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Le Grenelle de l’Environnement, une chance pour le secteur de la construction
PHOTO - HOR Chemiller.eps - © BRUNO LEVY/LE MONITEUR

Le Grenelle de l’Environnement, une chance pour le secteur de la construction

P. C. |  le 24/01/2008  |  SantéEnergieEntreprisesRéglementationTechnique

Pierre Chemillier, président de Qualibat

Le Grenelle de l’Environnement est un événement majeur car il marque un tournant dans la perception qu’a l’opinion publique de la nécessité d’agir en urgence pour économiser l’énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Jusqu’à présent, cette nécessité n’était perçue que par les spécialistes et aucun programme d’actions à la hauteur des enjeux n’avait été arrêté. Des décisions importantes ont été prises, des objectifs ont été fixés, une volonté politique s’est exprimée. Il reste maintenant à ne pas décevoir et à mettre en place les moyens permettant d’atteindre ces objectifs. La construction est directement concernée par ces questions environnementales et le Grenelle de l’Environnement est une chance pour tous les acteurs de ce secteur, qu’il s’agisse des maîtres d’ouvrage, des architectes, des ingénieurs, des entrepreneurs, des fabricants de produits, car de vastes perspectives de travaux s’offrent à eux.

S’adapter aux conditions dechaque projet. Les entreprises de construction, notamment de bâtiment, auront un rôle central à jouer puisque ce sont elles qui exécuteront les travaux, qu’il s’agisse d’améliorer les constructions existantes ou de réaliser de nouvelles constructions. A cet égard, un point mérite d’être souligné. Certes les produits fabriqués par l’industrie ont fait de gros progrès et continueront à en faire. Ils seront le plus souvent certifiés. Mais ceci n’enlève rien au rôle spécifique de l’entreprise : c’est elle, en effet, qui fabrique les ouvrages (les murs, les toitures, les installations, etc.) et qui en assume la responsabilité. On ne saurait limiter son rôle à une fonction de poseur des produits. Elle doit être capable de s’adapter aux conditions toujours nouvelles de chaque projet, aux aléas de chaque chantier. Cette capacité d’adaptation, de compréhension des problèmes et d’adoption de solutions en temps réel est un élément de la compétence, du professionnalisme de l’entreprise. Et il est évident que cet élément prendra une importance particulière quand il s’agira de mettre en œuvre les techniques visant à réduire les consommations d’énergie dans un bâtiment et à faire appel à des énergies renouvelables, et tout particulièrement, lorsque les travaux concerneront des bâtiments existants.

Plus que jamais, nous avons besoin d’entreprises ayant une très bonne maîtrise de leur métier. Mais les métiers, eux-mêmes, vont évoluer. Les entreprises ne devront pas se cantonner dans leur spécialité. Elles devront, dans de nombreux cas, pouvoir offrir à leurs clients une offre globale, associant d’autres spécialités, car les économies d’énergie mettent en jeu de nombreux facteurs et vont au-delà du découpage traditionnel en corps de métier. En outre, les entreprises devront être capables de conseiller leurs clients, lorsqu’il n’y aura pas de maître d’œuvre, sur le choix de la solution la mieux adaptée à leur cas. Et ce rôle de conseil devra s’étendre à une bonne utilisation des installations réalisées. Il faudrait même que l’entreprise, si c’est la solution proposée par elle qui a été adoptée par le client et si l’utilisation des installations respecte les conditions fixées, puisse s’engager sur les résultats en termes de consommation d’énergie.

Une tierce partie, neutreet compétente. Nous sommes dans un domaine complexe techniquement en pleine évolution et où, par conséquent, le risque d’erreurs et de contre-performances est grand. Pour la crédibilité du Grenelle de l’Environnement, ce risque ne peut pas être pris. Il est donc essentiel que la capacité d’une entreprise à remplir ses obligations soit attestée par une tierce partie, neutre et compétente, donc crédible, sur la base d’un examen détaillé des moyens et des références de l’entreprise, de ses actions en matière de formation de son personnel et de contrôles appropriés permettant de vérifier que la réalité correspond bien à ce qui est annoncé. C’est la mission même donnée aux organismes de qualification comme Qualibat.

Le laxisme en la matière conduirait à des déceptions quant aux résultats obtenus et, par voie de conséquence, à l’abandon des techniques concernées dont on attend pourtant une forte réduction des consommations d’énergie et une réduction des émissions de gaz à effet de serre, ceci dans des délais brefs, si l’on en croit les chiffres et les échéanciers annoncés. L’affaire est donc sérieuse et la démarche doit se fonder sur des bases, offrant le maximum de garanties de succès.

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