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Le grand port maritime de Marseille valorise son foncier
La darse des bassins ouest du Grand port maritime de Marseille. - © Port de Marseille Fos/Chaminas Laure www.marseille-port.fr

Le grand port maritime de Marseille valorise son foncier

Christiane Wanaverbecq (Bureau de Marseille du Moniteur) |  le 24/01/2018  |  TransportArchitectureBâtimentBouches-du-RhôneERP

Le 23 janvier à Marseille et le 24 janvier à Paris, le grand port maritime de Marseille a présenté le bilan de son activité et ses perspectives de développement. Elles consistent notamment à valoriser son foncier.

Le Grand port maritime de Marseille (GPMM) maintient le cap de la modernisation. Tel a été le message de Jean-Marc Forneri, président du conseil de surveillance, et Christine Cabau-Woehrel, présidente du directoire, lors de la présentation du bilan de l’activité et des perspectives de développement pour 2018, ce 23 janvier à Marseille. Un exercice que tous deux ont renouvelé mercredi 24 janvier à Paris. Le GPMM est en effet engagé dans une politique offensive de communication pour montrer que les efforts paient : « Le GPMM est devenu un port fiable », a déclaré Jean-Marc Forneri.

Projet stratégique

L'activité du premier port français est restée stable en 2017 avec 81 millions de tonnes. Les vents portants qui ont continué à souffler sur le trafic des conteneurs (+10%) ont compensé le recul de la filière hydrocarbures. Hors produits pétroliers, le résultat du GPMM progresse même de +8%. Cette croissance booste le chiffre d’affaires en hausse de 7,3% à 160 millions d’euros. « La baisse des hydrocarbures est liée à l’arrêt de l’importation de volumes de brut par la raffinerie de la Mède », a précisé Christine Cabau-Woehrel. Et la dirigeante de souligner la progression de l’activité conteneurs, « deux fois plus forte que le moyenne des ports européens (+10%) ». Un résultat « encourageant », selon elle, qui couronne « le succès de la stratégie de diversification engagée par le port phocéen en 2014 ».

L’année 2018 sera consacrée à l’élaboration du prochain projet stratégique pour la période 2019-2023 avec comme fil rouge le développement durable et la croissance des trafics de conteneurs. « Nous entrons également dans une phase où le GPMM va faire des efforts dans sa politique commerciale et sa politique d’aménagement foncier », a rappelé le président du conseil de surveillance.

Valorisation du foncier

La stratégie vise en effet à valoriser le foncier sous-exploité. Le GPMM lancera dans les prochains mois une consultation de maîtrise d’œuvre pour confier à un urbaniste une étude sur la recomposition des 400 ha des bassins Est marseillais. « Le tout industrie est terminé. Nous avons besoin d’une vision à même de combiner vocation industrielle et développement de nouvelles activités en liaison avec la ville », explique Jean-Marc Forneri. Et le dirigeant de mettre en avant l’exemple des Terrasses du Port. Ce centre commercial développé par Hammerson (233 000 m2 de SP) est ancré dans le domaine portuaire. Mais son rez-de-chaussée abrite des zones d’embarquement des voyageurs. « Cette mixité est un symbole. Nous ne pourrons pas nous contenter d'une succession de marinas comme certains nous le préconisent », lâche Jean-Marc Forneri.

Une charte pour traiter la capillarité ville-port

L’enjeu de la capillarité ville-port figure en toile de fond de la charte signée en 2O13 par la ville de Marseille, le GPMM et l’Etablissement public d’aménagement Euroméditerranée. Cinq ans plus tard, ce partenariat devrait prendre une nouvelle dimension institutionnelle en associant la Métropole Aix-Marseille-Provence. Preuve du souffle consensuel qui souffle sur les quais, « l’EPAEM sera étroitement associé à la consultation d’urbanisme lancée par le port cette année. Et la mairie participera au jury de l’appel à projet du J1 », indique Jean-Marc Forneri.

Sans attendre la définition de ce master plan, le GPMM traque les moindres opportunités. Il va lancer un appel à manifestation d’intérêt pour céder des droits à construire sur 1,4 hectare dans les bassins est à l’Estaque. Cette politique de valorisation foncière a un autre objectif : « Quand nous créons de la surface logistique et des entrepôts, cela a un impact sur les volumes », rappelle Christine Cabau-Woehrel.

80 millions d’euros d’investissements

Le GPMM prévoit d’investir plus de 80 millions d’euros en 2018 contre 48 millions en 2017. Cette enveloppe va notamment servir à combler la rotule qui sépare deux quais du terminal de Fos-sur-Mer. Trente millions seront nécessaires pour aménager un nouveau quai sur une longueur d’environ 243 mètres (pour 17 m de haut) dans le prolongement des deux quais existants afin d’assurer la liaison avec le terminal Fos 2XL. L’opération impliquera également la création d’un terre-plein en arrière du nouvel ouvrage (sur 2 ha). Les travaux devraient démarrer au premier semestre, pour une durée de deux ans.

Le port poursuivra par ailleurs les travaux de remise en état des infrastructures ferroviaires dans les bassins Est et ouest. L’objectif de GPMM est en effet de charger des trains complets en arrière des terminaux.

Autre projet phare piloté par l’agence Arep Architectes : la construction d'un nouveau terminal international des croisières au Cap Janet (1 800 m2), sur l’emprise des bassins Est (devis : 12 M€). Le GPMM vient de confier à la société Razel Bec (groupe Fayat) la construction du pont de 170 m qui permettra aux navires desservant la future gare maritime de se croiser sans encombre.

Nouveau terminal à Cap Janet

Les travaux, dont le montant s’élève à 1,7 million d’euros, devraient se terminer au mois de mai 2018 pour une mise en service cet été. En 2020, sera ainsi opérationnel un terminal unique qui accueillera la totalité du trafic passager entre la France et le Maghreb, aujourd’hui opéré à la fois au Cap Janet (Maroc et Tunisie) et à la Joliette (Algérie). Cela permettra de libérer l’espace du môle J2, situé entre le hangar maritime J1 et la cathédrale de la Major à Marseille. Le GPMM espère valoriser cette emprise de plusieurs hectares dans le sillage de la reconversion du J1 qui fait actuellement l’objet d’un appel à projets. Huit groupements associant stars de l’architecture (Norman Foster, Jean-Michel Wilmotte, etc.), promoteurs-constructeurs et investisseurs viennent de remettre leur offre. Elles seront examinées en juin par un jury qui retiendra quatre candidats avant le choix du lauréat fin 2018.

Les chiffres de la logistique

En 2O17, 55 hectares de surfaces logistiques et entrepôts ont été développés et commercialisés. Début 2O18, XPO Logistics va mettre en service un entrepôt de 45 OOO m2 développé par l’opérateur immobilier IDEC LIFE. La zone de la Feuillane (147 ha) propose 364 OOO m2 de bâti : 149 OOO m2 opérationnels avec notamment les plates-formes logistiques d’Ikea (65 OOO m2) et de Maisons du Monde (84 OOO m2) et 215 OOO m2. La zone de Fos-Distriport, quant à elle, représente 575 OOO m2 de capacité totale pour le bâti ; 375 OOO m2 opérationnels et 215 OOO m2 en cours de commercialisation.

A fond sur la logistique et l’automobile

Les deux zones des bassins ouest, Distriport (14O ha sur la commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône) et La Feuillane (7O ha à Fos-sur-Mer), affichant quasiment complet, le GPMM a lancé l’automne dernier un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour la commercialisation 5O hectares supplémentaires au nord de la zone de La Feuillane. Il propose trois terrains à bâtir avec des surfaces respectives allant de 12 à 19  hectares à proximité du terminal à conteneurs Fos 2XL. Ces parcelles seront mises à disposition d’opérateurs via des baux à construction longue durée. Dans le cahier des charges, le port a demandé aux candidats, qui devaient remettre leur offre avant le 4 janvier, de s’engager à « exploiter des entrepôts logistiques en lien avec la vocation maritime de la zone industrialo-portuaire de Fos » et à respecter un loyer plancher de 3,2O euros HT par mètre carré et par an.

Un deuxième AMI est en cours pour l’industrie automobile en quête de sites de stockage pour ses véhicules neufs. Le port propose à la location de moyenne durée des terre-pleins d'une surface totale de 11 ha au nord de la darse 3 à Fos-sur-Mer. Ces terrains sont raccordables au réseau ferroviaire via une « installation terminal embranché » (ITE).  Les critères de choix seront la nature des projets, les volumes d’activité et de trafics escomptés ainsi que les investissements envisagés.

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