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Le chef de chantier, maillon incontournable de la prévention des risques professionnels
L'OPPBTP a publié une étude insistant sur le rôle des chefs d'équipe et chefs de chantier pour diminuer les risques professionnels sur les chantiers. - © © DR

Le chef de chantier, maillon incontournable de la prévention des risques professionnels

Florent Lacas |  le 16/09/2013  |  Formation BTPParis

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D'après les résultats d'une étude de l'Organisme professionnel de prévention du BTP rendue publique le 12 septembre, les chefs de chantier et chefs d'équipes ont un rôle-clé à jouer dans la lutte contre les risques professionnels.

Dans la lutte contre les risques professionnels dans le BTP, les encadrants de proximité comme les chefs d'équipe et chefs de chantier ont un rôle central à jouer. C'est l'un des principaux enseignements d'une étude réalisée par l'Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP), le GNMST-BTP (1) et l'Ecole Centrale de Paris. Durant deux ans, sept entreprises de maçonnerie volontaires ont ouvert leurs portes aux préventeurs et chercheurs. Leur but : comprendre de quelle manière les salariés perçoivent la prévention au quotidien. Les différents acteurs de cette étude étaient présents à une conférence de presse, à Paris, le 12 septembre, pour commenter ses résultats.

"En prévention, nous arrivons à la limite de la culture de l'injonction"

Sébastien Ramé, patron de GTPR, l'une des sept entreprises partenaires pour la réalisation de cette étude, a affirmé que la personnalité du chef de chantier jouait un rôle majeur dans la façon dont les risques professionnels étaient perçus par les équipes. Et c'est en s'attachant à la perception de ces risques que la profession continuera de progresser en prévention. "Aujourd'hui, le côté réglementaire de la prévention est à peu près respecté sur les chantiers, confirme Sébastien Ramé. Cette étude nous montre qu'il nous faut, à présent, mieux orienter la sensibilisation des salariés." Ce qui passe aussi par une meilleure formation des encadrants de chantier.

Ainsi, selon cette étude, les déterminants de la prévention des risques ne sont plus seulement les moyens techniques dont dispose l'entreprise (engins de levage, EPI...) ou la liste des règles à appliquer systématiquement. "Nous arrivons à la limite de la culture de l'injonction", ajoute Paul Duphil, secrétaire général de l'OPPBTP.

Banaliser la parole face aux risques professionnels

Comment continuer à progresser ? C'est là le deuxième grand enseignement de ce travail de recherche : ouvrir le dialogue dans l'entreprise, entre les encadrants et les salariés, sur les sujets prévention. L'OPPBTP conseille en effet aux entreprises de banaliser les espaces de paroles face aux risques. "Le manager prend un risque en faisant cela, rappelle toutefois Paul Duphil. Car il devra réagir une fois qu'un salarié lui aura signalé un problème."

Enfin, plusieurs intervenants ont pointé la délicate question des intérimaires, souvent moins sensibilisés aux risques professionnels que les salariés classiques.

De plus en plus de cas de dépressions dans le BTP

"Les médecins du travail voient de plus en plus de cas de dépressions dans le secteur de la construction", a estimé le docteur Jean-François Boulat, membre du groupement national des médecins du travail du BTP (GNMST-BTP), lors de la présentation, le 12 septembre, des résultats de l'étude de l'OPPBTP et de l'Ecole Centrale de Paris. Un mal qui est peut-être à relier à un sentiment de perte de sens du travail des compagnons. "La spécialisation des travailleurs, sur les chantiers, entraîne un accroissement du nombre de troubles musculo-squelettiques, y compris chez les jeunes salariés. Mais la répétition des taches peut également créer un sentiment de perte de sens au travail", explique en effet Jean-François Boulat. D'autant plus que le rythme de travail n'a pas tendance à baisser. Par ailleurs, les maçons souffrent plus souvent que les salariés d'autres corps de métier d'un manque d'estime d'eux-mêmes. "Cela peut se traduire par un déni du risque, alors même que l'usure physiologique est réelle, surtout à partir de 50 ans", affirme le médecin du travail.

(1) : Groupement national des médecins du travail du bâtiment et des travaux publics

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