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Le Grand Paris du paysage de Michel Audouy : « Il faut nommer des paysagistes mandataires » (4/5)
Michel Audouy - © © Michel Audouy

Le Grand Paris du paysage de Michel Audouy : « Il faut nommer des paysagistes mandataires » (4/5)

Propos recueillis par Sylvie Depondt |  le 04/02/2015  |  Grand ParisAménagementArchitectureMatériel de chantierGironde

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Le secrétaire général de la Fédération française du paysage s’oppose à la domination des architectes sur la maîtrise d’œuvre urbaine. Il voit dans le Grand Paris l’opportunité d’une démonstration des capacités de sa profession à penser la métropole à la bonne échelle.

Que représente pour les paysagistes la perspective du Grand Paris ?


Michel Audouy : C’est une opportunité historique. C’est la première fois, depuis le XIXe siècle que nous pouvons retravailler à l’échelle globale : géographique, esthétique et technique ; revoir les éléments dont nous avons hérité en prenant en compte les grands reliefs et les vestiges de l’histoire ; dessiner les nouveaux grands jardins de la métropole, sans imaginer une ville nouvelle ; épouser les axes fondateurs pour retrouver le grand territoire, les horizons, les reliefs. Reprendre le chemin tracé à l’époque de Le Nôtre (les grands domaines, les forêts, les axes…), par Alphand à Paris, puis  par Forestier au début du XXe siècle.

Pour le moment les paysagistes n’ont été associés à la réflexion qu’à la marge, seuls les architectes, parce que mandataires, sont véritablement consultés. Trop souvent le « vert » accompagne les infrastructures et met en valeur l’architecture. Même si la prise en compte de l’écologie et de l’environnement a changé la donne, le paysage reste accessoire et n’est véritablement abordé que ponctuellement par quelques paysagistes de renom comme Alexandre Chemetoff, Gilles Clément, l’agence TER... En fait, il existe un déficit de culture du paysage. Les paysagistes ne participent pas au débat engagé depuis 13 ans et les architectes parlent très mal du paysage. Je pense à la proposition de Roland Castro de faire Central Park à la Courneuve : projeter une image emblématique dans un contexte si différent, et surtout réduire les arbres à la valorisation d’un horizon de tours ! Le rôle du paysage dans la société n’est pas reconnu, et les paysagistes pas suffisamment installés. Le paysagiste entre dans la commande publique par la petite porte : le végétal ou l’écologie, trop peu par le paysage lui-même.

Or le paysagiste est le seul à penser à l’échelle de la ville en intégrant tous les éléments géographiques et historiques, dans leur spécificité, leur poésie, leur humanité, comme ont pu le faire Michel Corajoud à Bordeaux ou Michel Péna à Nice. Les grandes réalisations paysagères naissent toujours de la rencontre complice d’un maitre d’œuvre, d’un maitre d’ouvrage et d’un paysagiste.

La notion de paysage est-elle compatible avec les développements d’une grande métropole contemporaine ?


M.A : Oui si on prend le temps. En fait, il n’y a pas d’urgence globale. Il faut simplement planifier à une échelle plus longue. Donc coordonner les projets locaux, avoir une volonté commune, dépasser les contraintes des territoires administratifs, oublier les limites artificielles. Le destin des grandes villes s’inscrit dans des temps longs. Or il faut aller vite si l’on veut faire des projets fédérateurs. Pour une nouvelle appropriation d’un territoire, il faut des réponses rapides et s’appuyer sur une reconquête qui fasse tache d’huile (Batignolles, Eole avec la halle Pajol à Paris, le parc du Chemin de l’Ile à Nanterre, le parc du Sausset…).

Comment mieux associer les paysagistes au débat en cours ?


M.A : Leur donner la parole et les nommer mandataires. Tout doit partir du paysage, d’une vision globale. Il faut revenir à l’histoire, aux strates géologiques et humaines s’il on veut retisser les liens entre Paris et  la Métropole. Chercher la continuité des territoires. Avoir la vision la plus large possible afin de réconcilier les contradictions, techniques, environnementales et fonctionnelles héritées des cinquante dernières années.

Secrétaire général de la Fédération française du paysage et président de la commission des métiers de l'association interprofessionnelle du paysage et de l'horticulture Val'hor, Michel Audouy est le quatrième invité de notre série sur les enjeux paysagers du Grand Paris. Demain, rendez-vous avec Pierre Mansat, président de l'atelier international du Grand Paris. Ces visions paysagères du Grand Paris prolongent le dossier de 12 pages à paraître le 12 février dans Paysage Actualités sous le titre « Vers une métropole désirable ».

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Paysage Actualités - © © Paysage Actualités

Le Grand Paris du paysage

Retrouvez les autres contributions de la série consacrée au paysage dans le futur Grand Paris :

- Gilles Clément : « Accéder au trésor biologique urbain »

- Michel Pena : « Unir le corps et la lumière »

- Bertrand Warnier : « Revenir à l'histoire et à la géographie »

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