Entreprises de BTP

Le mur de Trump ? Ce sera sans Vinci

Mots clés : Entreprise du BTP

Xavier Huillard, PDG de Vinci, a annoncé que son groupe ne participera pas à la construction du mur que Donald Trump veut bâtir à la frontière de son pays avec le Mexique.

Le mur promis par Donald Trump à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique se fera sans Vinci. Xavier Huillard, le PDG du géant français, a annoncé ce mardi que son groupe ne sera pas candidat aux appels d’offres pour la construction du mur.

« Si nous décidons de faire quelque chose qui est susceptible de choquer une majorité de nos salariés, je crois qu’il vaut mieux l’éviter », a tranché Xavier Huillard sur l’antenne de BFM Business. « Il faut que je prenne en compte la réalité de mon entreprise, ma culture, ma manière de faire et la sensibilité, non pas seulement de mes collaborateurs américains, mais au niveau mondial », a-t-il ajouté.  « Pour ces raisons-là, mais ça n’est pas du tout un jugement de valeur à l’égard des États-Unis, nous préférons plutôt ne pas toucher à ce mur […] Parce qu’à un moment, il y a des projets qui sont trop exposés, qui représentent plus qu’un simple mur, qu’une infrastructure ou un bâtiment de génie civil.»

 

Marché colossal

 

Il a également rappelé que Vinci s’appuie sur de nombreuses «parties prenantes» (actionnaires, maire des communes sur lesquelles sont implantés les chantiers, de celles où vivent les salariés, syndicats, ONG …). «Ce genre de sujet, comme le mur, doit être analysé au regard de notre responsabilité globale qui intègre toutes ces parties prenantes.»

Ce projet de mur est l’une des promesses électorales phares de Donald Trump. Le marché serait colossal, son coût étant estimé entre 8 et 40 milliards de dollars. Vinci n’est pas le seul groupe français à prendre ses distances avec ce projet très contesté. Martin Bouygues, questionné sur le sujet lors de la publication des résultats annuels, courant février,  avait mis en avant des critères techniques pour justifier son refus d’y participer : «Il s’agit d’une structure métallique sur laquelle Bouygues n’a pas de compétence particulière», avait-il évacué.

 

LafargeHolcim n’y est pas opposé

 

Au contraire de Bouygues et, désormais, de Vinci, le groupe franco-suisse LafargeHolcim, par la voix de son patron, Eric Olsen, avait fait savoir dans un entretien à l’AFP, le 9 mars dernier, qu’il était prêt à participer au projet. «Nous sommes prêts à fournir nos matériaux de construction pour tous types de projets d’infrastructures aux États-Unis», avait-t-il déclaré. «Nous sommes le premier cimentier aux Etats-Unis (…). Nous sommes ici pour soutenir la construction et le développement du pays.»

Interrogé sur ses craintes éventuelles concernant la réputation du groupe, il s’était défendu: «Nous ne sommes pas une organisation politique.» Des déclarations qui avaient rapidement fait réagir le président François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui avaient tous deux mis en garde le groupe.

Aux Etats-Unis, près de 600 entreprises ont déjà réagi à l’appel d’offres émis par les autorités américaines le 24 février. Le projet se trouve encore dans une première phase, très générale, du processus d’adjudication. Toutes ne sont donc pas encore engagées de façon définitive.

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