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Le financement des réseaux d'eau mieux canalisé
Le renouvellement des réseaux, comme ici près de Cannes, doit entrer dans une nouvelle dynamique à l’issue des Assises de l’eau. - © SICASIL

Le financement des réseaux d'eau mieux canalisé

Jessica Ibelaïdene |  le 07/09/2018  |  FinancementAssainissementGouvernementAssises de l'eauRéseaux

Le gouvernement a annoncé une série de mesures pour relancer l'investissement et faire la chasse au gaspillage.

Investir 41 milliards d'euros entre 2019 et 2024, au lieu des 36 milliards initialement prévus, pour « rattraper le retard accumulé » dans le renouvellement des réseaux d'eau et d'assainissement. Telle est l'ambition affichée par le Premier ministre Edouard Philippe, le 29 août, en conclusion de la première séquence des Assises de l'eau. Centrés sur la relance de l'investissement dans les réseaux, quatre mois de débats se sont achevés sur l'annonce de diverses mesures très attendues par les professionnels. « L'eau remonte dans l'agenda politique, et les décisions vont dans le bon sens », se satisfait Alain Grizaud, président des Canalisateurs. D'autant que le gouvernement a reconnu le sous-investissement chronique dont les réseaux ont souffert et ses conséquences. « Le gaspillage augmente. Près d'un litre sur cinq serait perdu. Et ce chiffre est sans doute en dessous de la réalité », admet le Premier ministre.

Alors, comment renverser la situation ? En premier lieu, Edouard Philippe souhaite améliorer la connaissance des réseaux. Actuellement, environ la moitié des gestionnaires publics renseignent leurs données au moyen du Système d'information sur les services publics d'eau et d'assainissement (Sispea). Le gouvernement souhaite renforcer les obligations de publication des résultats. « Mieux connaître les réseaux est un préalable, estime Antoine Momot, délégué général de l'Union nationale des industries et entreprises de l'eau (UIE). Ensuite, il sera plus facile de cibler les investissements. »

Solidarité territoriale. Les agences de l'eau - dont le rôle dans le petit cycle (eau potable et assainissement) va être consolidé - pourront couvrir jusqu'à 50 % du coût de ces diagnostics. Par ailleurs, elles seront les protagonistes de la solidarité territoriale, inscrite au rang des priorités du gouvernement. « C'est très important, car la fracture entre les territoires est particulièrement perceptible dans le domaine de l'eau : les taux de fuites sont généralement plus élevés dans les zones moins denses et la qualité moins bonne », observe Tristan Mathieu, délégué général de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E).

Cette solidarité se dirigera d'ailleurs vers les zones rurales, qui deviendront les principales bénéficiaires des subventions. Une enveloppe de 2 milliards d'euros leur sera spécifiquement dédiée entre 2019 et 2024, pour soutenir jusqu'à 70 % du coût des projets. Environ 1 500 services pourraient en bénéficier, sur 33 200 au total en France. Un bémol toutefois : cette somme ne s'ajoute pas à celles déjà allouées. « La redistribution des crédits se fera au détriment d'autres postes. Nous devrons rester vigilants », prévient Alain Grizaud.

Effet de levier. Malgré tout, ce coup de pouce aux territoires ruraux pourrait « servir de levier pour mobiliser d'autres types de financements », espère Tristan Mathieu. Il n'est pas le seul, puisque la Caisse des dépôts proposera aussi une nouvelle offre de prêts. Sur cinq ans, 2 milliards d'euros sur fonds d'épargne seront dédiés aux travaux sur les réseaux. Particularités de ces prêts : leur taux bas (calé sur celui du livret A), leur conditionnement à « une bonne gestion patrimoniale » et leur longue durée jusqu'à soixante ans. « Soit à peu près la durée de vie de l'infrastructure. C'est donc plutôt intelligent, souligne Antoine Momot. En revanche, le montant aurait pu être plus élevé, car 2 milliards d'euros, c'est ce dont nous aurions besoin en plus chaque année. C'est un premier pas. » Les motifs de satisfaction sont bien réels pour le secteur. « Nous sommes rassurés quant au rôle des agences de l'eau. Nous pourrons entrer dans une véritable dynamique de progrès avec davantage de transparence et une obligation de résultats », résume Tristan Mathieu. Toutefois, des inquiétudes subsistent. « Le Premier ministre a évité le sujet des ponctions sur le budget des agences, note Antoine Momot. Nous attendons de savoir ce qui leur sera réservé dans le cadre du projet de loi de finances 2019. » L'essai reste donc à transformer.

1 % du réseau renouvelé chaque année, c'est l'objectif du gouvernement.

2 Mds € de prêts longue durée sur cinq ans proposés par la Caisse des dépôts.

41 Mds € à investir d'ici à 2024.

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