Culture

Le « No City Guide » : visiter une mégalopole depuis chez soi devient possible

Mots clés : Informatique

En alternative aux guides traditionnels, le « Shanghai No City Guide » offre une exploration décalée de la mégalopole asiatique, sous forme d’une compilation numérique de récits urbains. Plus de 700 pages, format PDF ou epub pour iPad, font intervenir une cinquantaine de contributions variées.

Pour leur premier guide virtuel, les éditions « Urbain, trop urbain » ont décidé d’ouvrir les portes des arrière-cours de Shanghai plutôt que celles des musées. A rebours des guides conventionnels, cet outil appréhende la ville « par son dehors » : chantiers, lieux à la limite de l’urbanité, invitant le lecteur à de nouvelles pratiques urbaines, au-delà du rôle de touriste ou de résident. Le choix de la destination s’est naturellement porté vers Shanghai pour ce premier essai. « Contrairement aux villes classiques ou à certaines villes européennes vieillissantes, Shanghai ne se laisse pas connaître ni dominer d’un seul regard », explique Mathieu Duperrex, philosophe et fondateur des éditions aux côtés de Claire Dutrait. « Tout en ayant connu un développement urbain considérable, et qui s’accélère encore, elle se raccroche aussi à des codes connus et est en négociation permanente avec la ville traditionnelle. C’est ce type de villes du XXIe siècle, diffuses, multiples, qui nous intéresse. »

 

Une approche subjective et parcellaire

Les éditeurs sont donc partis à la recherche de contributeurs, la plupart du temps des blogueurs rompus à la flânerie urbaine autant qu’à l’écriture numérique. Suivant des modes de récits variés («lecture urbaine», «écriture urbaine», «signal urbain», «post-it urbain»), chacun propose son approche, forcément parcellaire et subjective, de la ville. On découvre ainsi un portrait des ouvriers de la Skyline, l’histoire du «1933», anciens plus grands abattoirs d’Asie transformés en lieu culturel, la difficile adaptation d’une expatriée, ou une réflexion sur les questions éludées dans les musées d’histoire et d’urbanisme. On y lit encore des poèmes, on y écoute de la musique et des bruits de rue grâce aux supports sonores contenus dans le PDF. On se perd enfin dans la recherche de l’âme de la ville, à travers des photos d’anonymes, et l’on s’amuse, au gré de rencontres relatées par un des auteurs, à démêler les fils de la «nouvelle route de la soie», tissée par les échanges commerciaux entre Shanghai et le reste du monde. L’expertise scientifique de l’ensemble est assurée par Françoise Ged, architecte spécialiste de l’urbanisme chinois. Pour les aspects pratiques, un petit guide récolte des adresses choisies par chaque auteur. Ceux-ci n’hésitent pas à recommander de prendre le bus ou de déambuler à travers n’importe quel supermarché plutôt que de suivre le «tout faire en trois jours» des guides classiques. La géolocalisation des adresses sur le supportepub invite autant à la visite réelle que virtuelle. 2,99 euros pour le PDF et l’application, cela revient en tous cas moins cher qu’un billet d’avion. Ou peut constituer un support malin pour se nourrir d’idées et peaufiner ses méthodes de flâneur, avant ou après son propre voyage. Les prochaines destinations du « No city Guide » ? Istanbul pour 2013, puis Buenos Aires et peut-être La Nouvelle Orléans…

 

Pour en savoir plus ou télécharger le guide: www.shanghai.nocityguide.com

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