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« Le métier d’acheteur public va encore évoluer », Jean-Marie Héron, président de l’Association des acheteurs des collectivités territoriales (AACT)
Jean-Marie Héron, président de l'AACT - © ©

« Le métier d’acheteur public va encore évoluer », Jean-Marie Héron, président de l’Association des acheteurs des collectivités territoriales (AACT)

Propos recueillis par Elodie Cloâtre |  le 13/06/2012  |  Collectivités localesEuropeRéglementation

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Pour la 18ème conférence annuelle de l’Association des acheteurs des collectivités territoriales (AACT) qui s'ouvre le 13 juin, Jean-Marie Héron, son président, a concocté un copieux menu autour de l'organisation de la commande publique, la négociation avec, en plat de résistance, la modernisation des marchés publics.

Pour votre conférence annuelle, vous avez invité Elena-Loredana Puiu, représentante de la Commission européenne. Pourquoi ?

Cette année, nous privilégions l’aspect européen de la commande publique en invitant Elena-Loredana Puiu, membre de la direction "politique des marchés publics" de la Commission européenne, qui fera le point sur les travaux en cours à Bruxelles. Ce sera pour nous l’occasion d’expliquer aux adhérents la façon dont nous voyons évoluer les marchés publics dans les dix ans à venir, avec la modernisation des directives européennes, leur transposition en droit français et donc la refonte du Code des marchés publics…

Comment appréhendez-vous la modernisation des directives marchés publics ?

Concernant la modernisation des directives marchés publics, nous sommes confiants  car nous participons activement aux discussions à Bruxelles. Nous voyons émerger une harmonisation des pratiques et il est très intéressant de voir comment s’y prend la Commission pour travailler en concertation avec les différents pays de l’Union européenne. Par exemple, au niveau de la place de la négociation dans la commande publique (qui est l’un des thèmes centraux de la modernisation des directives), les méthodes sont différentes entre les pays anglo-saxons et les pays latins. Dans le premier cas, la négociation porte sur l’aspect technique, esthétique de l’offre, ainsi que sur le savoir-faire, la méthodologie, avant de s’intéresser le cas échéant au prix. Dans le deuxième cas, la négociation porte sur le prix et beaucoup trop souvent uniquement sur le prix, ce qui s’appelle du marchandage. Il faut redéfinir les règles de façon précise afin d’harmoniser les pratiques.

 

L’optimisation de l’achat public reste un objectif majeur. Quels leviers avez-vous identifiés ?

L’année dernière, nous avons soumis un questionnaire à nos adhérents afin de connaître les différents centres d’intérêt des acheteurs ainsi que les sujets qui soulèvent le plus d’interrogations. Cette action a été menée en partenariat avec le réseau des acheteurs écoresponsables (RAE). Nous faisons aujourd’hui une synthèse de ces différents travaux, avec au menu notamment la négociation et l’achat de véhicules propres. Cela nous semble très intéressant de pouvoir avoir un retour sur ces sujets centraux.

Il est nécessaire de redéfinir des règles précises en matière de réglementation de la commande publique sur l’ensemble des fondamentaux que sont la définition du besoin, la mise en concurrence, la publicité, les marchés passés sans formalités préalables, l’allotissement, l’offre anormalement basse…

Le métier d’acheteur évolue et est amené à se professionnaliser. Pour rester sur le thème de la négociation par exemple, il est primordial d’avoir une bonne formation pour aborder les points clefs d’une négociation réussie.

Constatez-vous déjà l’impact des difficultés de financement des collectivités territoriales ?

Oui. Le problème vient des banques qui n'acceptent plus de prêter aux collectivités territoriales. Les offres de prêt qui nous sont faites sont inacceptables !

Nous multiplions les dossiers de subventions auprès des différents organismes tels que l'Ademe, les syndicats, l'Europe... afin de trouver d'autres solutions. Mais lorsque nous ne trouvons pas de source de financement, nous sommes obligés de revoir les budgets d'investissements.

A moyen terme, quels seront les grands chantiers de l'achat public ?

Depuis maintenant dix ans, des évolutions se dessinent comme la possibilité de déposer ses attestations en matière de marchés publics dans un coffre-fort électronique. Cette idée fait son chemin et va se concrétiser. Quelle avancée pour les entreprises qui déposeront une fois pour toutes un certain nombre de déclarations et informations destinées aux administrations !

Autre enjeu majeur pour les années à venir, faire des achats durables et mettre en place une politique éco-responsable…

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