Entreprises de BTP

« Le modèle d’Eiffage permet de gérer des projets exceptionnels », Benoît De Ruffray, P-DG du groupe Eiffage [interview]

Mots clés : Entreprise du BTP - Politique des transports

Grand Paris Express, rôle d’aménageur, perspectives du groupe pour 2018… Le P-DG de la major s’exprime pour la première fois.

 

Au sommaire de l’interview :

Le bilan 2017

Le Grand Paris Express

Aménagement et immobilier

Les projets du gouvernement

Les concessions

L’évolution des métiers

Les perspectives

 

Avec 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, en hausse de 6,9 %, Eiffage a enregistré de meilleurs résultats qu’attendus. La crise du BTP est-elle terminée ?

Benoît De Ruffray : L’année 2017 a clairement été celle du retour à la croissance. Nous avons connu un point d’inflexion, toutes nos branches sont en croissance organique. Ainsi, après de nombreuses années de crise, le marché français se porte mieux et la confiance est de retour. Les pays d’Europe dans lesquels nous sommes implantés connaissent aussi un regain d’activité.

 

La croissance est-elle homogène sur l’ensemble du territoire français ?

B.De R. : La dynamique francilienne était longtemps opposée à celle du reste de la France. C’est désormais moins le cas, car les grandes métropoles sont également des moteurs de croissance. Elles se développent avec, à la clé, des projets d’aménagement du territoire et de l’investissement de long terme. Cependant, les territoires ruraux n’en bénéficient pas encore véritablement.

 

L’année 2018 a débuté avec l’attribution du mégalot 16-1 du Grand Paris Express (GPE) à Eiffage, en groupement avec TSO et Razel-Bec. Qu’est-ce qui a fait la différence face à vos concurrents, Vinci et Bouygues, qui s’étaient alliés pour répondre à cet appel d’offres ?

B.De R. : Nous avions ciblé ce lot dès le départ. Nous étions sans doute moins chers que nos concurrents, mais je n’ai pas ces éléments de comparaison. Nous avons présenté une prestation technique pleinement en phase avec ce qu’attendaient le maître d’ouvrage public et sa maîtrise d’œuvre. Nous sommes restés, comme ils le suggéraient, sur des tunneliers à pression de terre car nous sommes convaincus qu’ils sont adaptés.

 

N’est-il pas risqué de porter seul 1,7 milliard d’euros sur le total de 1,84 milliard de ce lot 16-1 ?

B.De R. : Nous avons pris le parti d’avoir le plein leadership. Nous avons l’habitude d’être organisés en mode agile avec des circuits de décision courts et réactifs. C’est ce leadership et ce mode d’organisation compacte qui...

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