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Le dérèglement climatique annoncé serait déjà en marche

Defawe Philippe |  le 18/07/2006  |  InternationalDéveloppement durableDirective européenneFrance Europe

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Trois ans après la canicule meurtrière de 2003 et alors qu'une vague de chaleur déferle sur la France et une partie de l'Europe, "le dérèglement est en marche, il n'y a aucun doute, on est au début du processus", a déclaré à l'AFP Hervé Le Treut, directeur du laboratoire de météorologie dynamique du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).
S'il apparaît impossible à priori d'établir un lien direct entre ce dérèglement et la canicule en France, le contexte général est celui du réchauffement de la planète.
"On peut s'attendre à des canicules plus fréquentes ou plus fortes du fait de la tendance générale à la hausse des températures liée aux émissions de gaz à effet de serre", a estimé M. Le Treut.

Ce réchauffement climatique est du à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, provoquée par l'activité humaine, dont le principal est le dioxyde de carbone (CO2). Le XXIe siècle connaitra une multiplication par deux du CO2 dans l'atmosphère, de quoi réchauffer notre planète de 3 degrés, s'accordent à prédire les experts.
En France, un réchauffement de un degré en moyenne annuelle a déjà été constaté par rapport à la période pré-industrielle du XIXe. Cette hausse devrait s'amplifier avec des épisodes de canicule, comme celle qui a frappé la France en 2003, qui pourraient devenir de plus en plus fréquents.
"On a pu estimer qu'à l'horizon 2050, on pourrait avoir des canicules de ce type assez régulièrement, tous les deux ou trois ans", selon Hervé Le Treut.

Toutefois, si actuellement en France, les températures sont plus élevées que les normales saisonnières, "on est loin d'atteindre les records de la canicule de 2003", a souligné Françoise Bénichou, chef des prévisionnistes à Météo France.
La situation météo n'est pas la même qu'en 2003 où un véritable "blocage" avait été constaté, aucune perturbation ne pouvant passer, alors qu'actuellement, une dégradation orageuse est attendue dans la nuit de mercredi à jeudi, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Et s'il est trop tard pour empêcher un changement climatique minimal, il est encore temps d'agir pour éviter un réchauffement de forte ampleur, relèvent les experts. Tout dépend de ce qui pourra être fait ou non pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Les pays signataires du protocole de Kyoto se sont engagés à limiter d'ici à 2012 leurs émissions de GES de 5,2% par rapport à 1990. Mais les Etats-Unis, premier pollueur de la planète, n'ont pas ratifié ce protocole.
Le sommet du G8 de Saint-Pétersbourg a appelé dimanche à agir contre le réchauffement climatique, mais n'a pas réussi à surmonter ses divisions sur ce protocole.
Dans son essai "Les Faiseurs de pluie" (éditions Héloïse d'Ormesson), l'Australien Tim Flannery identifie plusieurs scénarios susceptibles de faire basculer le climat, dont celui du ralentissement du Gulf Stream, qui serait la conséquence d'un adoucissement des eaux de l'Atlantique nord due à la fonte des glaces.
Paradoxalement, le réchauffement climatique aurait alors pour effet à terme de provoquer un refroidissement de l'Europe.
Emmanuel Angleys (AFP)

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