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Le couteau suisse de l'océan
PHOTO - 14210_861168_k4_k1_2024509.jpg - © THOMAS LOUAPRE / DIVERGENCE / LE MONITEUR

Le couteau suisse de l'océan

Jean-Philippe Defawe |  le 27/07/2018  |  Bouches-du-RhôneMorbihanVendée

Scaphandrier -

David Bossard, dirigeant d'Atlantique Scaphandre, en Vendée, décrit des réalités de terrain éloignées du prestige du métier. Mais qui n'empêchent pas la passion.

David Bossard ne pouvait pas rêver meilleur emplacement pour son entreprise de travaux hyperbares créée en 2004. Depuis un an, il est installé face au chenal du port des Sables-d'Olonne, en Vendée. Son adresse : 4-2, cale du Canot de sauvetage. Un joli clin d'œil pour ce sauveteur en mer qui fut pompier volontaire pendant vingt ans et dont le quotidien consiste à réaliser, quasiment toujours en urgence, tous types de travaux sous-marins. « L'une des spécificités de notre métier est de ne pas savoir ce que nous allons faire d'une semaine sur l'autre. La polyvalence constitue l'autre particularité, car nous réalisons sous l'eau les mêmes travaux que ceux habituellement réalisés à terre », raconte ce soudeur de formation âgé de 47 ans.

Plongeur loisirs de bon niveau, il a effectué ses premières missions en bouteille sans formation spécifique avant de suivre celle proposée à Marseille par l'Institut national de plongée professionnelle. A l'époque, elle était la seule école en France à former des scaphandriers classe 2A, aptes à réaliser des travaux maritimes. Aujourd'hui, 400 scaphandriers sortent chaque année des formations de quelques mois dispensées par les nombreuses structures existantes. « C'est disproportionné par rapport aux besoins de notre petit marché réparti entre une centaine d'entreprises. On a laissé trop d'écoles se monter dans le seul but de gagner de l'argent », enrage ce professionnel qui plaide pour une formation en alternance de deux ans, comme au Canada.

Séduits par le chant des sirènes de l'aventure sous-marine, ces jeunes diplômés déchantent vite. Les postes sont rares et la réalité du métier très éloignée des exercices scolaires. « 80 % de nos interventions sont réalisées dans le noir complet. Impossible de mettre de la lumière car la turbidité de l'eau est comme le brouillard… mais puissance dix. Sans parler des eaux chargées des stations d'épuration ! », insiste David Bossard, qui ajoute aussitôt que « si vous êtes passionné, c'est un métier formidable avec une diversité extraordinaire ».

Investissement de départ conséquent. « En quatorze ans, nous n'avons jamais eu d'accident du travail. N'allez pas nous porter la poisse avec votre article », sourit-il en touchant aussitôt du bois. Petite ou grosse, chaque intervention nécessite une équipe composée de trois scaphandriers - un plongeur, un secours et un chef d'opération hyperbare - qui se répartissent 180 minutes de plongée par jour. « L'investissement représente environ 100 000 euros avant même le premier plouf », assure David Bossard.

Mais pour le chef d'entreprise, le principal danger vient surtout de la concurrence déloyale de mercenaires en autoentreprise. « Pour une intervention dans une station d'épuration que nous facturons entre 2 000 et 2 500 euros, on voit des mecs plonger seuls en bouteille pour 600 euros », s'insurge-t-il. Toutefois, un arrêté publié en début d'année oblige les entreprises réalisant des travaux hyperbares à être certifiés au plus tard au 1er janvier 2020 pour pouvoir exercer. De quoi nettoyer les fonds marins.

Formation et salaire

Certificat d'aptitude à l'hyperbarie classe 2A (travaux maritimes).

Salaire de démarrage : environ 2 000 euros nets mensuels. Entre 2 300 et 2 800 euros nets mensuels pour un chef d'équipe expérimenté.

Particulièrement difficiles, les missions offshore sont rémunérées entre 20 000 et 25 000 euros nets par rotation de 60 jours.

« Mon entreprise, c'est SOS travaux maritimes »

« Nous sommes une équipe de 10 à 12 personnes spécialisées dans les travaux maritimes. Notre activité, mi-portuaire, mi-maritime, s'étend de Groix (Morbihan) à la frontière espagnole. Nous réalisons tous types de travaux pour des clients variés. Depuis trois ans, nous développons une activité liée à l'éolien en mer, avec le champ de Guérande et celui situé entre l'Ile-d'Yeu et Noirmoutier. Avec notre flotte de trois navires de 21, 24 et 29 m, à laquelle s'ajoutera un catamaran actuellement à l'étude, nous sommes certainement un des rares indépendants à disposer de tels moyens nautiques. Une partie de notre équipe, munie d'un matériel dédié, réalise également des travaux dans les fleuves, sur les barrages et dans des sites pollués ou chargés. Nous sommes agrémentés par Bureau Veritas pour des inspections, mais nous intervenons majoritairement en urgence. »

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