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Le campus Artem, des travaux très appliqués

christian robischon |  le 29/09/2017  |  TechniqueChantiers

Grâce à un pilotage rigoureux, l'alliance de trois écoles lorraines a su rester dans la ligne directrice de bout en bout.

Trois tranches, conçues par autant d'architectes différents, d'une durée de construction étalée sur huit ans pour trois grandes écoles (Mines, Ecole nationale supérieure d'art et de design, ICN Business School) : le projet du campus Artem de Nancy réunissait tous les risques de finir en patch work. A l'heure de son achèvement, en mai 2017, ce n'est ni l'impression visuelle qu'il donne, ni le sentiment qu'en retirent ses protagonistes. Au contraire. L'opération de 250 M€ a su « tenir sa ligne ».

Son contenu, pourtant, ne s'écrivait qu'en pointillés à son démarrage en 2006 : « Nous ne disposions alors que d'un tiers de son financement, et seule une partie du programme était définie », rappelle François Werner, vice-président de la métropole du Grand Nancy. Face à cette contrainte, la clé de la réussite réside sans doute dans l'équilibre trouvé entre rigueur et souplesse.

Ce juste milieu s'incarne d'abord dans l'organisation de la conduite du projet. Maître d'ouvrage délégué par l'Etat, la communauté urbaine devenue métropole du Grand Nancy a gardé la main sur le programme de construction. En revanche, pour l'opérationnel, elle s'est appuyée sur un mandataire unique, sa SEM la Solorem. Elle a aussi su transmettre le flambeau lorsque nécessaire pour ne pas se laisser déborder par la charge de travail : l'un des projets parallèles, l'institut Jean-Lamour, arrivant dans une période déjà intense de programmation, le Grand Nancy a assuré sa maîtrise d'ouvrage jusqu'au dossier de consultation des entreprises. Puis, le conseil régional, cofinanceur, lui a succédé pendant la construction proprement dite. S'agissant des aménagements, le montage retenu a été celui d'une concession, confiée à la Solorem. La coordination de tous ces acteurs est venue d'un comité technique informel. De bout en bout, il a réuni la maîtrise d'ouvrage, les cofinanceurs et l'utilisateur de la tranche concernée, aux stades du choix des maîtres d'œuvre puis des entreprises (sans voix délibérative) et des réunions mensuelles chantier de la maîtrise d'ouvrage.

Kaléidoscope. La maîtrise d'œuvre, quant à elle, a suivi les quelques axes directeurs, dits « invariants », autour desquels les adaptations restaient possibles. La gardienne en a été l'agence ANMA, lauréate d'un premier concours caractérisé par sa double facette : aménagement (rédaction du plan d'urbanisme général) et construction (conception de la première tranche de bâtiments, autour de l'école des Mines). Pour le Grand Nancy, le fait que l'urbaniste soit aussi l'architecte des premières réalisations devait permettre de donner le ton du projet, sans le figer. Aussi, le campus Artem conjugue bois, béton, verre et acier. Le rouge dominant de sa galerie se marie avec les teintes plus sombres de la tranche 2 (l'école d'art et de design) signée Dietrich-Untertrifaller et avec l'orange citrouille et le bleu de Lipsky-Rollet pour la troisième phase (école ICN). Ce qui donne un kaléidoscope, mais pas un fourre-tout.

Maîtrise d'ouvrage : métropole du Grand Nancy et Solorem. Maîtrise d'œuvre urbaine : ANMA (mandataire), Claire Alliod (paysagiste), Egis (bureaux d'études). Maîtrise d'œuvre constructions : ANMA, tranche 1 (école des Mines, institut Jean-Lamour) ; Dietrich-Untertrifaller, tranche 2 avec Zomeno architecte associé (école d'art et de design) ; Lipsky-Rollet tranche 3 (ICN Business School, ISAM-IAE). Entreprises : Eiffage Construction (gros œuvre tranches 1 et 3), Fayat Bâtiment (gros œuvre tranche 2). Calendrier : construction 2009-2017. Surface : 70 000 m2 . Coût : 250 M€ TTC.

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Il commande - « Une continuité dans le temps décisive »

« Face à la longueur du projet et sa part d'incertitude, la continuité de la maîtrise d'ouvrage dans le temps a été décisive.

D'un bout à l'autre, ce sont les mêmes structures, ce sont aussi souvent les mêmes personnes qui ont été aux manettes, selon une répartition des rôles bien claire : au Grand Nancy l'apport des terrains, la définition du contenu (les objectifs de programme), la mission de réunir les financements et l'organisation des concours ; à la Solorem l'organisation de l'aménagement d'ensemble et le pilotage des opérations de construction. Les futurs utilisateurs ont, quant à eux, été associés dès les études aux tranches qui les concernaient. Cette organisation a inspiré à nos partenaires opérationnels et financiers l'indispensable confiance dans le temps : la réalisation du campus Artem s'est répartie sur trois contrats de plan, ce qui a supposé autant de négociations budgétaires. »

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Il conçoit - « Un plan-guide parfaitement dans son rôle »

« Le campus Artem restera un modèle de projet global tel qu'il se raréfie malheureusement, un summum d'interaction maîtrise d'ouvrage-maîtrise d'œuvre et d'imbrication intelligente entre les maîtres d'œuvre. Le plan-guide remplit ici pleinement la fonction qui devrait toujours être la sienne : ne pas tout régenter, mais être le garant jusque dans les recoins des parcelles de quelques éléments définis comme “invariants”, tels une trame viaire épousant celles des anciennes casernes, l'ouverture sur la ville, une densification à certains endroits pour laisser ailleurs une large place aux espaces verts (cour plantée, plaine des loisirs…), la vocation de rue publique de la galerie commune de 300 m de long. Nous avons ainsi pu jouer notre rôle de coordinateur dans un cadre précis, connu de tous. Si bien que la réalité des constructions et de l'aménagement coïncide avec l'image de départ sur la planche à dessin. »

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Il construit - « Une interface intense avec les autres corps d'état »

« La construction “à l'avancement” de la galerie commune a requis une très importante coordination, en interne et en interface avec les entreprises titulaires des différents autres marchés de ce projet organisé en lots séparés.

Nous avons par exemple dû connaître précisément tous les massifs de fondations avant de poser la charpente métallique et la verrière. Idem pour les descentes de charges des poteaux qui s'appuyaient sur nos ouvrages pour éviter la moindre déformation du verre. Le rôle clé du gros œuvre dans la réalisation de la galerie nous a fait endosser un rôle particulier de pilotage. C'est nous qui annoncions à l'avance à la maîtrise d'ouvrage les dates de mise en place des installations de chantier et celles des travaux, de façon à caler les interventions des corps d'état suivants. Nous avons suivi celles-ci de près, grâce à des réunions régulières et ciblées avec maîtrises d'ouvrage et d'œuvre, entreprises concernées et OPC. »

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