répond aux problématiques urbaines et à la préservation du secret qui entoure la création.

Arriver au centre nerveux d’Hermès à Pantin (Seine-Saint-Denis), c’est aller de surprise en surprise. Après avoir franchi le premier anneau de cette commune populaire, se découvre un centre-ville en pleine métamorphose à la faveur de la création d’une ZAC : construction et rénovation de logements, implantation de commerces, d’espaces publics, de sièges d’entreprises, etc. C’est en son cœur qu’Hermès a bâti sa forteresse, qui occupe aujourd’hui la majeure partie d’un îlot grâce à quatre nouveaux bâtiments en extension de constructions existantes. Pour faire vivre les 1 400 employés qui œuvrent à la conception de ses articles de luxe, c’est une véritable petite ville dans la ville qui a été édifiée, la Cité des métiers Hermès, conçue par l’agence d’architecture RDAI, où sont regroupés des ateliers de confection, des bureaux, deux restaurants d’entreprise, une crèche, une salle de sport, un espace d’exposition temporaire, une réserve muséographique pour les collections anciennes, des parkings souterrains et un dédale de locaux de stockage… Sans oublier cinq jardins thématiques, créés par le paysagiste Louis Benech, qui occupent les vides entre les bâtiments à la façon de squares publics. De quoi vivre en autarcie pendant toute la durée du temps de travail.

Opacité et transparence

Côté rue, l’homogénéité des façades en briques surmontées de toits en zinc participe à la recomposition urbaine du secteur. Homogénéité nuancée par les lignes irrégulières des pans de toiture, les différences de tonalités de la brique, les détails de modénature et le rythme des ouvertures, plus ou moins larges, qui donne aux façades leur effet cinétique, effet que l’on ressent d’ailleurs sans en percevoir les ficelles - une réussite - tant la brique prédomine.
Derrière ce visage homogène où l’opacité règne, secret de création oblige, place à l’éclectisme et la transparence en cœur d’îlot. En 1992, la « Pyramide », le bâtiment originel du site surnommé ainsi en raison de la forme pyramidale de sa verrière, posait les bases d’une hétérogénéité architecturale. Et c’est grâce aux vides ménagés entre les bâtiments, occupés par les jardins, que, vingt ans plus tard, elle va pouvoir se confirmer.
A l’opposé de la Pyramide, le bâtiment principal de l’extension profite d’un recul important pour proposer une façade entièrement vitrée, avec des coursives extérieures, prolongement direct des espaces de travail et balcons sur la Prairie (l’un des jardins).
Deux autres bâtiments, plus modestes par leurs dimensions, abritent, pour l’un la crèche et la salle de fitness ; pour le second, d’autres bureaux. Ils se sont invités dans les interstices laissés par les immeubles de logements existants qui découpent cet îlot de briques et de broc. A la manière de la ville, qui vibre des couches successives de son histoire.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : SGI Auger Hoche ; Ascoreal, assistance à maîtrise d’ouvrage. Maîtrise d’œuvre : RDAI Architecture, architecte mandataire (R. Dumas, D. Montel, N. Karmochkine) ; J. von Sponeck, P. Caltagirone, chefs de projets ; Calq, maître d’œuvre d’exécution ; RDAI, architecte d’intérieur ; L. Benech, paysagiste. Bureaux d’études : AEI (économiste), Alto (fluides, HQE), VP & Green (structure, façade), ACL (éclairage), CIAL (acoustique), Cuisine Concept (cuisiniste). Principales entreprises : Eiffage Construction (entreprise générale), Berthold (charpente), SFB (brique), Goyer (façades, menuiseries extérieures), Antonangelli (couverture). Surface : 28 000 m 2 Shon. Coût des travaux : NC.

Insertion - Une petite cité construite dans la dentelle urbaine

La maison Hermès, qui cherchait à rassembler ses troupes, a racheté peu à peu des parcelles mitoyennes à la sienne et, par un partenariat avec la Semip (Société d’économie mixte d’aménagement de Pantin), a contribué financièrement et conceptuellement à la rénovation du centre-ville. Une voie piétonne a été créée qui dessert le bâtiment d’entrée et une nouvelle place de marché. L’insertion des bâtiments en extension fut un travail de dentelle. Il a fallu s’adosser aux pignons existants, se glisser dans les interstices puis se développer en profondeur d’îlot, composer avec les reculs, les vues et les gabarits autorisés. Les jardins, conçus par Louis Benech selon le goût d’Hermès pour les horizons lointains, tiennent les vides plutôt qu’ils ne les comblent : la Prairie aux allures de savane, le Jardin du Douanier-Rousseau à l’ambiance tropicale, le Carré indopersan et le Verger de la crèche. Perpendiculaires, une marquise en béton et une pergola métallique distribuent le site comme les deux axes principaux, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest) de la cité romaine.

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PHOTO - 773171.BR.jpg - © photos MICHEL DENANCÉ
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PHOTO - 770856.BR.jpg - © RDAI Architecture
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Matériaux - Des façades en brique version « haute couture »

La brique de parement fait écho à la mémoire industrielle de Pantin, a priori contraire à l’image du luxe mais sublimée ici par une mise en œuvre « haute couture ». Choisies chez le fabricant Wienerberger, elles reproduisent l’aspect des briques moulées à la main, avec leur géométrie irrégulière. Assemblées à joint creux, déclinées en trois teintes (brun, gris-rosé et blanc), elles offrent de grandes surfaces bosselées, s’entrecroisent aux angles sans jamais être coupées où que ce soit : la composition des façades est calée sur les dimensions du module. En relief, en creux, vernissées parfois, les briques créent une grande variété d’éléments de modénature. Mais, destinées à un secteur professionnel où la précision de la découpe est un prérequis, elles ont été méticuleusement triées sur le chantier par l’entreprise SFB et celles par trop irrégulières ont été éliminées.

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PHOTO - 770863.BR.jpg - © photos MICHEL DENANCÉ
Programmation - Vivre, bouger, travailler dans la maison Hermès !

En 1999, Anne Lauvergeon, alors présidente de Cogema, donnait le top départ de la création des crèches d’entreprise en France. Depuis, le concept qui permet de concilier plus facilement vie professionnelle et vie familiale a fait des petits. Comme ici celle de quarante berceaux - dont six pour les habitants du quartier - intégrée au programme. Outre le restaurant, qui sert les 1 400 employés, Hermès fournit la culture : physique dans la salle de sport, et artistique dans l’espace d’exposition. Pour les pauses en plein air, quatre jardins d’ambiances différentes ont été dessinés. Tous ces équipements « embarqués » contribuent à améliorer le bien-être des employés et à les fidéliser. Tout bénéfice ! Reste à savoir s’il ne s’agit pas là du retour à une culture d’entreprise paternaliste, héritée du XIX e siècle.

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PHOTO - 773172.BR.jpg - © photos MICHEL DENANCÉ

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