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Le gouvernement italien n'arrive pas à trancher sur le chantier Lyon-Turin
Les divergences politiques au sein de la majorité gouvernementale italienne se poursuivent. - © © LTF

Le gouvernement italien n'arrive pas à trancher sur le chantier Lyon-Turin

M.H. |  le 30/07/2018  |  InternationalLoi d’orientation des mobilitésLyon-Turin

La coalition au pouvoir, composée du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue, continue de se diviser au sujet du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, sans toutefois que des décisions définitives ne soient, pour le moment, actées.

La guerre de communication autour du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin se poursuit. Les déclarations et divergences ont connu une nouvelle étape, ces derniers jours, et cela au sein même du gouvernement italien. Le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) a réclamé un arrêt du projet dans les prochains mois, tandis que son allié gouvernemental, la Ligue (extrême droite), a plaidé pour sa poursuite. "Nous avons décidé que le TAV (le nom italien du TGV, NDLR) devait être réexaminé", a déclaré Luigi Di Maio, vice-président du Conseil italien, en charge de l'Industrie. Selon le dirigeant, ce projet a été élaboré il y a 30 ans et il n'est pas adapté aux évolutions selon lui constatées dans le secteur des transports, particulièrement dans le fret ferroviaire. Il souligne également l'hostilité des populations des régions traversées envers cette liaison ferroviaire.

Vendredi 27 juillet, plusieurs journaux italiens avançaient le fait que le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, aurait décidé d'arrêter le projet, sans toutefois que cette information soit officiellement confirmée.

"Gaspillage d'argent public"

Plusieurs membres du gouvernement, issus du mouvement 5 étoiles, sont montés au front la semaine dernière. Ainsi, le ministre en charge des Transports et des infrastructures, Danilo Toninelli a affirmé : "quand j'étudie un dossier comme celui du Turin-Lyon, je ne peux qu'éprouver de la colère et du dégoût concernant l'argent gaspillé des citoyens italiens". "Cela a été un énorme gaspillage d'argent public pour favoriser les habituels potentats, les clans politico-économiques et même la criminalité organisée".

Les piques du mouvement 5 étoiles n’ont pas laissé indifférents son partenaire gouvernemental. La Ligue de Matteo Salvini a réagi en réaffirmant son opposition à l’abandon du projet. "De mon point de vue, il faut aller de l'avant, pas revenir en arrière", a affirmé vendredi dernier M. Salvini, lui aussi vice-Premier ministre. Il a toutefois concédé qu’"il faut faire l'analyse coûts/bénéfices: l'infrastructure sert ou non, est-ce que cela coûte davantage de la bloquer ou de poursuivre?", s’est-il interrogé.

Le sujet avait déjà divisé les deux alliés fin mai lors de l'élaboration de leur programme commun, dans lequel ils s'étaient finalement engagés à "suspendre les travaux d'exécution" de la ligne ferroviaire et à "rediscuter intégralement le projet".

Deux milliards d'euros de pénalité en cas d'abandon

Le Lyon-Turin interpelle au-delà du cercle gouvernemental italien. L'opposition a pour sa part fustigé un éventuel abandon du projet ferroviaire : "Deux milliards d'euros de pénalités, le blocage des financements européens, 4000 emplois en péril. Le pays entier paiera la folie du gouvernement de bloquer le Turin-Lyon", a tweeté le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche) Maurizio Martina.

En accord avec le montage financier, l’Italie doit contribuer à hauteur de 35% des travaux, soit environ 3 Mds € sur les 8,6Mds d’euros du montant estimé du tunnel de base transfrontalier. Environ 1,5 Mds € ont déjà été englouti dans le chantier. Selon les données de La Transalpine, à fin juin, le tunnelier a creusé 14% de la galerie définitive.

Incertitudes en France

Interrogé sur ce dossier, un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le Lyon-Turin était "un important projet, pas seulement pour la France et l'Italie, mais aussi pour l'Europe dans son ensemble". "Le projet est en cours. Il est important que toutes les parties maintiennent leurs efforts pour le réaliser dans les temps", a-t-il ajouté.

La France, pour sa part, reste discrète sur le sujet. Car les incertitudes sont également du côté français. La question du financement des accès hexagonaux – 190 kilomètres entre Lyon et Saint-Jean de Maurienne - n’est toujours pas tranchée. D’autant plus que le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures, remis le 1er février à la ministre des Transports, préconisait de repousser la question des accès au-delà de 2038. La loi d’Orientation des mobilités, qui devrait être discutée à la rentrée au Parlement, devrait donner de nouvelles réponses à ce feuilleton, pour le moment, sans fin.

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