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Le logement français se place de nouveau dans le viseur des grands investisseurs
Les investisseurs institutionnels font leur grand retour dans le logement français. - © Pictures news - stock.adobe.com
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Le logement français se place de nouveau dans le viseur des grands investisseurs

S.V., avec AFP |  le 22/02/2019  |  Immobilier résidentielLogementHLMOrganisme HLMPromoteurs immobiliers

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Longtemps délaissé par les grands investisseurs, l'immobilier résidentiel gagne à nouveau les faveurs des mutuelles et autres investisseurs institutionnels. Une aubaine, alors que le marché du logement neuf connaît un ralentissement. 

Délaissé depuis longtemps par les grands investisseurs qui le jugeaient peu rentable et risqué en matière d'image, le logement français attire de nouveaux assureurs et fonds. Ces derniers apportent désormais des financements bienvenus alors que l'immobilier neuf marque globalement le pas.

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« On en a beaucoup qui frappent à la porte », soulignait début février Edouard Denis, président du promoteur du même nom, lors d'une conférence de presse. « Il y a une volonté de remettre le résidentiel dans leurs investissements: cette année, ça va prendre de l'ampleur. »

Et son constat est partagé par d'autres promoteurs, parmi lesquels sa maison-mère, le géant immobilier Nexity, et son concurrent Kaufman & Broad qui constataient récemment, à l'occasion de leurs résultats pour 2018, le regain d'appétit des investisseurs dits institutionnels.

Part mineure du marché

Certes, ce phénomène ne représente qu'une petite part du marché du logement : celui-ci est largement dominé par les particuliers, qui sont propriétaires de leur résidence ou qui achètent pour louer. Généralisé dans l'ancien, ce cas de figure est fréquent dans le neuf où les promoteurs réalisent la majeure partie de leurs ventes « au détail », c'est-à-dire logement par logement. Ils font quand même une part conséquente de leurs opérations « en bloc », en vendant des immeubles entiers, mais cela se résume largement aux organismes HLM.

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Or les investissements baissent chez les particuliers comme les bailleurs sociaux, selon les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) pour les neuf premiers mois de 2018. Dans le cas des particuliers, la Fédération met en cause la réduction d'aides fiscales, notamment le dispositif Pinel. Dans celui des bailleurs sociaux, elle évoque, plus prudemment, les économies budgétaires demandées par le gouvernement au monde HLM.

Dans ce contexte qui souligne la sensibilité du secteur aux politiques publiques, le retour des grands investisseurs apporte un peu d'air venu du privé, alors que celui-ci était massivement sorti du logement dans les années 1990. Désormais, « il y a une réelle demande, extrêmement importante », a indiqué à l'AFP Chrystèle Villotte, spécialiste du logement au sein du cabinet immobilier Cushman & Wakefield. Et de poursuivre : « On devrait finir l'année 2018 autour de 4 ou 5 milliards euros investis dans la poche résidentielle en France: plus que le commerce et la logistique. […] Pendant très longtemps, avant 2016, on était aux alentours d'un milliard annuel."

Logements de la SNCF

Si le chiffre de 2018 a été gonflé par une vente massive, celle d'un portefeuille de 1,4 milliard d'euros de logements par la SNCF, Chrystèle Villotte juge que le total des investissements se maintiendra cette année. « On a vraiment une pluralité d'acteurs: les assureurs de tout temps ont été friands de résidentiel, mais on a maintenant les fonds français et étrangers », poursuit-elle, citant l'écossais Aberdeen.

Elle évoque plusieurs explications: l'essor des résidences étudiantes ou seniors, ainsi que le projet du Grand Paris qui promet d'accroître l'attrait de multiples localités autour de la capitale. Surtout, « le résidentiel, en termes de rentabilité, a l'une des meilleures performances par rapport aux bureaux ou au commerce », souligne Chrystèle Villotte.

Cela n'a pas toujours été le cas: les investisseurs s'étaient massivement détournés vers les bureaux, où les loyers ont longtemps été très intéressants par rapport aux prix d'acquisition. Au fur et à mesure que ces derniers progressent, l'écart perd en intérêt. Plus largement, la spécialiste du logement de Cushman & Wakefield évoque une volonté de se tourner vers des actifs moins sensibles à la conjoncture économique qu'aux évolutions démographiques de long terme, donc plus prometteurs à terme.

Nouvel intérêt des mutuelles françaises

« Les grands internationaux se disent "la démographie française des grandes villes est intéressante" », a renchéri auprès de l'AFP Vincent Mahé, secrétaire général de CDC Habitat. « Ils veulent une exposition au marché français. » La filiale immobilière de la Caisse des Dépôts, bras financier de l'Etat, joue un rôle important dans le mouvement en servant d'intermédiaire ou d'investisseur dans plusieurs opérations, dont celle de la SNCF.

Selon Vincent Mahé, qui évoque aussi l'intérêt nouveau de mutuelles françaises, le rôle d'un intermédiaire est essentiel: il s'agit notamment de rassurer des acteurs longtemps échaudés. « Les investisseurs institutionnels français sont parfois inquiets à l'idée de redevenir des bailleurs parce que la loi est très protectrice pour le locataire (et) parce qu'il y a toujours un risque d'image », a-t-il noté.

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