En direct

Le cloud computing  s'impose dans le BTP
PHOTO - 016_Image141093.jpg - © © Vincent Leloup/Le Moniteur

Le cloud computing s'impose dans le BTP

François Ploye |  le 01/08/2014  |  EntreprisesTechniqueCommunicationNumérique

Spécial numérique -

"Cloud Computing", travail collaboratif, big data, Internet des objets, smart grids... Ces innovations liées à l'explosion des technologies numériques vont modifier en profondeur le secteur du bâtiment et des travaux publics. Pendant l'été, LeMoniteur.fr vous propose un feuilleton faisant le tour d'horizon de ces technologies. Aujourd'hui: le cloud et le big data. Récents dans le BTP, ils s'y développent rapidement. Des processus qui deviennent indispensables pour la conception des bâtiments et de la ville intelligente.

Dans la vie privée, chacun utilise largement les services cloud computing (informatique mutualisée en ligne) mis en place par les grands acteurs du web, comme Facebook, Google ou Amazon. Il n'est donc pas surprenant que les services cloud foisonnent également dans le monde professionnel avec Autodesk, Dassault Systèmes, Bentley, par exemple.

Avec le cloud, non seulement les données sont hébergées chez un tiers, mais aussi les applications et les services. Le résultat est une plus grande souplesse pour l'usager, avec une facturation qui est fonction des modules sélectionnés et de la durée d'utilisation. Par ailleurs, même éloignés géographiquement, ces usagers peuvent accéder par leur connexion web à des services identiques et exploiter les mêmes données : modèle BIM d'un projet, indices de consommation énergétique, boîte à plans électronique... et ceci indépendamment de la plate-forme utilisée (PC, tablette ou smartphone) ou de son système d'exploitation.

Une offre foisonnante

Ces dernières années, les offres cloud se sont multipliées en raison de la souplesse du modèle économique proposé et des possibilités d'évolution technique.

L'un des exemples les plus significatifs est celui d'Autodesk. Sa plate-forme cloud 360 offre ainsi des extensions aux licences BIM Revit classiques, soit vers le collaboratif avec BIM 360 Glue ou Field, soit pour répondre à un besoin de calcul ponctuel, avecStructural Analysis(analyse structurelle des bâtiments) ou encore Green Building Studio (estimation de la consommation énergétique d'un modèle de bâtiment en phase de conception).

Autre exemple : l'offre Airbuild, anciennement iExtranet, de l'éditeur Oodrive. Destinée aux architectes et aux entreprises générales à qui elle est louée pour la durée d'un chantier, cette boîte à plans conçue pour la gestion documentaire collaborative d'un chantier fonctionne en mode full cloud. Elle vient d'être enrichie d'un nouveau module de suivi de chantier sur iPad (EasyOPR) pour poser et lever les réserves.

Le cloud est aussi l'un des arguments techniques revendiqués par la jeune pousse HiKob lorsqu'elle installe une soixantaine de capteurs de température sans fil dans la chaussée de neuf sites du Grand Lyon. « Le flux d'informations des capteurs remonte par Internet sur notre infrastructure cloud. Puis nous mettons à la disposition des opérateurs de la voirie une interface web qui leur permet de visualiser les données sur nos serveurs, avec l'historique. C'est une aide à la décision précieuse pour savoir à quel moment la chaussée peut givrer et ainsi optimiser le circuit des saleuses et des déneigeuses », détaille Ludovic Broquereau, directeur marketing et commercial chez HiKob.

Vers le smart data

Le cloud est de mise également pour la « ville intelligente », concept qui impose de fédérer de nombreux acteurs se partageant des données communes. Ainsi, les serveurs informatiques du projet pilote européen Cooperate, centré sur les quartiers à énergie positive, seront localisés dans le cloud. Ce dernier facilite la convergence et l'agrégation des données dans de gigantesques bases informatisées et virtualisées. C'est le big data, un océan de données alimenté par un flux numérique ininterrompu provenant des capteurs, des compteurs, mais aussi des GPS, des puces RFID, des caméras de vidéosurveillance...

Lorsqu'un immeuble tertiaire est instrumenté au moyen de plusieurs centaines de capteurs et de plusieurs dizaines de compteurs, la GTB centralise un grand flux de données. Il est alors possible de filtrer ces données, de les enrichir et de les stocker...

Avant de les analyser et d'en faire sortir des idées nouvelles. La comparaison du fonctionnement heure par heure d'une centaine d'équipements permet alors de détecter les défaillances de certains d'entre eux et d'optimiser les réglages.

L'enjeu, désormais, est de passer du big data au smart data, une vision défendue par Luc de Cremoux, responsable du développement commercial de Schneider Electric : « Au niveau supérieur du monitoring, on crée la signature énergétique du bâtiment à partir du nuage de points des valeurs de consommation, ce qui permet de faire des comparaisons. De même, à partir du modèle des équipements dont on suit le fonctionnement, il devient possible de surveiller automatiquement la dérive de certaines valeurs et ainsi d'envisager la maintenance prédictive. »

Un domaine à défricher

La valorisation du big data demande toutefois une vraie réflexion sur les données. Comment les trier, les analyser et les échanger ? La création de standards d'échanges se négocie au sein d'associations comme la SBA (Smart Building Alliance) dont le président, Serge Le Men, constate que « les nombreux logiciels de gestion d'énergie ne permettent pas d'échanger leurs données. L'objectif de la SBA est de réunir les acteurs de l'énergie, du bâtiment et des services, autour de données interopérables. »

Il convient aussi de demeurer vigilant sur le plan des libertés. Si le big data permet de détecter les équipements défaillants, il pourrait aussi servir à surveiller les activités de chacun, que ce soit sur le chantier ou au bureau. Il faudra donc veiller à ce que le big datane se transforme pas en big brother...

Cet article est extrait du Moniteur hors-série "Innovations 2014".

« Le cloud facilite la création des écosystèmes logiciels » %%GALLERIE_PHOTO:0%%

Selon vous, qu'est-ce qu'une bonne offre cloud ?

Lecloud réunit des services de type web application et espace de stockage en ligne. Pour être de bonne qualité, une infrastructure cloud doit aussi offrir des garanties sur la sécurité, une disponibilité contractuelle et être compatible avec différents formats de données. Dans ces conditions, le cloud facilite la création d'un écosystème logiciel, notamment grâce à des solutions à la carte.

Qu'en est-il de la mobilité ?

Avec le cloud, il est possible d'accéder aux mêmes applications sur poste fixe, smartphone ou sur tablette tactile. Chez Oodrive, nous proposons des solutions destinées aux appareils nomades, comme le nouveau EasyOPR. Il s'agit d'un outil de suivi de chantier qui permet de poser et de lever les réserves depuis son iPad ou iPhone. Sur le chantier, même en étant offline, il est possible, avec cet outil, de poser les réserves avec une photo et un commentaire.

L'utilisateur risque-t-il de perdre la maîtrise de ses données ?

Le client conserve la main sur la totalité de l'applicatif cloud. Il peut ajouter des utilisateurs, des fonctions. Il peut aussi modifier la codification ou l'arborescence. Ces préférences peuvent être dupliquées d'un projet à un autre. Il conserve aussi la propriété des données. Par exemple, le journal de bord, qui fait la traçabilité du projet, peut être exporté et servir pour le DOE informatique. Nous garantissons aussi la possibilité de migrer les données vers un système concurrent.

Glossaire

Cloud : Ensemble de processus qui consiste à utiliser la puissance de stockage de serveurs informatiques distants à travers Internet.

Big data : Ensemble de données volumineuses difficiles à gérer avec des outils classiques de base de données.

GTB : La gestion technique du bâtiment est un système informatique installé dans de grands bâtiments afin de superviser l'ensemble des équipements.

Commentaires

Le cloud computing s'impose dans le BTP

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX