Paysage

Le miracle polonais dope les matériels de tonte de Husqvarna

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Matériel - Equipement de chantier

L’usine polonaise de Husqvarna se prépare à assumer la fonction d’atelier mondial pour le rider, au moment où le groupe suédois lance en France et en Allemagne les deux modèles qui célèbrent le 30ème anniversaire de l’invention de ce matériel de tonte autoporté et plus léger que les tracteurs. Un marché porteur et une compétitivité record stimulent la croissance du site de Mielec, ouvert en 2010 à 130 km à l’Est de Cracovie.

Encore vide depuis sa livraison en décembre dernier après huit mois de travaux pour 20 000 m2, le centre logistique accolé à l’usine Husqvarna de Mielec attend la saison creuse pour entrer en rodage. De septembre à mars, quand les commandes tourneront au ralenti, les transporteurs de palettes apprendront à conduire leurs engins sur des tracés conçus pour éviter tous déplacements inutiles, jusqu’aux racks superposés. Ils y rangeront ou y puiseront les pièces des quelque 230 fournisseurs issus du monde entier, notamment de Chine, des Etats-Unis, d’Inde et même de Pologne, livrées par camions dans des créneaux horaires précis pour éviter toute rupture de charge.

 

Déploiement logistique

 

Au printemps 2018 après cette période de rodage, le site qui totalise 45 000 m2 fera le plein de ses effectifs qui varient entre 140 et 600 collaborateurs. Le personnel formé en saison creuse pourra encadrer les intérimaires. Derrière la porte du magasin, l’usine d’assemblage de tondeuses autoportées et à conducteur marchant préparera une nouvelle étape de sa montée en puissance : à la fin 2018, elle détiendra la compétence mondiale pour la production de masse de riders. Le siège suédois ne conservera des ateliers dédiés à ce type de machines que pour le développement de nouveaux modèles.

Cette prochaine étape, dans une montée en puissance continue depuis l’ouverture du site en 2010, comprendra le rapatriement à Mielec des modèles collector du 30ème anniversaire, fabriqués cette année à seulement 1000 exemplaires, dont 500 pour la France et autant pour l’Allemagne. Co-inventeur du rider en 1987 avec son concurrent et compatriote Stiga, le fabricant suédois ne s’est pas contenté de synthétiser les innovations qui ont jalonné les trois dernières décennies, notamment la réduction du rayon de braquage, le relevage du carter en position de service pour favoriser le nettoyage et le stockage. Avec des machines proposées en deux ou quatre roues, il y ajoute le choix entre deux modes : ramassage ou mulching. « Alors que nous promouvons le mulching, l’option ramassage paraît paradoxale, mais elle rassurera les clients », argumente Fabienne Molinuevo, chef de produits roues sur le marché français.

 

 

Course à la qualité

 

Avant même l’introduction de ces nouveaux modèles dans ses lignes d’assemblage de Mielec, les riders occupent la partie la plus robotisée de l’usine, qui produit également des tondeuses à conducteur marchant, y compris, dans les mois à venir, les modèles électriques sans fil. Les tableaux remplis chaque matin, à l’entrée des ateliers, puis analysés au cours d’une réunion d’1/4 d’h par les superviseurs, témoignent du faible écart entre les objectifs de qualité, revus chaque année à la hausse, et les résultats. Comme tous les sites du groupe suédois, l’usine polonaise applique le Lean management, baptisé ici Husqvarna Operating System. L’exigence de qualité passe notamment par le test systématique des machines – 200 000 en 2016, et 300 000 programmées cette année – dans un local construit selon des normes anti-explosion.

 

Compétitivité record

 

Muet sur le chiffre d’affaires de l’usine qui a décroché en 2014 la distinction interne de « l’excellence en amélioration continue », le groupe ne cache pas la satisfaction que lui procure sa montée en puissance, après un investissement initial d’environ 28 millions d’euros en 2010. « Même si les salaires augmentent de 4 à 5 % par an, le coût de main d’œuvre reste très compétitif, avec des rémunérations inférieures à 700 euros pour les ouvriers. D’autre part, le niveau de qualification se révèle tout-à-fait comparable à celui de l’Europe de l’ouest, dans ce bassin d’emploi industriel, où, jusqu’à la chute du mur, l’aéronautique employait 25 000 personnes », explique le directeur danois de l’usine, Jesper Andersen. La proximité de tous les marchés européens et la qualité des dessertes autoroutières s’ajoutent à la compétitivité de la main d’oeuvre. Cet atout géographique concerne notamment la France, un des premiers pays visés par Mielec.

 

Conjoncture ascendante

 

Last but not least, les années à venir suscitent un pronostic d’autant plus positif que la conjoncture française de l’outillage de jardins réamorce un cycle de croissance, reflété en octobre dernier par l’étude annuelle de GfK pour le syndicat de fabricants Secimpac : + 4,3 % entre 2015 et 2016 ; plus 18 % pour les tondeuses autoportées à coupe frontale ; et plus 14 % pour celles de ces machines qui possèdent un rayon de braquage nul. Ces perspectives s’affirment au moment où Husqvarna met en place sa force de vente pour le marché polonais, en s’inspirant de l’équipe française dirigée par Jérôme Le Potier.

 

Focus

Le robot de tonte en phase de décollage

Avec une campagne publicitaire qui se déroulera pendant tout le mois d’avril, Husqvarna entend préserver la longueur d’avance de son « automower » sur le marché français du robot de tonte.

Alors que le marché européen du robot de tonte a progressé de 40 % en 2016, la France reste à la traîne : cette nouvelle génération d’outils occupe 6,8 % de la coupe d’herbe, au lieu de 8 % en Allemagne, 18 % en Belgique et 40 % en Suisse. « Nous n’observons toujours pas la progression logarithmique de la Suède, et nous constatons que la croissance du marché se poursuit même dans les pays les plus équipés », constate Olivier Le Treste, directeur commercial de la marque suédoise pour l’Europe de l’Ouest et le bassin méditerranéen. Le site britannique d’Aycliffe concentre la fabrication de l’automower.

Floraison de shop in the shop

Convaincu que la France rejoindra les grands marchés européens du jardinage, Husqvarna met les moyens pour accélérer le mouvement et préserver son avance. A la campagne sur les chaînes hertziennes qui cible les catégories socio-professionnelle supérieures dans une tranche d’âge de 35 à 55 ans, s’ajoute une panoplie de moyens de communications : mailing adressé à cinq millions de personnes ; campagne interactive qui mobilise 200 « ambassadeurs » par internet ; regroupement des forums privés dans le site dédié… Husqvarna attend beaucoup des shop in the shop proposés aux motoristes qui vendent ses produits : 90 modules de 10 m2 vont s’ajouter cette année aux espaces de 20 m2 testés avec succès en 2016. « Toute la chaîne doit y croire », insiste Olivier Le Treste.

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