Le changement dans le financement des logements, c'est maintenant ?
D'après les derniers chiffres livrés pas l'Autorité de contrôle prudentiel et la direction générale des Statistiques de la Banque de France, fin 2011, les placements du secteur de l'assurance en France s'élevaient à 1 765 milliards d'euros. La part de l'immobilier sur cette somme se situait alors autour de 4%, - © © Groupe Moniteur

Le changement dans le financement des logements, c'est maintenant ?

eric Leysens |  le 22/03/2013  |  BâtimentEtatFrance Technique

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Immobilier
Bâtiment
Etat
France
Technique
Valider

Le Président de la République veut atteindre rapidement une vitesse de croisière de 500 000 logements construits par an. Sans le financement des investisseurs institutionnels, notamment des assureurs, dans la construction de logements intermédiaires, le gouvernement aura du mal à transformer ce souhait en réalité.

La construction c'est avant tout une histoire de sous. Et les assureurs en ont beaucoup. Pour Brice Chasles, responsable de l'équipe Corporate finance de Deloitte, le marché du financement immobilier va de plus en plus se rapprocher du modèle américain où les assureurs ont un poids nettement plus important. «Les banques, qui contrairement aux assureurs possèdent une expertise, resteront «à l'origine du marché». Elles joueront le rôle d'intermédiaire sans porter les projets sur leurs fonds propres», explique Brice Chasles. Il constate également, depuis quelques mois, un renforcement de la présence des investisseurs étrangers sur le marché immobilier français et « un appétit au risque plus important » de la part de ces derniers. «Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus discuté avec un américain souhaitant  investir dans l'immobilier français», remarque-t-il.

Cécile Hickel, responsable Etudes & Recherche chez Allianz Real Estate France confirme l'appétit pour l'immobilier des assureurs et des fonds souverains. « Mais actuellement, tous les acteurs recherchent le même type d'actifs», précise Cécile Hickel.

Et le logement dans tout ça ?


Si les assureurs souhaitent investir dans des immeubles de bureaux parisiens et dans des actifs de commerce, selon la responsable Etudes & Recherche chez Allianz Real Estate France, ils n'investissent plus dans le logement.  «Rentabilité érodée», «fiscalité alourdie », «coûts de construction de plus en plus élevés»... pour Cécile Hickel «il est difficile pour les assureurs d'investir aujourd'hui dans le logement intermédiaire ». Pourtant, l'Etat compte sur eux pour contribuer de manière significative à l'objectif présidentiel d'une production annuelle 500 000 logements.

Mais les appels du pied du Gouvernement ne suffiront pas à amener les assureurs à investir dans l'habitat. Le gap entre la rentabilité actuelle des immeubles de logements et celle attendue à minimum par les assureurs semble rendre le problème inextricable. Les assureurs considèrent que l'Etat pourrait trancher le nœud gordien en concédant à ce que les terrains appartenant aux collectivités soient cédés à un coût moins élevé.

Du côté de la Fédération française des sociétés d'assurances, on explique que « compte tenu des ordres de grandeur en jeu et de la complexité de l'équation, il faudra la participation et les efforts de toutes les parties prenantes, y compris des collectivités publiques détentrices des terrains, et des promoteurs immobiliers, pour trouver la solution ».

D'après les derniers chiffres livrés pas l'Autorité de contrôle prudentiel et la direction générale des Statistiques de la Banque de France, fin 2011, les placements du secteur de l'assurance en France s'élevaient à 1 765 milliards d'euros. La part de l'immobilier sur cette somme se situait alors autour de 4%, et ce pourcentage n'a pas dû évoluer de manière significative durant l'année 2012.

Une augmentation de la part du portefeuille des assureurs consacré à l'immobilier de seulement 2% en 2013 représenterait donc une somme d'environ 35 milliards, soit l'investissement nécessaire à la construction de 175 000 logements au coût unitaire de 200 000 euros.

Commentaires

Le changement dans le financement des logements, c'est maintenant ?

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Date de parution : 02/2020

Voir

Évaluer un terrain à bâtir par la comparaison ou le compte à rebours immobilier

Évaluer un terrain à bâtir par la comparaison ou le compte à rebours immobilier

Date de parution : 06/2019

Voir

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

Date de parution : 09/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur