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Le microécoquartier ne manque pas de sel
PHOTO - 13503_822417_k2_k1_1935428.jpg - © STÉPHAPHANE CHALMEAU

Le microécoquartier ne manque pas de sel

Fabrice d'Orso |  le 15/06/2018  |  LogementRéalisationsAménagementEnvironnementLoire-Atlantique

Près de Guérande, des bâtiments proposent une alternative écologique aux lotissements qui grignotent les terres agricoles.

Vus du ciel, les 227 m2 de panneaux photovoltaïques coiffant Etoile Noire et Satellite, les bâtiments principaux du microécoquartier construit en deux tranches (en 2012 puis en 2016), sur les coteaux du village de Queniquen (Loire-Atlantique), ne sont pas sans évoquer la géométrie des marais salants qui façonnent depuis des siècles la péninsule guérandaise. « Ce n'est pas vraiment un hasard, assure Dominique Chedemois, maître d'ouvrage du projet. Le soleil, qui contribue à l'autonomie énergétique des logements, a permis aux ancêtres de mon épouse d'exploiter ici même le sel pendant des générations. Ce lien avec le patrimoine culturel de la région est au cœur de notre réflexion familiale. Nous disposions d'un terrain ainsi que de compétences, avec ma fille Angélique, architecte, et mon fils, Jean-Gabriel, artisan menuisier-charpentier. Alors que la région est soumise à une forte pression immobilière, nous avons voulu innover ensemble en créant ce microquartier écologique. »

« Des logements qui s'adressent à tout le monde ». Etoile Noire, véritable ovni de bois sombre en terre guérandaise, propose donc une alternative aux maisons individuelles et aux lotissements sans âme qui colonisent les terres agricoles. « Nous voulions prouver qu'il est possible de concevoir ici, en milieu rural, des logements vertueux, agréables à vivre et dont l'usage est simple, explique Angélique Chedemois. Des logements qui ne s'adressent pas forcément à des écologistes convaincus, mais à tout le monde. »

Pour l'un de ses premiers projets menés à titre individuel, la jeune architecte disposait de quelques atouts : un terrain parfaitement orienté et un bâtiment existant étonnamment compact. L'imposant hangar, qui abritait autrefois les brebis du grand-père et témoigne de la double activité des paludiers-paysans d'antan, a donc été réhabilité.

« Je me suis battue pour conserver cet édifice que l'architecte des bâtiments de France ne trouvait pas à l'échelle du paysage, assure Angélique Chedemois.

C'est justement ce volume et cette compacité qui m'ont inspirée pour concevoir quatre duplex et un local partagé de 40 m2. Pour affirmer la silhouette particulière de l'édifice, j'ai opté pour un bardage en mélèze et une teinte noir mat.

Elle tranche avec la blancheur des constructions de béton voisines et rappelle les salorges, ces greniers à sel qui parsèment le territoire de la presqu'île. »

D'un noir mat, les bâtiments rappellent les salorges, ces greniers à sel traditionnels.

Architecture sobre et élégante. Construit quatre ans plus tard grâce au rachat d'un terrain mitoyen, Satellite s'habille du même noir pour proposer quatre duplex supplémentaires (un T2, deux T4 et un T5). Les deux édifices partagent une écriture architecturale sobre et élégante. Les ouvertures sont traitées dans le calepinage des façades réalisées en ossature bois. Assimilées à des couvre-joints, les descentes d'eau de pluie sont quasi invisibles.

Côté équipements, l'approche est volontairement frugale. Sans céder à la tentation technologique, les Chedemois ont en effet misé sur des solutions adaptées au site, maîtrisées par les entreprises locales et n'induisant pas de surcoûts pour les futurs occupants : planchers mixtes bois/béton, chauffage par poêle, production d'eau chaude par ballon thermo dynamique et panneaux photovoltaïques faisant office de toiture.

Le soin tout particulier porté à l'étanchéité permet d'obtenir d'excellentes performances énergétiques. Ainsi, Giovanni, locataire d'un T4 de 82 m2 en duplex, n'utilise que 15 sacs de pellets pour se chauffer à l'année, ce qui représente environ 80 euros.

Maîtrise d'ouvrage : SCI Rigouic. Maîtrise d'œuvre : Angélique Chedemois, architecte. BET : Ingeligno (structure bois), Airéo Energies (thermique, fluides), Campo Paysage (paysagiste).

Principales entreprises : Guiheneuf-Chedemois (menuiserie-charpente), Airsol (photovoltaïque et poêles à pellets), Bertho (couverture). Surface : 662 m2 Shab. Coût des travaux : 1,16 M€ HT.

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