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Le contournement autoroutier de Rouen sur la sellette
Selon le préfet de Normandie Pierre-André Durand, l'absence de contournement autoroutier à Rouen provoque un flux de poids lourds important en agglomération. - © aliaumesouchier - stock.adobe.com

Le contournement autoroutier de Rouen sur la sellette

AFP |  le 09/02/2021  |  Métropole Rouen NormandieRouenAutoroutes

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Le coûteux projet de construction d'une autoroute de 41,5 km pour contourner Rouen par l'est pourrait être abandonné après le retrait lundi 8 février par la métropole de sa participation au projet

Son président, le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol ayant relevé "l'urgence climatique", la Métropole de Rouen a décidé de retirer sa participation au projet de contournement autoroutier de la ville. 

"J'avais sous-estimé l'état de la planète, les conséquences dramatiques du réchauffement", a expliqué, lundi 8 février, Nicolas Mayer-Rossignol, qui est également le maire de Rouen.

Lorsqu'il présidait l'ex-région Haute-Normandie, l'élu de 43 ans était favorable à ce projet d'autoroute à péage de  41,5 km, devant relier l'A13 et l'A28. Mais il a finalement changé d'avis lors de la campagne pour les municipales de 2020 qu'il a remportées allié à EELV.

76 voix sur 123 pour l'abandon

Et lundi peu avant minuit, après plus de cinq heures de débat, le conseil métropolitain a décidé par 76 voix contre 43 et quatre abstentions de "ne pas financer" ce contournement où la circulation produirait 50.000 tonnes de C02 par an, soit 50 jours d'émission d'une zone de 700.000 habitants, "un désastre", selon selon EELV.

Seuls huit élus sur 53 du groupe socialiste et citoyens ont voté pour le contournement, alors qu'en 2016 la métropole déjà dominée par le PS allié à EELV l'avait clairement approuvé.

Or, "si la Métropole vote non, l'Etat n'imposera pas cette infrastructure. Le projet serait, de fait, abandonné", avait indiqué le préfet de Normandie Pierre-André Durand le 26 janvier à la presse.

Un accord de 2017 prévoyait une participation de 245 millions d'euros de l'Etat, 157 millions de la Région, 66 millions de la Métropole et 22 millions du département de la Seine-maritime. L'apport du futur concessionnaire devait être de 396 millions.

Y croire quand même

"Le contournement est en grand danger", a réagi dans un communiqué Bertrand Bellanger, président LREM du conseil départemental de Seine-maritime qui mi-janvier a voté la confirmation de sa participation à ce projet "utile pour le décongestionnement de l’agglomération". Le PS avait alors reconnu des "désaccords" en son sein sur le sujet.

La région présidée par un partisan du projet, Hervé Morin (les Centristes), doit voter lundi.

Fervent défenseur du contournement, conseiller métropolitain et membre de la majorité de l'ancien ministre à la région, Pascal Houbron voulait encore y croire mardi matin.

"La région pourrait tout à fait financer peut-être une partie de ce que la métropole ne veut pas faire", a déclaré cet élu sur France Bleu Seine-maritime/Eure.

Coût du CO2

Dans un courrier du 13 janvier envoyé aux trois collectivités qui devaient financer le tronçon, et dont l'AFP a eu une copie, le préfet met en avant "un projet crucial pour l'attractivité économique de l'agglomération".

"Rouen reste la seule métropole française de cette taille sans contournement routier, ce qui se traduit par un flux de poids lourds important en agglomération", poursuit Pierre-André Durand.

"Disons oui aux 1.100 emplois mobilisés durant les 4 années de travaux", a argumenté le conseiller métropolitain Julien Demazure (LR) lors du conseil.

Mais pour Nicolas Mayer-Rossignol, "en termes de décongestion, le dossier n'était pas du tout convainquant". Et avec le coût constamment relevé à la hausse des conséquences du CO2, "l'intérêt financier du projet est annulé", a argumenté l'ingénieur des mines s'appuyant sur des critères de la banque européenne d'investissement (BEI).

L'opposition n'est pas convaincue. "On nous affirme que le routier sera supplanté par le fluvial et le ferroviaire mais l'Etat s'est désengagé de ces moyens de transport depuis des décennies", a argumenté le conseiller d'opposition Jean-Marc Vennin dont la commune, Le Mesnil-Esnard, est selon lui traversée par "mille poids-lourds par jour".

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