Entreprises de BTP

« Le diagnostic déchets permettra de responsabiliser tous les acteurs »

L’obligation de réaliser un diagnostic déchets avant la démolition de certains bâtiments entre en vigueur le 1er mars 2012. Une mesure accueillie favorablement par Alberto Dos Santos, vice-président du Syndicat national des entreprises de démolition (Sned).

De quelle manière les entreprises de démolition perçoivent-elles ce dispositif ?

 

Nous sommes rassurés par cette initiative, pour plusieurs raisons. Du point de vue quantitatif, c’est une garantie de suivi de la destination finale de la totalité des matériaux et déchets issus de nos travaux, avec enfin des données d’entrée qui ne seront pas uniquement de la responsabilité de l’entreprise. Du point de vue qualitatif, c’est un outil de prévention de la santé de nos salariés et des riverains. Nous saurons, avant de démolir un bâtiment, quels matériaux sont nocifs, notamment ceux concernant les cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). Nous espérons également que ce diagnostic déchets permette de responsabiliser tous les acteurs, dont bien évidemment les maîtres d’ouvrage, dans la politique de développement durable en réfléchissant dès l’étude à une deuxième vie des matériaux, mais aussi à une réutilisation soit in situ soit à proximité des granulats issus de la valorisation des matériaux minéraux comme le béton.

 

Les entreprises de démolition vont-elles devoir travailler autrement ?

 

J’estime que 70 % des entreprises de notre secteur prenaient déjà en compte les problématiques de traitement des déchets. Mais ces bons praticiens étaient parfois désavantagés : les prix qu’ils proposaient étaient plus élevés que ceux de concurrents moins vertueux. Certains maîtres d’ouvrage choisissaient donc le moins-disant. Avec ce diagnostic obligatoire, on peut espérer que les entreprises seront davantage sur un pied d’égalité. Cela entraînera également le secteur à poursuivre le recyclage, en particulier celui de matériaux comme le plâtre ou les plastiques.

 

Qu’en sera-t-il de la mise en œuvre de ce dispositif ?

 

Nous espérons surtout qu’il y aura assez d’experts indépendants pour établir des diagnostics de déchets crédibles. Car s’il y a des différences entre le formulaire envoyé avant le chantier à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et celui qui lui est envoyé après l’opération, il ne faudrait pas que cela ait des conséquences sur l’entreprise. Tous les acteurs devront agir dans le même sens.

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