Le génie climatique résiste à la crise
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Le génie climatique résiste à la crise

Cédric Rognon |  le 03/02/2021  |  Négoce chauffage sanitaireNégoscopeArtisans100 % eau et énergie France

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Uniclima a dévoilé les résultats contrastés, mais plutôt bons dans l’ensemble, de la filière génie climatique pour 2020. Les perspectives 2021 sont incertaines, notamment dans le neuf où la future RE 2020 est sous le feu des critiques.

Pour son traditionnel bilan annuel, qui s’est tenu cette année à distance, le Syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques Uniclima avait finalement quelques raisons de se réjouir. La filière du génie climatique a en effet réussi à limiter en partie les conséquences de la pandémie. La rénovation s’est bien maintenue et certains secteurs ont même connu une forte croissance, a précisé François Frisquet, président d’Uniclima.


Légère baisse des chaudières


Le marché des chaudières individuelles gaz et fioul a baissé de 2 % (585 000 unités, dont 510 000 à condensation et 75 000 classiques). En revanche, les chaudières collectives (> 70 kW) ont été très touchées par la pandémie (- 10 %). Sur le marché de la rénovation en maison individuelle, une tendance observée par Uniclima est le recul des chaudières à condensation au profit des PAC air/eau, qui ont notamment été installées en remplacement de chaudières fioul. A noter, le marché des PAC hybrides reste stable, autour de 4000 pièces.

Autre segment du chauffage central à eau chaude, les radiateurs ont fortement souffert (- 11 %). Cette chute s’explique par l’arrêt au printemps de la construction neuve. Et l’avenir, avec la baisse annoncée des chiffres de la construction et l’incertitude liée à la future RE 2020, inquiète la profession. Les ventes de chaudières biomasse sont stables (- 0,6 %), à 17 300 unités. Le marché est tiré par les modèles à granulés à chargement automatique, là où les appareils à bûches (- 30 %) ont pâti de l’entrée en vigueur de l’écoconception en 2020. Le marché du granulé conserve en 2021 de belles perspectives en rénovation. Attention toutefois, prévient le syndicat, au nombre d’installateurs qualifiés (Qualibois eau), encore insuffisant malgré les efforts de formation. Enfin, le solaire thermique affiche une nouvelle baisse (- 20 % avec 34 000 m2 de capteurs installés). Les CESI s’établissent à 4250 unités (- 6 %), les SSC à 250 pièces (- 32 %). Comme pour la biomasse, Uniclima alerte sur le faible nombre d’installeurs Qualisol (moins de 2000), conséquence de la baisse du marché.


Stabilité des PAC air/eau

Décidément, les PAC air/eau ne connaissent pas la crise. La profession annonce un marché quasi stable (- 0,6 % à 175 222 unités), sachant que 2020 fait suite à une année 2019 exceptionnelle qui avait enregistré une croissance de plus de 80 %. Eric Bataille (Atlantic) a salué ces excellents résultat en précisant néanmoins que la pente était inquiétante, avec des chiffres qui se sont érodés au fil de l’année. Parmi les enseignements de 2020, la hausse de 34 % des systèmes monobloc qui représentent désormais 10 % du marché (18 114 unités). Cette tendance devrait encore s’accentuer avec l’arrivée de fluides frigorigènes inflammables comme le propane, obligeant l’installation des PAC à l’extérieur du logement. La baisse des PAC inférieures à 6 kW (-7 %) reflète les difficultés dans le marché du neuf, là où les ventes de modèles de 10 à 20 kW, plus orientés vers la rénovation, sont restées stables. Les PAC moyennes température (55-65°C) enregistrent une baisse de 1 % (77 613 unités), les modèles haute température une baisse de 23 % (16 758 unités). Uniclima estime que 60 % des PAC (environ 110 000 unités) sont installées en rénovation, et que plus de 190 000 chaudières fioul ont déjà été remplacées par des PAC. Côté fluides frigorigènes, la transition vers les fluides verts n’en est qu’à ses débuts (seulement 17 % de R32). Mais Eric Bataille estime que cette transition va désormais aller très vite. La géothermie poursuit son chemin de croix avec une nouvelle baisse de 4,5 % (2466 unités). L’avenir de cette filière pourrait passer par le logement collectif et les plus fortes puissances. Enfin, le chauffe-eau thermodynamique connaît sa première baisse (- 6 %), à 110 320 unités. Uniclima y voit l’impact des mauvais chiffres de la construction neuve, même si la part de la rénovation progresse d’année en année.


La PAC air/air poursuit sa croissance


Les PAC air/air continuent de séduire (+ 11 %, 812 404 unités), après une progression de 27 % en 2019. Les multisplits (30 % du volume) progressent plus rapidement que les monosplits, preuve que cette technologie est désormais perçue comme une solution globale de chauffage pour le logement. Le R32 représente 84 % du marché. Avec 85 % des ventes en volume et une progression de 19 %, les unités murales confortent leur leadership. Un mot enfin sur la ventilation dans le logement individuel : 789 356 unités simple flux ont été vendues (- 4,3 % pour l’autoréglable, - 6,2 % pour l’hygroréglable). La VMC double flux, dont Uniclima se félicite qu’elle soit pour la première fois couverte par le CITE, est stable à 19 637 unités.


Haro sur la RE 2020

Tous secteurs confondus, les perspectives 2021 sont désormais suspendues dans le neuf à la future RE 2020. Uniclima pointe la brutalité du texte, qui pourrait conduire à de nombreuses destructions d’emplois, et défend plusieurs arbitrages : un report de l’application pour le tertiaire dont les seuils d’exigence sont toujours inconnus, un réexamen du confort d’été et une prise en compte des systèmes hybrides, incompatibles avec l’indicateur IC Energie. En rénovation, le syndicat déplore par ailleurs la complexité et le manque de lisibilité des aides déployées. La normalisation du biofioul n’étant pas achevé, la profession estime qu’il serait aussi plus raisonnable de viser la fin 2022 pour l’interdiction des chaudières au fioul. Enfin, Uniclima indique qu’elle déploiera tous ses efforts pour que le taxe HFC votée en 2019, reportée en 2023, soit finalement abandonnée.

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