Transport et infrastructures

Le Canal Seine-Nord prend l’eau

Mots clés : Transport fluvial

Comme on pouvait s’y attendre, la copie du Canal Seine-Nord Europe est à revoir. Le projet est suspendu le temps d’explorer de nouvelles pistes de financement. Pas de quoi être optimiste.

Le processus d’attribution du contrat de partenariat pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation, l’entretien et la régénération du canal Seine-Nord (106 km entre Compiègne et Cambrai) est suspendu. C’est ce qu’a affirmé Yves Gabriel, P-DG de Bouygues Construction, l’un des deux candidats en lice (allié à NGE et Sanef contre le groupement Vinci Concessions-Eiffage), à l’issue de la présentation des résultats semestriels du groupe le 29 août. Dans la soirée, Voies Navigables de France a confirmé cette information.

Ce gigantesque projet de plus de 4 milliards d’euros devait être signé fin 2012 à l’issue d’un dialogue compétitif lancé par le Président de la République Nicolas Sarkozy en avril 2011. Le P-DG de Bouygues Construction, qui a déjà dépensé plus de 10 millions d’euros d’études dans ce projet sans y avoir jamais vraiment cru, dit avoir refusé de débourser 4 à 5 millions supplémentaires sans avoir d’assurance sur le remboursement des dépenses engagées.

 

Un projet sous-évalué et non finançable

 

De son côté, VNF constate que « sur la partie financière, les propositions initiales d’octobre 2011 dépassaient significativement l’enveloppe retenue au départ ». « Ce projet n’est pas finançable dans le contexte actuel, estime M. Gabriel. Il nécessiterait une participation trop importante de l’Etat ». Les financements publics devaient en effet comporter un apport initial correspondant à 50 % du coût de construction et un autre pendant l’exploitation pour rembourser les loyers au partenaire privé, qui préfinance l’autre moitié de l’investissement. VNF confirme : « compte tenu du contexte financier international actuel, les  candidats rencontreraient des difficultés à progresser sur le financement bancaire de leur partie du projet et les annuités acceptables par VNF et l’Etat qui en ressortiraient ».

VNF va donc tenter de renflouer les caisses du projet en approchant « la commission européenne, la banque européenne d’investissements », en étudiant le recours aux hypothétiques « project bonds » et en sollicitant des financements complémentaires auprès des collectivités publiques.

 

Du roulis et du tangage

 

Cette annonce n’est pas vraiment une surprise. En effet, dès juillet, Frédéric Cuvillier, le ministre délégué aux Transports, avait été assez clair lors de son audition à l’Assemblée nationale: « Dire que ce projet est lancé, arrêté et opposable relève de la vue de l’esprit. [] La clé de financement a été précisée [un PPP, ndlr] mais ne semble pas correspondre à la réalité de ce projet évalué à 4-5 milliards d’euros ». Chiffrant l’impasse budgétaire entre 2 et 2,5 milliards d’euros.

Censé retirer 500 000 camions des routes par an, densifier le réseau fluvial et donner au trafic les moyens de se développer, ce chaînon manquant entre le réseau français et le réseau européen à grand gabarit figurait aussi sur la liste des projets d’infrastructures prioritaires européens.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le

    Une souscription ?

    C’est un enjeu économique fort qui a tout son intérêt sur on veut réduire enfin le fameux traffic de l’A1. Si le problème est le financement, pourquoi ne pas lancer une souscription ?
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X