Le Club plans de paysage cherche la contagion positive
Le 4 décembre, les 15 nouveaux membres du club Plans de Paysage, accueillis au ministère de la Transition écologique par Paul Delduc, directeur général de l'aménagement, du logement et de la nature. - © laurent miguet

Le Club plans de paysage cherche la contagion positive

Laurent Miguet |  le 12/12/2018  |  Paysagistes concepteursScotDrealMinistère de la Transition écologique et solidaire

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Paysage
Paysagistes concepteurs
Scot
Dreal
Ministère de la Transition écologique et solidaire
Valider

Le Club plans de paysage a franchi un seuil. Avec 92 membres dont 15 accueillis le 4 décembre lors de leur séminaire annuel, les lauréats des appels à projets lancés à partir de 2013 par le ministère de l’Ecologie affrontent un nouveau défi : « Changer d’échelle pour accompagner la croissance », résume Patrick Brie, adjoint à la sous-directrice de la qualité du cadre de vie à la direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature du ministère.

L’idée d’une « contagion positive » fait son chemin au Club plans de paysage. Lancée par Gilles De Beaulieu, du bureau des paysages et de la publicité au ministère de la Transition écologique et solidaire, la formule reflète l’esprit du séminaire annuel du 4 décembre. La concrétisation repose sur l’ouverture prônée par Paul Delduc, directeur général de l’aménagement, du logement et de la nature : « Ouvrons le club à toutes les personnes intéressées » !


Esprit d’ouverture

Les maîtres d’ouvrage non lauréats et les maîtres d’œuvre des  plans font partie des cibles visées. Le mot d’ordre d’ouverture répond aussi au besoin de capitaliser les acquis de deux autres réseaux : les grands sites de France et les parcs naturels régionaux. L’évolution du modèle se révèle d’autant plus nécessaire que l’Etat double la cadence : biennal de 2013 à 2017, l’appel à projets Plans de paysage est devenu annuel.
Avec 30 000 euros sur trois ans accordés depuis 2013 à chacun des lauréats qui composent le club Plans de paysage, l’accompagnement technique et financier du ministère ne suffit plus ni à entretenir la flamme, ni à stimuler son rayonnement. Ces besoins favorisent l’émergence d’un nouvel acteur, entre l’animateur national et les territoires  élus : les clubs régionaux de plans de paysage, animés par les Directions régionales de l’Ecologie, de l’aménagement et du logement (Dreal), expérimentent de nouvelles pratiques. L’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine ont ouvert la voie suivie par Rhône-Alpes Auvergne et les Hauts-de-France.

Sortir des sentiers battus

Partout, la question de la résistance à l’épreuve du temps s’impose : « Les échanges entre anciens et nouveaux plans se révèlent fructueux dans les deux sens », estime Sophie de Stoppeleire, de la Dreal de Nouvelle-Aquitaine. Le plus jeune des clubs, celui de Rhône-Alpes Auvergne, pratique d’emblée l’ouverture, avec des journées ouvertes aux architectes et paysagistes conseil de l’Etat.
Dans cette même région, la lutte contre la routine passe par le génie des lieux : « Le club fixe ses rendez-vous au plus proche du terrain, par exemple une ruine ou une friche désignée comme son QG », cite Stéphanie Doucet Gaillot, de la Dreal Pour maintenir le dialogue dans la durée, les visioconférences peuvent compenser la taille des nouvelles régions. En Nouvelle Aquitaine, les échanges remettent en cause l’ordonnancement immuable qui va du diagnostic aux plan d’action : « Bordeaux nous a bousculés, avec ses actions qui précèdent et nourrissent le plan », témoigne Sophie de Stoppeleire…

Cohérence et diversité

Sur  les outils de concertation, la référence bordelaise stimule la réflexion nationale, destinée à nourrir le futur intranet du club : « Le niveau d’ambition résulte souvent de la qualité de la co-construction », souligne Sylvia Labèque, directrice du syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale (Scot) de l’aire métropolitaine bordelaise. Les échanges du 4 décembre ont déblayé le terrain pour concilier les critères d’évaluation communs et le respect de la diversité des approches.

Foisonnement urbain

La promotion 2018 illustre cette richesse. Dans la famille urbaine, Nantes, fleuron de la concertation orchestrée dans 11 quartiers, rejoint Metz, qui expérimente l’articulation des échelles : après le syndicat mixte du Scot en 2017, la métropole rejoint le club en 2018, en se concentrant sur la rive gauche de la Moselle, où l’addition des friches viticoles et militaires appelle une intervention cohérente. « Ce territoire forme un sous-ensemble opérationnel qui nourrira le plan stratégique porté par le syndicat mixte du Scot », justifie Aurélie Munier, directrice du territoire durable à Metz Métropole. L’un des nouveaux plans de paysage urbain les plus attendus concerne la Nouvelle-Calédonie, où l’exploitation du nickel va donner naissance à une ville nouvelle à créer de toutes pièces.

Réveil rural

Les paysages ruraux et agricoles suscitent également une moisson prometteuse : sans renoncer à une ressource vitale, le parc naturel régional du Morvan interrogera les modèles sylvicoles industriels. Clermont-Ferrand invitera l’agriculture de proximité à s’intégrer dans son plan. Au nord-ouest de la métropole lyonnaise, le syndicat mixte du Beaujolais s’appuiera sur le « Carnet de territoire » publié en 2016 par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Rhône, pour approfondir ses pistes : rebondir sur le classement du Geoparc au patrimoine mondial, en avril 2018 ; résister à l’étalement urbain et à la déprise agricole ; stimuler le tourisme vert. « Le syndicat mixte s’appuiera sur des partenariats avec des laboratoires de recherche public », précise Sophie Dubois, chargée de mission et paysagiste.

Cap énergétique

L’énergie figure enfin parmi les nouveaux enjeux identifiés au sein du club : signataire, le 3 décembre, d’une convention de coopération avec l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a profité du séminaire pour expliciter sa volonté d’accompagner les maîtres d’ouvrage des plans de paysage. « Le recensement des bonnes et mauvaises pratiques d’intégration paysagère fait partie des moyens indispensables, pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie », argumente Sébastien Billeau, chargé de mission.

Commentaires

Le Club plans de paysage cherche la contagion positive

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Date de parution : 06/2018

Voir

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

Date de parution : 07/2017

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur