Transport et infrastructures

Le chantier du tunnel de Tende mis sous séquestre par le parquet italien

Mots clés : Ouvrage d'art

Après trois jours de travaux de consolidation d’une paroi d’un ouvrage à proximité du tunnel de Tende à la frontière italienne, les habitants de la vallée de la Roya peuvent à nouveau emprunter la voie d’accès, côté français, depuis le 21 juin, 17h. Le département des Alpes-Maritimes a réalisé ces travaux d’urgence à la demande de la préfecture qui s’inquiétait du risque d’effondrement. Cette intervention est un nouveau rebondissement dans l’opération de doublement du tunnel de Tende.

C’est un exemple de coopération franco-italienne. C’est le projet attendu par les habitants de la vallée de la Roya. Le doublement du tunnel de Tende, situé à l’extrémité nord de la RD6204, à cheval sur la France (1,4 km) et l’Italie (1,8 km), doit en effet améliorer la circulation dans cette zone frontalière.

Or, réalisé sous maîtrise d’ouvrage et d’œuvre de l’Etat italien conformément à un accord avec la France promulgué en 2008, le chantier connaît de nombreux rebondissements. Le dernier en date a été la fermeture pendant trois jours, du 19 au 21 juin, de l’accès au tunnel pour permettre au conseil départemental des Alpes-Maritimes de consolider le mur de soutènement d’un ouvrage situé à proximité.

 

Mesures d’urgence

 

L’entreprise NTP a terminé, ce 21 juin, les 100 000 euros de travaux financés à frais avancés par le département. «Nous avons réalisé ces mesures d’urgence à la demande de la préfecture. Elles ont consisté notamment à réaliser en pied d’ouvrage une butée. Nous posons 80 blocs et 200 m3 de remblais», rappelle Marc Javal, directeur général adjoint au conseil départemental en charge des services techniques.

Inquiet de l’évolution du chantier de doublement du tunnel, et après accord du procureur de Nice, le préfet des Alpes-Maritimes a en effet missionné des experts, dont le centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Suite à leur état des lieux, ils ont constaté «l’existence d’une fissuration grave entraînant l’instabilité du mur de soutènement…», est-il écrit dans un communiqué de la préfecture.

 

Chantier mis sous séquestre

 

La voie d’accès au tunnel est à nouveau ouverte depuis ce mercredi 21 juin, 17h. Mais cela ne met pas un terme aux difficultés.

Le 24 mai dernier, le parquet de Cuneo a mis sous séquestre le chantier pour une durée de cinq mois. Ce temps doit permettre à la justice d’y voir plus clair après la disparition de 200 tonnes de fer et d’acier destinés à équiper la galerie du second tunnel de Tende.

Mobilisant un investissement de 220 millions d’euros cofinancé à hauteur de 41,65% par la France et à hauteur de 58,35% par l’Italie, l’opération de doublement du tunnel de Tende a été confiée à la société de gestion des routes Anas par l’Etat transalpin.

Le projet consiste à mettre aux normes un ouvrage construit entre 1878 et 1882. Il prévoit de construire un nouveau tube parallèle à l’actuel. Tous deux seront équipés de façon à permettre une exploitation à sens unique. Il s’agit par ailleurs de rectifier, côté français, les derniers lacets de l’accès au tunnel, ainsi que de réaliser l’alésage du tunnel actuel pour lui donner les mêmes caractéristiques que la partie neuve.

 

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