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Le chantier de la RD9 terrasse le gaspillage

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 25/08/2017  |  ArchitectureRéalisationsBouches-du-Rhône

Infrastructure -

Dans les Bouches-du-Rhône, la fin de la mise à 2 x 2 voies a permis de transformer 95 % des déblais en remblais.

Au stade de la réalisation des chaussées, le dernier maillon de la mise à 2 x 2 voies de la route départementale 9 (RD9), entre la gare TGV d'Aix-en-Provence, à l'ouest, et le giratoire de Lagremeuse, à l'est, devrait être livré à la fin de l'année. Porté par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, le tronçon de 3,4 km relie la zone d'activités d'Aix-les-Milles et Vitrolles, deux des principaux bassins d'emplois de la métropole Aix Marseille Provence, et vise à absorber un trafic de 60 000 véhicules par jour.

Né au début des années 1990, le projet a connu de nombreuses vicissitudes en raison de la forte opposition des riverains. Entré en phase opérationnelle en 2014 après dix années de concertation et d'études, il comprend une voie nouvelle, le réaménagement de l'ancienne RD9 ainsi que cinq ou-vrages d'art : un passage inférieur de type cadre fermé (OA1), deux ponts à poutres précontraintes par fils adhérents à trois travées (OA2, OA2bis) dont un construit à l'emplacement d'un ouvrage démoli, un pont à dalle précontrainte à quatre travées au niveau de l'échangeur (OA3, lire p. 29 ) et un dernier pont à poutres précontraintes par fils adhérents à une seule travée (OA4). Les parties en béton ont été réalisées avec du laitier Ecocem moulu issu de hauts fourneaux industriels (lire p. 29) .

Un des enjeux du projet a été de protéger le canal de Marseille que franchiront les ouvrages OA2 et OA2bis à l'issue des travaux de mise à 2 x 2 voies. Le conseil départemental a ainsi préconisé de construire un déversoir (lire p. 28) pour éviter tout risque de pollution dans la principale source d'alimentation en eau de l'agglomération marseillaise.

Terrassement dans la colline. L'autre enjeu a été de limiter l'impact du projet sur les habitations. Pour cela, le maître d'ouvrage a choisi de décaler le tracé vers le nord obligeant à terrasser la colline. De bonne qualité, le calcaire extrait a permis de constituer 95 % des remblais. De plus, le matériau réunissait toutes les caractéristiques pour répondre aux exigences du dossier loi sur l'eau qui a imposé de réaliser des remblais propres compte tenu de la proximité du bassin du Réaltor, réservoir-tampon du canal de Marseille. « Au final, nous avons mené un chantier en circuit fermé avec un bilan en termes de transport quasiment nul. Il n'y a eu aucun apport de matériaux de carrière extérieurs et aucune mise en dépôt extérieur de remblais impropres », souligne Claude Martin, de la direction des routes et des ports du conseil départemental.

Les terrassements ont démarré côté est en janvier 2015. Les trois quarts (250 000 m3 ) ont été réalisés à l'explosif sur un rythme de 3 000 m3 par jour pendant un an et demi. La procédure était la suivante : la veille, préparation de la zone de tir sur la base d'un quadrillage prédéfini ; le jour même, criblage et concassage des matériaux dans la granulométrie souhaitée, puis transport sur les zones de chantier à traiter. Les déblais rocheux extraits à l'explosif ont été totalement réutilisés en remblais hydrauliques, en masques drainants et en couches de forme. Les stériles ont également été utilisés en remodelage pour reconstituer des portions de paysage. Enfin, les bretelles d'accès à l'échangeur ont nécessité des remblais sur une zone compressible impliquant la mise en œuvre de drains verticaux à proximité des habitations.

Un chantier long et complexe mais où la contrainte du terrassement s'est transformée en opportunité grâce à la réutilisation des déblais.

Maîtrise d'ouvrage : conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Maîtrise d'œuvre : Ingérop (mission AVP et DCE). Entreprises : GTM Sud, Chantiers modernes Sud, société Campenon Bernard Sud Est (ouvrages d'art et écrans acoustiques), coût : 18,6 M€ TTC. Vinci et TP Spada (terrassements et rétablissement), coût : 8,3 M€ TTC. Eiffage TP (chaussées et assainissement), coût : 8,9 M€ TTC. Coût total : 42 M€ TTC. Début du chantier : décembre 2014. Livraison : fin 2017.

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250 000 m3

250 000 m3 de déblais rocheux, soit 2 000 à 3 000 m3 extraits à l'explosif par jour.

110 000 m3

110 000 m3 de déblais meubles.

250 000 m3 de remblais.

13 000 m3 de béton coulés au total.

90 000 tonnes

90 000 tonnes de produits bitumineux, pour 90 000 m2 de chaussées.

Ils se caractérisent par des couches d'assise et des couches de liaison composées de 30 à 40 % d'agrégats d'enrobés recyclés.

Déversoir - Objectif zéro pollution de l'eau

Construit au-dessus du canal d'alimentation, le déversoir répond à un double enjeu : préserver la qualité de l'eau lors de crues du ruisseau Baume-Baragne et permettre la circulation d'une grue de 70 tonnes pour assurer la maintenance du bassin Réaltor. L'ouvrage est constitué d'une poutre-dalle de 12 m de portée, 55 cm d'épaisseur, 150 m de longueur, qui est posée sur 470 pieux sécants de 800 mm de diamètre ancrés dans le calcaire. Il est complété par un muret batardeau de 450 m.

Éléments préfabriqués. Si le déversoir a été réalisé en éléments préfabriqués afin de ne pas interférer avec la circulation de l'eau, 2 000 m3 de béton ont été coulés en place pour réaliser les pieux. « Ces travaux ont dû suivre un phasage précis. Il fallait basculer la circulation d'eau initiale, qui passait par des siphons existants sous le canal, sur un nouveau cheminement utilisant le déversoir ainsi créé. Tout cela pour supprimer le risque de pollution du canal d'alimentation en eau potable de Marseille par les eaux de pluie du bassin versant de Plan de Campagne », explique Pierre-François Bauplé, directeur de travaux chez GTM Sud. Le chantier a duré plus d'un an. Cette zone classée Natura 2000 a notamment obligé le groupement à mettre en œuvre des mesures pour assurer la protection de l'eau : barrage flottant, machine réduisant le risque de chute de matériaux, clôtures et surveillance continue.

Echangeur - Un tablier coulé en une nuit

L'échangeur, qui dessert la ville de Cabriès, est composé d'un ouvrage d'art à quatre travées avec un tablier en béton post-contraint de 80 cm d'épaisseur. Compte tenu de la température élevée au mois de juillet 2016, date de réalisation de l'ouvrage, le groupement conduit par GTM Sud l'a coulé en une seule nuit, entre 22 h et 6 h du matin. Il s'agissait de choisir un moment qui impacterait le moins possible la circulation automobile et d'assurer le maintien de la rhéologie du béton (soit 720 m3 mis en œuvre). Pour ce faire, la proximité des centrales de Cemex à Aix-les-Milles et à Meyrargues a été un atout. Le coulage a été réalisé en simultané, via deux pompes mises en place de part et d'autre du tablier, à raison de 80 m3 /h.

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Béton - Les atouts du laitier Ecocem

Sur l'ensemble du chantier de la RD9, 2 000 tonnes de laitier Ecocem ont été utilisées dans la formulation des bétons des ouvrages d'art, des pieux sécants, des caniveaux de la voirie et de la dalle de couverture du canal de Marseille. La disponibilité et la proximité des usines de Cemex ont pesé dans la balance, tout comme des considérations environnementales.

Engagé dans une démarche RSE, l'industriel propose des bétons fabriqués à base de matériaux recyclés, à l'instar de ceux composés de 30 % de laitier de hauts fourneaux Ecocem. Avec un tel taux de substitution, ces bétons ne demandent aucune mise en œuvre particulière. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Cemex peut s'approvisionner auprès de l'usine d'Ecocem installée à Fos-sur-Mer où ont été produites 500 000 tonnes de laitier Ecocem en 2016. Elles résultent du broyage du laitier granulé des hauts fourneaux, lui-même issu de la production de la fonte.

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