En direct

Le Grand Lyon rode le plus grand parking vert de France
Parking des Panettes - © © Axe Saône

Le Grand Lyon rode le plus grand parking vert de France

Laurent Miguet |  le 02/06/2015  |  TransportsFrance Rhône

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Paysage
Transports
France
Rhône
Valider

Le plus grand parking vert de France, réceptionné le 28 mai, entrera en service en mai prochain à Meyzieux (Est de Lyon), à l’occasion des matchs préparatoires à l’Euro 2016. A quatre kilomètres du grand stade en fin de chantier, les 3 200 places engazonnées serviront 40 jours par an.

L’aménagement des 22,7 ha du parking de délestage du grand stade de Lyon a donné à Ghislain Gobba, directeur associé de l’agence de paysage Axe Saône, « une des plus belles expériences » de sa carrière. Son enthousiasme se justifie par la qualité de la coopération entre les parties prenantes : le Grand Lyon, maître d’ouvrage, accompagné par son laboratoire voirie et par le bureau d’études Sol Paysage ; et Artelia, mandataire de la maîtrise d’œuvre à laquelle Axe Saône a donné sa composante paysagère.

Délais confortables

Une durée de réalisation confortable, soit deux ans de chantier, a facilité la recherche du bon compromis entre des objectifs difficiles à concilier : portance du sol, drainage de l’eau, bonne santé du gazon. « Chacun de ces critères influe sur les autres », précise Ghislain Gobba. Testées avec des batteries de voitures conduites par des élèves ingénieurs lyonnais, trois séries d’essais, dont la première en phase d’avant-projet détaillé, ont abouti en six mois à finaliser la structure du sol adaptée aux 66 000 m2 de stationnement enherbé : deux cm de terre sablonneuse en surface, huit à 10 cm de mélange terre pierre fin en couche intermédiaire, et 25 cm d’un mélange réalisé avec des cailloux plus gros au fond.

Planche d'essai
Planche d'essai - © © Axe Saône

Terrain ingrat

L’essentiel des matériaux provient des excavations qui, en première phase de chantier, ont mobilisé le terrassier Razel Bec sur la terre sèche et caillouteuse affectée jusqu’alors à l’agriculture. Exceptions à cette règle, les pierres des murets en gabion qui délimitent les peignes du parking proviennent d’une carrière des environs, de même que les gros cailloux de l’artère piétonne en béton clair désactivé.

Aux deux extrémités du parking, cette voie imperméable conduit aux deux gares que les fans de football rejoindront pour se rendre au stade, soit par la ligne de bus à haut niveau de service dédiée à ce seul usage, soit par le tram qui, depuis la fin 2014, dessert l’aéroport de Saint-Exupéry. La billetterie du grand stade ne mobilisera ce second mode qu’après épuisement des capacités du premier. A proximité de la station de tram, le projet inclus 590 places de stationnement traditionnelles, à usage quotidien, séparées par une barrière du parking événementiel que les gestionnaires du grand stade prévoient d’utiliser 40 jours par an.

Terre réemployée

Pour produire les deux catégories de cailloux avec des concasseurs cribleurs amenés sur place, Razel Bec a transformé le site, au lieu-dit Les Panettes, en une carrière foraine. Grâce à leurs chantiers d’espace vert en cours pendant la même période, en particulier celui du parc Blandan, la ville et la métropole du Grand Lyon ont pu absorber l’essentiel des 44 000 m3 de terres végétales issues de cette production. Le maître d’ouvrage a dû se résoudre à payer l’évacuation de l’excédent, malgré l’utilisation d’une partie du volume comme substrat des prairies multicolores qui entourent le parking et égayent un site enclavé entre une zone industrielle et une autoroute. Autre coproduit des excavations, les sables argileux rouges contribuent à l’étanchéité des 7 km de noues et au drainage des eaux pluviales vers les quatre bassins de rétention.

Noue
Noue - © © Axe Saône

Crapauds relogés

Habituées à travailler avec des niveleuses de type autoroutier, les entreprises régionales Laquet et Parc et Sport ont dû procéder à deux passages pour obtenir le compactage souhaité. Dans les zones de tournant, le cloutage de grosses pierres a renforcé la portance du sol, planté avec des fétuques résistantes à la sécheresse.  En plus des prairies fleuries qui entourent le parking engazonné, les quelque 6 000 baliveaux d’essences locales contribuent au bilan esthétique positif de la transformation de la parcelle autrefois dédié à la monoculture intensive. La balance écologique penche dans le même sens : malgré l’arrosage nécessaire au bon démarrage des plantations, la consommation d’eau va diminuer. L’utilisation des bacs recyclables développés par la société Solev, lauréat 2014 du premier concours de l’innovation de l’union des entreprises de paysage, renforcera cette économie, grâce à la diffusion de l’eau par capillarité. Le partenariat avec la Fédération rhônalpine pour la protection de la nature complète ce tableau : sur les deux hectares dédiés à la biodiversité, des mares imperméabilisées par des  bâches permettront la reproduction des crapauds calamites et la nidification des oedicnèmes.

Démolisseur conforté

A l’intérieur du site, six lignes à très haute tension ont compliqué la tâche des entreprises : le respect de la sécurité électrique a limité les hauteurs de déploiement des engins, contraints de travailler plus en profondeur. Au centre de l’emprise, un grillage délimite un périmètre de sécurité autour d’un pylône.  En phase d’avant-projet, un imprévu a réduit de 300 places la capacité du parking et contraint la maîtrise d’œuvre de repenser le plan de circulation : alors que le maître d’ouvrage avait prévu le déménagement de Nassare Démolition, cette entreprise a fini par obtenir de rester sur place. Le démolisseur y a gagné une voirie d’accès en enrobés. En contrepartie, il a décoré son enceinte d’une fresque de street art, une des spécialités de la région lyonnaise. Ce détail symbolise un point fort de l’opération. Ce détail symbolise un point fort de l’opération : loin de niveler le projet par le bas, la voie du compromis peut l’enrichir, à la satisfaction de tous.

Commentaires

Le Grand Lyon rode le plus grand parking vert de France

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Date de parution : 06/2018

Voir

Une trajectoire métropolitaine - L'exemple de Toulouse

Une trajectoire métropolitaine - L'exemple de Toulouse

Date de parution : 04/2016

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil