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Le Grand Paris Express monte en régime

NATHALIE MOUTARDE |  le 30/03/2018  |  TransportEssonneParisFrance entièreTransports mécaniques

Les travaux de génie civil débuteront sur trois lignes du réseau d'ici l'automne. L'intégralité du futur métro doit être achevée pour 2030.

Certes, le Grand Paris Express ne roulera pas avant 2024. Mais les travaux battent déjà leur plein sur la ligne 15 sud (Pont de Sèvres/Noisy-Champs). Depuis un an, les chantiers de génie civil se déploient tout au long des 33 km de ce tronçon, mobilisant déjà 2 000 personnes, côté entreprises, dont environ 1 100 compagnons. Avant l'été, la 14 sud (Paris/Aéroport d'Orly) entrera aussi en phase de génie civil, suivie cet automne par le tronçon commun des lignes 16 et 17 (Saint-Denis-Pleyel/Le Bourget RER), inclus dans le lot 16-1.

Jugées prioritaires pour les Jeux olympiques, ces deux lignes doivent être inaugurées avant le coup d'envoi de cet événement planétaire, le 26 juillet 2024. Un rendez-vous à ne pas manquer, ni pour les maîtres d'ouvrage, ni pour les entreprises, au premier rang desquelles Eiffage Génie Civil associé à Razel-Bec, attributaire du 16-1, le « mégalot » d'un montant de 1,84 Md € HT. A la clé, la desserte de trois sites olympiques majeurs : le village des athlètes, le Stade de France et le centre nautique. Preuve de l'enjeu, Bernard Cathelain, membre du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), et Benoît de Ruffray, P-DG d'Eiffage, se rencontreront une fois par mois pour faire le point sur l'avancement du chantier. La première réunion devait se tenir le 26 mars.

Toujours dans la perspective des JO, le gouvernement réfléchit à une mise en service de la gare Le Bourget Aéroport sur la ligne 17 pour faciliter l'accès au village des médias et à trois sites de compétition. Les réponses à l'appel d'offres portant sur la section Le Bourget RER/Triangle de Gonesse confirmeront ou non la faisabilité technique de la création de cette station pour juillet 2024. En cas de réponse positive, la SGP devrait notifier le marché début 2019, soit peu de temps après avoir attribué le lot 16-2 pour la desserte de Clichy-Montfermeil fin 2024.

Elus échaudés. Le chantier du siècle a donc bel et bien débuté et il n'est pas près de s'arrêter ! Le 22 février, après sept mois de réexamen du projet pour cause d'explosion des coûts, passés de 23 Mds€ en 2013 à 35 Mds€, le Premier ministre et la ministre des Transports ont confirmé la réalisation de l'intégralité du réseau 200 km de lignes nouvelles et 68 gares - mais aussi son achèvement, comme prévu, à l'horizon 2030. En revanche, l'ouverture de certains tronçons est repoussée, parfois de cinq, voire six ans (voir tableau ci-contre) au grand dam des maires concernés. En particulier, les élus du plateau de Saclay, déjà échaudés par l'abandon du projet d'Exposition universelle de 2025, ne décolèrent pas contre le choix du gouvernement de retarder de trois ans (2027 au lieu de 2024) l'arrivée de la ligne 18. Le président du conseil départemental de l'Essonne, François Durovray, et le vice-président de la région Ile-de-France, Stéphane Beaudet, regrettent que seuls aient été pris en compte des critères financiers. Selon eux, le report de la ligne 18 réduira de 300 M€ la dette de l'Etat, facilitant ainsi le respect du seuil fatidique des 3 % de déficit public.

Pour recaler le calendrier du futur métro, l'exécutif affirme pourtant s'appuyer sur des considérations techniques, faisant en particulier valoir les difficultés liées à la profondeur du réseau (de 30 à 40 m en moyenne avec plusieurs tronçons et ouvrages à plus de 50 m). Il met aussi en avant les capacités des entreprises. « La réalisation du Grand Paris Express va multiplier par quatre le volume de travaux habituellement connus en Ile-de-France. Les entreprises de BTP vont donc devoir investir dans le matériel nécessaire et surtout employer et former plus de 15 000 hommes et femmes pour concevoir et mener les travaux », a souligné le Premier ministre. Philippe Bonnave, P-DG de Bouygues Construction, accueille plutôt favorablement cette nouvelle feuille de route. « Le lissage dans le temps fera du bien à la profession. Plus de 20 tunneliers creuseront en simultané. Cela représentera une charge importante pour l'ensemble des acteurs », estime-t-il.

Lignes « irréversibles ». Pour mieux faire accepter ce rééchelonnement, le gouvernement s'est engagé à rendre toutes les lignes « irréversibles ». Autre annonce : la notification de tous les appels d'offres au cours du quinquennat, ce qui devrait favoriser la maîtrise du coût global du projet. Non seulement Edouard Philippe ne veut plus que celui-ci augmente mais il veut même le voir baisser de 10 %, soit environ 3,5 Mds€ d'économies à trouver. En attendant, toujours selon l'exécutif, ce sont plus de 16 Mds€ de dépenses publiques que la SGP s'apprête à injecter dans la réalisation du Grand Paris Express d'ici à 2022.

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