En direct

Le Mans Concertation autour du tramway

BLANDINE DAHERON-LAGNEAU |  le 14/12/2001  |  TransportsCollectivités localesBas-RhinHauts-de-SeineIlle-et-Vilaine

Bien avant l'enquête publique, programmée en 2002, la communauté urbaine du Mans et la ville du Mans ont lancé auprès des habitants une concertation préalable approfondie sur le projet de « tram plus bus ». Retour d'expérience.

Au pays des Vingt-Quatre Heures du Mans et des usines Renault, la culture locale est imprégnée par l'automobile, dont l'usage pour les déplacements ne cesse de croître : + 3,4 % par an. Proposer dans cette ville la construction d'une ligne de tramway de 14,2 km semblait donc relever du défi, d'autant que les vieux Manceaux, qui gardaient en mémoire l'ancien trolley, se montraient fort sceptiques.

Le tram est en projet depuis les années 1996-1997. Alors qu'il était président de la communauté urbaine, Jean-Claude Boulard, aujourd'hui maire du Mans, lance la concertation sur le thème de « l'amélioration des transports publics : tramway + bus ». Il s'agit, bien sûr, de consulter les habitants, mais aussi de promouvoir les transports en commun.

Lancée en 1999, cette démarche de « concertation préalable », au sens strict, est aujourd'hui achevée. D'abord suivie par une consultante externe, elle a nécessité, en décembre 1999, le recrutement d'un chargé de la communication et de la concertation au sein de la mission « tramway ».

Arnaud Laviolette (DESS de sciences politiques) explique comment le projet s'est affiné à mesure qu'il avançait dans les esprits : « Lors des premières rencontres publiques, en janvier et février 2000, les opposants refusaient le tram. Le déblocage a eu lieu en mars-avril, grâce aux images de synthèse qui ont conquis le public et facilité le lien avec les aménageurs. La population s'est motivée pour le projet ; l'idée d'un tram au Mans avait fait son chemin. » Pendant toute l'année 2000, le quotidien d'Arnaud Laviolette a été rythmé par les actions de communication, la préparation des réunions et l'accueil du public. Une bonne préparation au suivi du dossier qu'il assumera également pendant les travaux.

Pour mener à bien cette concertation, la communauté urbaine a utilisé une large palette d'outils. Une charte graphique, animée par un oiseau imaginaire, le « Tramoizeau », a été conçue par des graphistes rouennais, de l'agence C comme C.

Dépliants de huit pages

Des dépliants de huit pages titrés « Le Mans, le tram, toute la ville avance » ont été édités à 5 000 exemplaires et distribués dans les boîtes aux lettres des quartiers concernés. Neuf numéros ont été publiés, pour huit réunions publiques. Un carton d'invitation à une « réunion d'information et de concertation sur la future desserte du quartier, afin de recueillir les avis et de présenter le projet », précédait chaque rencontre. Toutes organisées à peu près sur le même principe : après l'intervention d'un élu, une vidéo présentant les trams de Nantes et de Strasbourg introduisait le débat ; les réunions étaient animées par Christian Coulombier, le chef de projet, parfois assisté du bureau d'études Sodeteg, en charge des avant-projets.

Jeu des questions-réponses

Les participants, environ 300 personnes, pouvaient ensuite se livrer au jeu des questions/réponses avec les techniciens. Christine Grouhel, membre de l'association de cyclistes Cyclamaine, a apprécié la méthode, ainsi que la création d'un comité de suivi élargi : « Tous les acteurs y étaient représentés, associations, élus, commerçants, taxis, usagers, personnes à mobilité réduite. Les réunions publiques, très suivies, ont fait évoluer certaines décisions. Mais les piétons restent les grands absents du débat. »

Puis, pendant deux jours, une exposition et une permanence ont été proposées au public du quartier. « Si c'était à refaire, nous proposerions ces permanences le soir pour que les personnes qui travaillent puissent avoir accès à l'information, reconnaît Arnaud Laviolette. De même, les affichettes distribuées aux commerçants, non utilisées, ont sans doute représenté une dépense inutile. » Ainsi soigneusement préparée, l'enquête publique devrait être lancée au second semestre 2002. La concertation préalable aura coûté, salaires compris, 240 000 euros. A rapprocher du coût estimé de l'aménagement : 210 millions d'euros.

Contact : communauté urbaine du Mans, mission « tramway », tél. : 02.43.47.37.36.

Le coût de la concertation

Edition de 41 images virtuelles (Artefacto, Rennes) : 65 000 francs.

Charte graphique (C comme C, Rouen) : 100 000 francs.

Création d'un film vidéo (Her Bak, Nantes) : 110 000 francs.

Cartographie (plans, documents de quartiers, panneaux d'exposition, affichettes, cartons d'invitation ; agence Atwo, Le Mans) : 300 000 francs.

Consultante externe (six mois) : 268 000 francs.

Création d'un poste à plein temps (coût pour les deux premières années) : 540 000 francs.

TOTAL : 1,6 million de francs, soit 240 000 euros.

DESSIN : Des images de synthèses du tramway dans la ville - ci-contre, le parvis de la gare et la place de la République - ont été présentées lors des réunions publiques d'information à partir du printemps 2000. L'outil a séduit. Ces documents, non contractuels, ont permis d'éveiller l'imagination et de concrétiser un peu le projet. Désormais, les Manceaux attendent leur tramway en 2006 .

Pour l'université, des études techniques

Une dizaine de réunions et deux déplacements, à Nantes (mai 2000) puis sur le campus de La Doua à Lyon (avril 2001), ont animé la concertation autour de ce quartier. La démarche a été longue, car il faut tenir compte des impacts du passage du tram sur les installations universitaires (laboratoires...). Pour mieux connaître ces contraintes (rayonnement du champ électromagnétique, bruit et vibration), l'université mène actuellement une étude de faisabilité technique, avec l'aide du bureau d'études Codra (Hauts-de-Seine).

« Depuis juillet 2000, les discussions ont fait progresser la réflexion sur tous les aspects de l'arrivée du tram sur le site universitaire, accorde Maurice Henry, vice-président de l'université du Maine. Christian Coulombier, chef du projet, nous a présenté trois solutions possibles de desserte de l'université. Nous avons proposé un quatrième projet, non retenu. L'écoute a été réelle, et le trajet choisi nous convient : situé entre deux ronds-points stratégiques, il relie le sud au nord, dessert la bibliothèque universitaire ouverte à tous ; il permettra de créer une belle perspective et de renforcer les relations entre la ville et son université. Nous ferons des propositions en ce sens. »

Station de Saint-Martin-de-Pontlieue Un réaménagement complet du projet initial

La mission « tramway » a ici entièrement réécrit sa copie. Si le trajet du tramway convenait aux habitants, en revanche le plan de déplacement des bus a soulevé une forte opposition. Point clé de la desserte des quartiers sud et sud-ouest de l'agglomération, ce secteur doit faciliter les échanges de quai à quai bus/tramway et se situe à la séparation de la ligne de tram en deux branches, vers le sud et l'est.

Les études ont tenu compte des observations faites lors de la réunion publique de février 2000 (complications de circulation, mauvaise solution pour les manoeuvres des bus). Ainsi, les échanges seront organisés autour d'un carrefour giratoire, et le remblai sera abaissé pour raccorder les avenues entre elles. Les mouvements piétons s'effectueront à l'écart de la circulation automobile, et les bus emprunteront le giratoire pour faire demi-tour. Enfin, une piste cyclable sera aménagée. Une dernière réunion publique, en juin 2001, a présenté le projet modifié.

PLANS : Avant et après la concertation

%%GALLERIE_PHOTO:0%%

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Livre

Prix : 98.00 €

Auteur : Groupe Moniteur

Voir

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur